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Critique


De dumbledore, le 1er octobre 2003 à 09:54
Note du film : 3/6

En 1941 apparaissait un film qui allait acquérir une renommée qui allait étonner même son réalisateur. Il s’agissait bien évidemment de Casablanca. Le film jouait sur l’idée d’une ville à part, un no man’s land où tous se cotoyent dans une gentillesse hypocrite, et qui allaient donner naissance au « début d’une belle amitié ».

Plus de dix ans plus tard, le film de Michael Curtiz a acquis la dimension de mythe qu’il n’a toujours pas perdu et Macao s’inscrit dans le même registre : une île dans laquelle tout est possible, un trio 2 hommes une femme, et surtout plein d’histoires d’espionnage dans laquelle personne ne se montre sous son vrai visage.

Macao est un film malade. De naissance d’abord, car il n’est jamais bon d’avoir des parents trop géniaux. Cela donne généralement des fils à papa ou des révoltés et par miracle des génies. Macao ne fait malheureusement pas partie des miracles, n’arrivant jamais vraiment à s’affranchir du modèle.

La seconde raison de la maladie vient du fait que le film est bicéphale. Certes la signature est de Erich Von Stroheim mais son rapport avec le producteur Howard Hugues mais aussi les comédiens, furent tels qu’il fut écarté du projet juste avant la fin du tournage et remplacé par Nicholas Ray qui assura la finalisation et le montage. Avoir deux pères géniaux peut être un don, seulement quand les deux pères sont tellement différents, leurs génies ne se rajoutent pas forcément.

Film malade donc, qui n’arrive pas à se positionner et qui pourtant ouvre des pistes passionnantes qui ne sont pas empruntées. C’est le cas notamment pour le personnage du vieil aveugle, figure presque mythique rappelant Tiresias qui mène nos héros, et qui aurait pu mener aussi le film vers un monde si ce n’est onirique du moins poétique.

De même les relations entre les personnages ne sont pas vraiment poussées et si le film tient sur une bonne longueur sur le ressort du malentendu (Robert Mitchum est pris pour le policier qu’il n’est pas) il finit tout de même par perdre de sa tension.

Heureusement certains visuels sont épatants et sauvent le film. La poursuite nocturne filmée à travers les filins des filets de pèche est un petit morceau d’anthologie. Le seul du film. Restent certains plans, ici ou là qui rappelle que Sternberg est un maître…


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