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De Frydman Charles, le 25 décembre 2019 à 14:19
Note du film : 5/6

On retiendra sans doute surtout son côté tristement prémonitoire. La chronologie me semble confuse,Alain Durieux (Patrick Dewaere) est alternativement sur ses deux jambes et en fauteuil roulant. Les flash backs ne sont pas très clairs au premier abord , mais peut être le sont ils en regardant le film plus précisément ? Alain Durieux est sorti indemne de sa tentative de suicide au tout debut du film ,mais évoque sa vie dans un fauteuil roulant ! En fait l’explication est donnée vers la fin du film à 1 h 44 mn , il est paralysé suite à un accident , une chute dans l’escalier. Jeanne a poussé par inadvertance Alain dans l’escalier , il voulait "l’offrir" à Pierre! Ce qu’elle acceptera à la demande de Pierre devenu paralysé. Elle acceptera probablement également d'être flashée par Pierre, mais ce n'est pas dit ouvertement dans les séquences ou Alain est en fauteuil roulant. Des sous entendus, elle est mieux qu'avant, elle va transmettre le flashage au bébé qui va naître. Le rapprochement flash back, flashage , flashé ne doit pas être significatif. Bien évidemment un médecin n'a pas le droit d’expérimenter un traitement sur un malade. Il serait radié de l’ordre des médecins et aurait des ennuis. Un nouveau traitement , un nouveau médicament doit avoir subi tous les tests pendant de nombreuses années avant d’être mis sur le marché ! Lorsque Pierre propose un nouveau traitement à Alain, il semble que ses expériences sur les singes aient reçu l'aval des autorités.D'ailleurs Pierre reçoit officiellement la légion d'honneur et Alain paralysé l’ordre national du mérite pour avoir bien voulu servir de cobaye. Pierre révélera à ce moment là que le flashage est transmissible aux descendants chez les singes et chez les humains, et désignera Jeanne qui est enceinte. Pierre est conscient depuis longtemps du comportement inhumain , dénué de tout sentiment d'Alain, mais n'en dira rien lors de la remise des médailles . Les effets du traitement sont désastreux à court terme, les singes deviendront tout à coup agressifs provoquant la colère du responsable du zoo contre le Dr Pierre….


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De verdun, le 11 mars 2017 à 19:23
Note du film : 5/6

Un film typique du cinéma de Alain Jessua, c'est-à dire un mélange de fable, d'anticipation discrète et de satire sociale acérée. Il s'agit peut-être de son œuvre la plus aboutie.

Ici le cinéaste aborde le stress de la vie moderne, particulièrement sensible en France, premier pays consommateur d'anti-dépresseurs. Mais Jessua me semble ici moins démonstratif qu'à l'accoutumée car l'auteur traite son sujet avec un humour incisif constant. Et le récit est vu à travers les yeux d'Alain Durieux (Patrick Dewaere), ancien dépressif devenu une machine dépourvue de toute angoisse mais aussi de toute sensibilité après avoir subi la thérapie mise au point par le docteur Valois (Jacques Dutronc), le flashage. Du coup le cinéaste évite l'écueil du manichéisme, puisqu'il vitupère le stress du monde moderne tout en soulignant par ailleurs que la suppression de l'angoisse serait un remède pire que le mal puisqu'elle signifierait aussi la suppression de toute sensibilité.

On peut reprocher au film certaines longueurs. On peut aussi lui reprocher de refléter une certaine laideur du début des années 80: coiffures, habits, appareils aujourd'hui démodés; c'est d'ailleurs le reproche qu'Impétueux faisait à Les chiens du même réalisateur.

Néanmoins l'ensemble est réussi, baignant dans un cynisme et une acidité constants. Le propos n'a rien perdu de son actualité, notamment dans sa critique de la société de consommation. L'interprétation est franchement bonne : Fanny Cottençon est aussi sensuelle que talentueuse, Stéphane Audran est drôle dans un rôle ingrat de belle-mère haïssable et le languide Jacques Dutronc est parfaitement crédible dans un rôle de docteur aussi dépressif que ses patients.

Et puis Paradis pour tous reste dans l'histoire du cinéma français comme le dernier film de Patrick Dewaere avant son suicide, qui ironie du sort, incarne un personnage tentant de mettre fin à ses jours au début du récit. Il est remarquable. C'est peu dire qu'il manque au cinéma français depuis sa disparition prématurée.


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