| Cinéma | La Cité de Dieu Cidade de Deus | ||
| Brésil, France, Etats-Unis Drame |
Réalisateurs : Fernando Meirelles ![]() Kátia Lund Scénaristes : Paulo Lins (auteur)Bráulio Mantovani Producteurs : Andrea Barata Ribeiro Mauricio Andrade Ramos | Compositeurs : Ed Cortês Antonio Pinto Directeur de la photographie : César Charlone Monteur : Daniel Rezende | Acteurs : Alexandre Rodrigues (Buscapé) Leandro Firmino (Zé Pequeno)Phellipe Haagensen (Bené) Douglas Silva (Dadinho) Jonathan Haagensen (Cabeleira) Matheus Nachtergaele (Sandro Cenoura)Seu Jorge (Mané Galinha) Jefechander Suplino (Alicate) Alice Braga (Angélica)Emerson Gomes (Barbantinho) Edson Oliveira (Barbantinho adulte) Michel de Souza (Bené Criança) ... ![]() |
avant le 21/11/2004 30/04/2008Première sortie mondiale : 2002 La fiche technique complète du film : ![]() | |||
"La favela était un purgatoire. C'est devenu l'enfer"

est, sans aucun doute, l'un des films les plus étonnants de ces dernières années. Parce qu'il raconte une histoire largement authentique, qu'il prend place dans un environnement "exotique", insolite dans le cinéma actuel et aussi parce qu'il bénéficie d'un traitement visuel remarquable, expressionnisme virtuose qui peut déranger certains. Le troisième film de Fernando Meirelles
, qui succède au court-métrage Golden Gate (Palace II) qui se passait déjà dans la "Cidade de deus", n'est pas, bien que maladroitement qualifié de "nouveau cinéma brésilien" par la presse, une oeuvre isolée mais s'inscrit dans une filiation avec Deus e o Diabo na Terra do Sol
de Glauber Rocha
, Os Fuzis de Ruy Guerra
ou encore avec le cinéma de Neslon Pereira dos Santos
. Le O Homem do Ano
de José Henrique Fonseca, présenté à Cognac en avril dernier et au Festival de Cannes (mais encore inédit en salles) le prolonge avec des références communes.
, Cidade de deus
est le nom et le récit (touffu) de cette favela de la périphérie de Rio de Janeiro. Celle-ci a accueilli, dans les années 1960, tout ce que la province comptait de déshérités et sans logis*, devenant rapidement l'un des endroits les plus dangereux du Brésil. Ce récit, qui démarre sur un événement majeur dans la vie du narrateur (Buscapé (Fusée) qui est aussi l'auteur), celui qui lui a permit de devenir photo reporter, n'est qu'un immense flash-back, (dé)structuré en trois épisodes qui sont autant d'inflexions-explications nécessaires à la compréhension. Nous faisons successivement connaissance avec trois générations de "hors-la-loi"**, le "Trio ternura (Trio tendresse)" emmené par Cabeleira (Tignasse) dans les années 60, la première partie de l'opposition entre Sandro Cenoura (Carotte) et Zé Pequeno (Petit Zé) (associé au sympathique Bené) pour la maîtrise des trafics en tous genres dans la cité des années 70 et, enfin, la lutte sans merci, véritable "guerre des gangs", des années 80 menés par les mêmes, le premier recevant le renfort de Mané Galinha qui a un compte à régler avec Zé.
de Brian De Palma
à Pulp Fiction
de Quentin Tarantino
(pour la violence sourde et le coup de feu intempestif notamment). Dans une certaine mesure, l'élève surpasse les maîtres auxquels on peut ajouter Martin Scorsese
de Gangs of New York
dont le thème générique est proche de celui du film de Meirelles
. Le réalisateur brésilien se distingue sur le plan visuel avec une prise de vues très nerveuse, alternant les plans maîtrisés et les caméras portées volontairement brouillonnes. La photographie et les tonalités sont également travaillées avec un soin particulier. Les années 60 baignent dans des teintes naturelles, à dominante ocre, qui ne sont pas sans rappeler le western (les nouveaux habitants de la Cité ne sont-ils pas des pionniers ?), des couleurs plus froides caractérisent les années 70, puis évoluent vers des ambiances plus sophistiquées pour les années suivantes. La bande originale donne un rythme supplémentaire, accompagnant intelligemment les époques, succession de musique traditionnelle, de rythm 'n blues et de méchant groove.
. On peut juste regretter la faible participation ou dimension féminine, mais le "film de gangster" ne les a jamais réellement valorisées (sauf peut-être par l'intermédiaire de la femme fatale du film-noir). Le machisme brésilien n'a fait qu'aggraver les choses !
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*en particulier, les victimes des inondations de 1966.
**la loi est, en fait, figurée par une police plus répressive que protectrice... lorsqu'elle n'est pas corrompue.