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Cinéma
Les Contes de la lune vague après la pluie
Ugetsu monogatari
Japon
Drame
Réalisateur :
Kenji Mizoguchi

Scénaristes :
Matsutarô Kawaguchi
Akinari Ueda (histoires)
Yoshikata Yoda

Producteur :
Masaichi Nagata

Compositeurs :
Fumio Hayasaka
Tamekichi Mochizuki
Ichirô Saitô

Directeur de la photographie :
Kazuo Miyagawa

Monteur :
Mitsuzô Miyata

Société de production :
Daiei Studios

Acteurs :
Masayuki Mori (Genjuro)
Eitarô Ozawa (Tobé)
Machiko Kyô (Wakasa)
Ikio Sawamura (Genichi)

avant le 21/11/2004
13/03/2008
Sortie en salles en France : 26 juillet 2006
Première sortie mondiale : 1953
La fiche technique complète du film :  La fiche technique complète sur IMDb

Critique


De dumbledore, le 4 novembre 2004
Note du film : 6/6

Tu n'as compris ta folie qu'en rencontrant le malheur

A l'origine de ce film, Kenji Mizoguchi invite en parallèle ses deux comparses d'écriture, le romancier à succès et ami d'enfance, Matsutarô Kawaguchi et son scénariste Yoshikata Yoda à écrire un film en partant des histoires populaires du XVIIIème siècle, d'Akinari Ueda. Evidemment, au final, aucun des deux écrivains n'aura gagné ce concours, Kenji Mizoguchi ayant fait un mélange des deux textes, au point de rendre impossible quelque reconnaissance que ce soit.

L'histoire se situe dans le XVIème siècle. Suite à une guerre, deux hommes du même village doivent quitter leurs épouses et familles pour gagner de l'argent. L'un – Tobé – s'engage comme samouraï et rêve d'exploits héroïques et l'autre – Genjuro – vend ses poteries et rêve d'aventures amoureuses. Partis pour quelques jours, ils remettront des années à revenir pour retrouver leurs familles détruites et se rendant compte que leurs fantasmes ont détruit leur vie.

Kenji Mizoguchi développe une narration très simple et une mise en scène également très simple, presque toujours en plan séquence. Les deux personnages – Genjuro et Tobé – sont ensemble dans leur village, on assiste à leur vie quotidienne, petite mais heureuse. Second acte : on les voit partir, on les suit alors en parallèle avec quelques retours sur les familles et – troisième acte – on les voit revenir au village et constater le désastre causé par leurs absences et leurs distractions.

Cette simplicité narrative devient une véritable pureté narrative quand on découvre peu à peu que nous basculons d'un genre classique d'aventures au genre fantastique, sans pour autant savoir avec précision quand a lieu ce basculement. Tobé apprend ainsi, par une sorte de voyant qu'il doit rentrer vite chez lui car un malheur va arriver. La scène est particulièrement impressionnante, presque effrayante, mais on peut se demander au fond si la vision de Tobé en samouraï n'est pas elle-même un enchantement?

Quant à Genjuro (personnage nettement plus développé que Tobé), son ensorcellement se fait avec la belle et envoûtante Wakasa dans une histoire qui donnera par la suite le serpent blanc. Il tombe amoureux d'une femme sublime qui se révèle être une morte revenue à la vie pour pouvoir vivre un amour de femme. A son réveil, il se trouve dans un temple abandonné et accusé d'avoir volé des reliques sacrées. Encore une fois la scène du réveil de l'envoûtement sera d'un rare spectaculaire. Wakasa apparaissant de plus en plus diabolique, Kenji Mizoguchi ayant eu l'idée, d'un plan sur l'autre, de lui faire un maquillage de plus en plus appuyé.

Le fantastique en soi n'intéresse pas Kenji Mizoguchi. Il permet juste de donner corps à ces thèmes habituels : la faiblesse de l'homme qui est prêt à rêver et à se laisser tenter par ces deux facettes du même démon : le sexe, la guerre. Mais aussi, les femmes qui n'ont pas de moyen propre à survivre et qui – abandonnées – n'ont de choix qu'entre la mort ou la prostitution.

Derrière la poésie manifeste de ces contes, presque irréels, Kenji Mizoguchi assène une coup de massue de la réalité, dure et cruelle. C'est le parallèle des deux qui fait de ce film un chef d'oeuvre.

Ce film de Kenji Mizoguchi remporta un vif succès en Occident et a pu le faire grandement connaître et reconnaître, remportant notamment le Lion d'or à Venise et une nomination à l'Oscar du meilleur film étranger. Il est en effet un des plus abordables, des plus simples (des plus purs) du maître japonais.


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De vincentp, le 3 octobre 2005
Note du film : Chef-d'œuvre

Superbe.


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