| Cinéma | Les Harmonies Werckmeister Werckmeister harmóniák | ||
Hongrie, Italie, Allemagne, France![]() |
Réalisateur et scénariste : Béla Tarr ![]() Réalisateur : Ágnes Hranitzky (co-réalisateur) Scénariste : László Krasznahorkai (& auteur)Producteurs : Franz Goëss Paul Saadoun Miklós Szita Joachim von Vietinghoff | Compositeur : Mihály Vig Directeurs de la photographie : Miklós Gurbán Erwin Lanzensberger Gábor Medvigy Emil Novák Rob Tregenza Patrick de Ranter | Acteurs : Lars Rudolph (János Valuska) Peter Fitz (György Eszter) Hanna Schygulla (Tünde Eszter)János Derzsi Djoko Rosic Tamás Wichmann Ferenc Kállai Mihály Kormos Putyi Horváth Enikö Börcsök Éva Almássy Albert Irén Szajki (Mme Harrer) ... ![]() |
avant le 21/11/2004 22/08/2006Première sortie mondiale : 2000 La fiche technique complète du film : ![]() | |||
"Celui qui a peur ne sait rien."

est le dixième long métrage du réalisateur hongrois Béla Tarr
mais le premier à avoir été distribué en France. Adapté d'un roman de son compatriote Laszlo Krasznahorkai
("La Mélancolie de la résistance"), auteur avec lequel le réalisateur a déjà collaboré à deux reprises, le film est une oeuvre étonnante plus que difficile, exigeante plus qu'hermétique. Cette fable philosophico-poétique, aux allures de parabole politique, envoûte littéralement le spectateur sensible à ses délicates et étranges nuances impressionnistes, pour peu qu'il ait encore conservé la précieuse et rare vertu de patience. Présenté à la Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes 2000 (le film aurait largement mérité une sélection officielle), Werckmeister harmóniák
a reçu le "Prix des lecteurs du "Berliner Zeitung" au terme de la Berlinale 2001.

et du Bergman
des origines dans cette oeuvre remarquable qu'est Werckmeister harmóniák
. Original, fantastique, intemporel (si l'on exclut la toute dernière partie du métrage), le récit, d'inspiration eschatologique, est construit sur une dialectique fondamentale, celle du spirituel et du temporel ou, pour le dire autrement, du divin et de l'humain. Le film oppose et réunit, sur plusieurs niveaux de lecture, l'ordre primordial et le désordre contingent, le transcendant et l'immanent, l'unité et le discordant, la lumière et l'ombre, l'individu et la foule. Cette dialectique est symbolisée par la théorie qui donne son titre au film, celle d'Andreas Werckmeister, compositeur du XVIIe siècle qui, en divisant l'octave en douze parties mathématiquement égales, est sensé avoir rompu le lien entre la musique et le divin. C'est cette harmonie primitive qui est l'objet de la quête du personnage de György Eszter, résistant d'un type nouveau à la période trouble que traverse son pays. La narration est portée par une mise en scène faite de longs plans séquence, privilégiant l'introspection par rapport aux dialogues. La superbe et irrationnelle scène du vieil homme découvert derrière un rideau dans l'hôpital saccagé par la foule est, là encore, emblématique de la grande intensité donnée par les images dans ce film unique qu'est Werckmeister harmóniák
.