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Critique


De leo, le 15 septembre 2004 à 23:13

ok pour cette critique enthousiaste et sensible. Pas d'accord néanmoins en ce qui concerne la musique que, pour ma part je trouve étonnante de modernité et d'une utilisation plutôt intelligente.Quand on pense à ce que l'on entendait à l'époque de sirupeux et d' encombrant…on ne peut qu'etre agréablement surpris par le travail de Marion.

Dans tout les cas ,il est rassurant que l'on restaure et édite des films de ce genre qui sans cela seraient oubliés alors qu'ils sont des créations véritables et témoignent d'une époque qui aurait totalement disparue de nos mémoires si ce merveilleux noir et blanc n'était là pour nous rappeler cette beauté cinématographique des paysages de France.


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De dumbledore, le 10 novembre 2003 à 10:55
Note du film : 4/6

Le début du film a de quoi impressionner. Une femme descend d’un car, avance dans la campagne. Une voiture passe, l’éclabousse involontairement. Un montage nerveux, surprenant pour l’époque dans le rythme et dans l’ellipse, montre sa réaction. Cette femme est sur le qui-vive. Cette femme a du caractère. Elle traverse un village, remarque un glissement de rideaux qu’elle toise avec dureté. Cette femme n’est pas appréciée, dans cette ville d’apparences et de cachotteries. Elle traverse le village pour aller acheter un bouquet de fleurs. Etonnant. Cette femme n’est pas du genre à s’arrêter pour s’acheter des fleurs. Seulement voilà qu’elle entre dans un cimetière pour poser les fleurs sur la tombe d’un « disparu en mer ». Un vieil homme s’approche de la tombe, la regarde avec dureté et s’éloigne pour rentrer chez lui. Elle le suit. Ils entrent, elle connaît les lieux parfaitement.

Nous sommes à 8 minutes 30 du film. Pas une parole, mais tout est dit. « Une femme est passée » pourrait-on dire pour faire référence au film de Sturges. Une femme qui va gêner, déranger et surtout remuer les silences pour en faire tomber les vérités. La vérité sur un drame familial.

On croit que c’est la femme du disparu. Ce n’est que sa sœur, mais avec un amour aussi fort qu’une femme, un amour presque incestueux. Elle ira jusqu’au bout pour trouver la vérité, une vérité forcément décevante compte tenu de l’attente et de la perdition dans laquelle elle s’est engagée.

Le film a la structure d’une tragédie, mais un vent lyrique le traverse. La mise en scène – comme le début le montre – est sublime, rappelant les meilleurs moments de Grémillon, poétique et terrible à la fois. Les cadres sont osés et stupéfiants. Le Mont Saint Michel est exploité avec intelligence et parcimonie. La scène de la marée montante en parallèle avec le réveil de l’amante est étonnant de poésie et rappelle étrangement les meilleurs scènes de David Lean dans La fille de Ryan. La gestion du silence est également une force du film.

Seul le scénario (et la musique tartine) est peut-être en dessous de ce talent. Un peu convenu et finalement classique empêche que ce film atteigne le rang de très grand film.

Sur la jaquette du DVD éditée par les Documents Cinématographiques, on peut lire une phrase de Henri Calef : « c’est un drame de famille avec un coupable qui ne veut pas être reconnu et un homme qui veut tout pardonner, tous les thèmes de l’Occupation ». Du coup une autre perspective s’ouvre, celle de la métaphore. La mer devient la guerre, la famille la société, le père le traître par lâcheté, le fils le collaborateur (cf la scène de dîner après le drame de la marée montante) et la fille la résistante. Une héroïne qui prend du coup l’aspect d’une Antigone, celle de Anouilh bien sûre, créé pendant l’Occupation et dont la première aurait vu la salle se lever d’un double mouvement. Ceux pour applaudir Créon, ceux pour applaudir Antigone. Cette Antigone de l’Occupation en rappelle une autre, aussi décidée et aussi fragile à la fois, Marie Octobre… dix ans avant.


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