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Critique


De Arca1943, le 17 février 2005 à 03:49

Je n'ai jamais vu ce Rossellini mais je le verrais probablement si l'occasion s'en présentait, à cause de son sujet. C'est pour moi un des mystères de la culture italienne qu'avec tous les moyens artistiques et financiers dont disposait l'industrie du cinéma dans son époque faste, il y ait si peu de films consacrés au Risorgimento, salué avec raison par toute une brochette de poètes britanniques comme une nouvelle aube de l'humanité !

Ô gloire radieuse du Risorgimento, ô phare de la liberté! Ô principe immortel de l'égalité de tous les peuples ! Ô comme ils resplendissaient, tes Mille, Garibaldi, lorsque tu chargeais, sabre au clair, contre les Autrichiens patibulaires ! contre les Bourbons, fieffés rétrogades ! contre les forces pontificales ennemies de la liberté ! Ô Risorgimento, ô unité de l'Italie, comment ça se fait qu'on ait fait si peu de films en ton nom?

Enfin, quelques-uns, quand même (en ordre chronologique des événements): le très beau et méconnu Domani Accadra de Daniele Luchetti, Allonsanfan des frères Taviani, Le Guépard de Visconti, Bronte de Florestano Vancini, Au nom du pape roi de Luigi Magni. (En fait, il semble que Luigi Magni se soit fait une spécialité de dépeindre cette période au cinéma, mais ses films sont vraiment très durs à trouver).

Mais quand même, l'expédition des Mille ! Les batailles de Solferino (climax) ou d'Aspromonte (anticlimax) ! Les audacieux exploits diplomatiques et politiques du génial Cavour ! L'aventure de Giuseppe Mazzini, qui pense à la fois l'unité italienne et la future unité européenne ! Des sujets de films en or, des épopées à coller le spectateur au plafond de la salle ! Et pourtant, juste quelques films et c'est tout. Curieux, tout de même…

Alors, en l'absence de tout autre film sur l'expédition des Mille – à ma connaissance, il va sans dire ! – c'est heureux, tout de même, qu'on ait ressorti ce Rossellini.

Arca1943


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De dumbledore

Pour célébrer le centenaire de l'unification de l'Italie, Roberto Rosselini réalise Viva l'Italia qui suit les diverses campagnes de Garibaldi. Il est étonnant de voir le plus fidèle représentant du néo-réalisme italien s'atteler à la tâche d'un film d'époque, et surtout d'un film patriotique. Et en effet, la surprise laisse assez vite place à la perplexité. Le réalisateur n'est pas très à l'aise pour aborder le sujet, pour maîtriser les contingences du film d'époque et du film de guerre. Ainsi, s'alternent des scènes de batailles filmées de très loin, sans dramatisation, et des scènes de « personnages », trop dialoguées, trop ennuyeuses.

Heureusement, la patte du réalisateur se retrouve dans les détails, dans les à-côtés. Le personnage de Garibaldi est notamment très bien campé (pas forcément très réel, mais très attractif) avec des trouvailles amusantes : son envie d'aller se battre parce que les autres ont des fusils plus neufs que les siens, ou bien encore son rapport d'égalité avec son peuple…

Ces petits détails ne sont pas suffisants pour en faire un grand film. Au même exercice et à la même époque, un Jean Renoir était nettement plus à l'aise.


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