| Cinéma | L'Enterrement du soleil Taiyo no hakaba | ||
Japon![]() |
Réalisateur et scénariste : Nagisa Oshima ![]() Scénariste : Toshirô Ishido Producteur : Tomio Ikeda | Compositeur : Riichiro Manabe ![]() Directeur de la photographie : Takashi Kawamata Société de production : Shôchiku Kinema ![]() | Acteurs : Masahiko Tsugawa (Shin, le chef du gang) Kayoko Honoo (Hanako)Isao Sasaki (Takeshi) Fumio Watanabe (Yosehei) Kamatari Fujiwara (Batasuke) Tanie Kitabayashi (Chika, la femme de Batasuke) Junzaburo Ban (Yotsematsu, le père d'Hanako) Jun Hamamura (Goro Murata) Bokuzen Hidari Kyu Ito Yusuke Kawazu (un membre du gang)Asao Koike ... ![]() |
02/07/2007 16/06/2008Première sortie mondiale : 1960 La fiche technique complète du film : ![]() | |||
"Trop cassé pour servir."

de 1976 et couronné, deux ans plus tard, d'une "Palme" cannoise du meilleur réalisateur, Nagisa Oshima
avait déjà à son actif pas moins d'une vingtaine de réalisations (hors courts-métrages, documentaires et téléfilms). Entré à la Shochiku
en 1954, il y tournera plusieurs films, les premiers formant la "Trilogie de la jeunesse"*. Le dernier volet, Taiyo no hakaba
, sombre, désespéré voire morbide, est également annonciateur d'une révolte**. Celle-ci se manifestera d'abord avec le film suivant, Nihon no yoru to kiri
***, qui rompt avec les conventions et dont l'interruption de l'exploitation provoquera son départ du studio. La critique locale fera du cinéaste l'un des précurseurs de la "Nouvelle vague" nippone (voir introduction à l'analyse de Kawaita hana
).

fait aussi allusion à la fin de la période du "Taiyo-zoku" (la tribu du soleil), phénomène de mode initié à la suite de la publication en 1956 du roman "Taiyô no kisetsu
" de l'écrivain devenu politicien controversé Shintaro Ishihara
. Comme les deux films précédents, mais avec une tonalité spécifique, Taiyo no hakaba
traite de la délinquance mais aussi de la déliquescence de la communauté. Dans un pays en chantier, ruiné par la guerre et sous tutelle du vainqueur étasunien, s'opposent et se retrouvent les nostalgiques de l'empire ou des valeurs fondamentales (l'"Agitateur" et Takeshi) et les acteurs forcés du chaos social et moral.
avait-il déjà perdu toutes ses illusions ? A travers ce film aux allures parfois documentaires, il porte sur son pays un regard pessimiste, mettant en accusation l'impuissance et la duplicité, y compris celles de l'autorité publique (un fugitif panneau urbain proclame incongrûment "Donnons aux jeunes amour et lumière"). Le corps, l'identité et même la vie servent de monnaie cruelle et dérisoire à cette économie zonale dans un récit réaliste où la violence sert d'instrument à la fois à la vengeance et au sacrifice. La sécheresse de la mise en scène est tempérée par un certain lyrisme nostalgique, renforcé par la musique "aranjuezante" ou décalée de Riichiro Manabe
.
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*Ai to kibo no machi
et Seishun zankoku monogatari
en sont les premiers opus.
**Oshima
et le même co-scénariste Toshirô Ishido signeront en 1962 un film consacré au samouraï et martyr du XVIIe siècle Amakusa shiro tokisada, traduit en français par "Le Révolté".
***qui vaut, avec les deux précédents films, au cinéaste de succéder à Shohei Imamura
pour le titre de "meilleur jeune réalisateur" décerné par les "Blue Ribbon" 1961.