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Ton nostalgique, maturité formelle


De vincentp, le 28 avril 2014 à 00:47
Note du film : 6/6


Revu ce soir sur grand écran. Je revois mon avis de 2007 à la nette hausse. Ukigusa est le cinquantième film de Ozu. Comédie sociale, puis comédie dramatique, et enfin drame psychologique. Perfection évidente de l'écriture cinématographique : les plans sont un cas d'école, suivant pas à pas les personnages, plantant les décors, tout comme il faut… à la bonne distance des personnages, le temps nécessaire, avec la bande son (dialogues et musique) adaptée. L'oeuvre d'un grand maître, à son zénith, à étudier impérativement dans toutes les écoles de cinéma…

Pas de plans au ras du sol cette fois-ci m'a-t-il semblé. L'expression des sentiments amoureux entre les deux jeunes gens est sublime. La sensualité de la jeune fille est merveilleusement exprimée. Séquences anthologiques. Le rythme du récit ralentit progressivement, la bande son s'efface jusqu'à disparaître, et cette oeuvre prend une tournure à la fois déchirante, crépusculaire, quelque peu énigmatique, façon Crépuscule à Tokyo. Dans l'absolu, Ozu serait peut-être très légèrement moins performant (car moins aérien ?) dans ce domaine-là mais cela n'est qu'un avis…


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De vincentp, le 1er janvier 2007 à 22:51
Note du film : 6/6

Le ciel est bleu et tragique

Herbes flottantes raconte l'histoire d'une troupe de théatre ambulante, dont l'acteur principal retrouve sur son chemin un amour de jeunesse et le fils né de cette liaison. Le récit croise adroitement le conflit inter-générationnel et les tribulations quotidiennes de la troupe, laquelle peine à trouver un public, ceci témoignant des transformations alors en cours au sein de la société japonaise traditionnelle. La tonalité d'ensemble est nostalgique, les couleurs et les sons sont à l'unisson.

Le film contient une séquence célèbre qui a été mainte fois commentée : celle au cours de laquelle un couple se dispute, séparé par un rideau de pluie battante. Ozu magnifie cette scène qui pourraît n'être que banale. En employant sa technique classique qui consiste à alterner un champ/contre champ, filmée par une caméra en position basse, et qui porte les dialogues de dispute. Et en enchevêtrant à ce champ/contre-champ des plans d'ensemble nous montrant les deux personnages se mouvoir, de façon muette, dans l'espace, en rééquilibrant constamment celui-ci : quand l'un des deux personnages se déplace sur sa droite, le second qui lui fait face en fait autant. Le tout donnant l'impression d'un duel de position, avec des déplacements et des coups portés, comme dans un combat de samouraïs. Il faut noter que c'est une des très rares fois ou le ciel bleu, si caractéristique des films de Ozu, cède la place à un ciel couvert.

Ozu multiplie également dans Herbes flottantes les figures caractéristiques de son style : abondent les scènes représentant deux ou trois personnages assis côte à côte, généralement filmés de dos, regardant dans la même direction, déplaçant le regard vers le même objet, le tout indiquant une communion entre eux.

Ce n'est probablement pas le film le plus puissant ou le plus réussi de son auteur, mais mettant clairement en évidence toute la palette technique mise en oeuvre par celui-ci au cours de sa carrière de cinéaste, il mérite d'être observé de près.

    

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