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Enthousiasmé par Martha Vickers


De vincentp, le 1er mars 2013 à 20:35
Note du film : Chef-d'Oeuvre

J'ai revu The big sleep il y a un mois. Et pas de doute, c'est du lourd, du très lourd… L'intrigue est incompréhensible, mais cela sert le film. L'atmosphère des romans noirs de Raymond Chandler est parfaitement mise en scène. Nombre de décors extérieurs et intérieurs et de multiples personnages enrichissent l'intrigue. Le sujet du film : les mystères insondables liés à l'activité humaine, les zones d'ombre derrière les façades de respectabilité, la relativité des notions de bien et de mal. Il y a les vitrines des magasins, mais les portes de derrière voient s'échapper des criminels. Les notions de bien et de mal sont floutées (la police n'est pas très nette, les truands ont un volet respectable). Les personnages féminins sont exceptionnellement imaginés et filmés, loin des canons cinématographiques en vigueur au cours des années 1940. Philip Marlowe via Bogart acquiert le statut d'icône légendaire et indépassable. Cherchant à rétablir un sens au chaos ambiant, échappant progressivement au contrôle de ses donneurs d'ordre, et de leur matérialisme. Un peu comme plus tard, Harrison Ford le sera dans Blade Runner. Autre aspect à remarquer dans ce récit : une vérité qui émerge progressivement, en retournant à plusieurs reprises au même endroit, comme si cela permettait de soulever la couche d'un mille-feuille, et de découvrir une vérité différente sur un même sujet à des moments successifs, et d'approcher progressivement de la vérité peut-être définitive.

Il y a un côté démonstratif dans ce film, comme si Howard Hawks (bien aidé il est vrai par ses collaborateurs) avait tout compris du cinéma, mais aussi de l'activité humaine. The big sleep est porteur d'une vision exceptionnellement pertinente de la société contemporaine, abordée sous un angle métaphorique ou sous la forme d'une parabole. Il me semble que Hawks procède par suggestions, les images renvoyant à des idées (l'introduction du récit m'a fait penser à celle de Rio Lobo). Pas de lyrisme. Une grande sobriété formelle. Une force de conviction qui opère sur la durée, comme pour Rio Bravo par exemple. A mon avis, c'est le meilleur film noir jamais tourné… Comme l'excellent Rdt (qui développe ci-dessus un bon argumentaire), et bien d'autres chroniqueurs amateurs ou professionnels, j'estime qu'il s'agit-là d'un "chef d'oeuvre absolu". Et évidemment, Hawks a sa place au panthéon des plus grands auteurs d'oeuvres cinématographiques. Merci à lui et à ses collaborateurs de nous avoir réalisé cette pure merveille qu'est The big sleep !


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De Impétueux, le 28 février 2013 à 19:56
Note du film : 4/6

Après avoir lu plusieurs éminentes critiques et avoir parcouru de nombreux forums de cinéphages, je suis ravi de constater que personne n'a jamais rien compris à l'intrigue abracadabrante et invraisemblable du Grand sommeil et qu'à peu près tout le monde s'en contrefiche. C'est évidemment un peu embêtant pour un film à forte tonalité policière, la plupart des spectateurs appréciant de savoir qui a tué, pourquoi on a tué et comment le héros va démasquer le coupable.

Comme il y a beaucoup de victimes et (si j'ai bien remarqué) un bon nombre d'assassins, la frustration pourrait être entière si l'intérêt du film n'était dans bien d'autres choses, l'atmosphère d'un beau noir et blanc pluvieux, l'harmonie parfaite entre Humphrey Bogart et Lauren Bacall, les dialogues, étincelants d'esprit et d'humour (ainsi, lors de leur unique rencontre, le général Sternwood (Charles Waldron), qui ne peut plus ni boire, ni fumer à Philip Marlowe (Bogart) : Vous contemplez là le triste résultat d'une vie fastueuse ou, à propos des orchidées qu'il élève dans sa serre surchauffée : Elles sentent la douceur pourrie de la décomposition ; on gage que William Faulkner n'est pas pour rien dans ces bijoux).

On pourrait mettre sur la même ligne toutes les scènes de séduction, Marlowe attirant le regard des femmes comme les fleurs les abeilles : que ce soit la jeune libraire binoclarde, la conductrice de taxi (Appelez plutôt la nuit : le jour, je travaille !) ou, naturellement Vivian Sternwood (Lauren Bacall) avec qui s'engage un dialogue aux intenses sous-entendus érotiques, toutes sont attirées par ce type moqueur, désinvolte et subtil qui ne tombe pas, ou pas tout de suite dans la toile de ces araignées.

De là à dire que le film est un chef-d’œuvre, il y a un pas que je ne franchirai pas, parce qu'un patchwork de scènes brillantes, fussent-elles portées par une distribution éclatante (car les seconds rôles sont également remarquables) ne fait pas vraiment un film vibrant. On est enchanté, amusé, horrifié, selon le cas et le type des situations. Mais on demeure tout de même assez largement extérieur.


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