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Hollywoodian melodramas


De vincentp, le 9 février 2014 à 13:09
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Des suppléments intéressants sur le double dvd édité par Carlotta : l'analyse des thèmes et de l'écriture cinématographique de Douglas Sirk, par Jean Douchet, ainsi qu'une interview de Kathryn Bigelow, visiblement émue quand elle parle de Sirk, qui fut un de ses inspirateurs (The Loveless), et qu'elle a eu l'occasion de rencontrer au début de sa carrière.

Effectivement, Sirk joue avec les codes populaires du mélodrame pour produire des œuvres romantiques, ou à portée sociale. Il me fait penser, par certains aspects de la méthode, à des peintres contemporains comme Lichtenstein.


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De vincentp, le 6 février 2014 à 18:13
Note du film : Chef-d'Oeuvre


Les amants de Salzbourg (1957) est tiré de la même histoire (écrite par James M. Cain) que Veillée d'amour de John M. Stahl (1939). Le déroulé des faits de ces deux œuvres cinématographiques est différent mais le style de celles-ci est semblable : Sirk comme Stahl placent un homme et une femme dans des situations instables, unis par une relation sans solution à terme (une romance impossible). Les deux cinéastes gèrent leur oeuvre respective avec la vista d'un pilote de rallye chevronné. Ils passent près des ravins du ridicule tout en contrôlant parfaitement leur sujet.

Ces récits atteignent une dimension dramatique et romantique de très belle envergure. La même arme sonore est employée par Sirk et Stahl : dialogues et musique, très élaborés, développant des idées, soulignant des émotions. Elément clé : l'intégration des relations entre personnages dans le cadre plus général de la société. Ces personnages devisent de chose et d'autre (dans Interlude, une discussion porte sur les tenants et les aboutissants de l'oeuvre de Mozart, par exemple), et doivent affronter le poids des préjugés, le regard et le jugement des autres.


June Allyson est parfaite dans son rôle, parfaitement dirigée par Sirk. On peut lire ci et là des commentaires mitigés à son sujet, ce qui m'étonne, car sa relation à l'écran avec le chef d'orchestre fonctionne tout à fait. Si Sirk aborde le sujet des relations humaines et sociales, il traite aussi -comme pour beaucoup de classiques des années cinquante- le sujet du temps et de l'espace (par les images et les dialogues). Sirk innove également sur un plan visuel : les miroirs, dans lesquels se reflètent les personnages, créent un monde dont on ne sait s'il est réel ou imaginaire.

La mise en scène de Sirk est de très haut niveau : les déplacements physiques des personnages sont filmés de façon magistrale (la séquence finale au bord du lac en est un bon exemple). Idem pour le cheminement des pensées et des émotions de ces personnages (comme cet assemblage sophistiqué de plans fixes dans la salle de concert). Subtil chapitrage de ce récit, avec pour chacun d'eux une montée d'émotions pour les personnages et les spectateurs, savamment orchestrée. Rôle également de la lumière et des couleurs pour mettre en relief tel ou tel point.


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