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Critique


De dumbledore, le 1er mai 2007 à 11:41
Note du film : 4/6

Avant d'avoir été exposée aux yeux du monde entier pour son rôle dans The Queen qui lui a valu l'oscar de la meilleure comédienne, Helen Mirren avait déjà brillé au début des années 90 dans une série anglaise de grande qualité : Suspect numéro 1. Cette série qui a duré 7 années (5 entre 1991 et 1996 et une reprise en avec à chaque fois une histoire développée sur un double épisode de 90 minutes repose sur un personnage, celui de Jane Tennison (jouée donc par Helen Mirren) qui travaille comme inspectrice en chef dans un commissariat londonien. Seule femme du commissariat, elle a charge de mener des enquêtes criminelles avec la lourde difficulté de diriger uniquement des inspecteurs, hommes, et plutôt machos. La force de chaque épisode est de pouvoir jouer à la fois sur le registre de l'enquête criminelle (qui est le coupable? est-ce que le suspect numéro 1 est le bon ? est-ce que la police réussira à le coincer à temps?) et jouer en même temps sur le registre personnel : les difficultés rencontrées par Jane Tennison mettent en danger à la fois sa crédibilité aux yeux de ses collaborateurs que de sa hiérarchie. Réussira-t-elle à se maintenir en poste? Mais c'est elle surtout, Jane Tennison qui suscite l'intérêt principal de toute la série. Le personnage est terriblement complexe : elle est arriviste, les dents qui raille le parquet, incapable de reconnaître ses erreurs, en fait souvent… et pourtant, elle est touchante. Touchante parce que le monde dans lequel elle évolue est pire que ses propres défauts : racistes, machistes, maniant coups bas et manipulations politiques. Derrière la réussite de cette série se cache – faut-il s'en étonner – une autre femme, Lynda La Plante qui a enquêté sur la police anglaise avant de créer le personnage avant de l'exploiter pleinement sous forme de roman.

SAISON 1 : L'affaire Howard (diffusé le 7 avril 1991) Scénario : Lynda La Plante – Réalisation : Christopher Menaul Casting : Andrew Tiernan (Rosper), Mark Spalding (Oakhill), Marcus Romer (Caldicott), Angela Bruce (Helen Masters), Sara Thurston (Mother), Daphne Neville (Mrs Howard), John Forgeham (John Shefford), Tom Wilkinson (Peter Rawlins), Bryan Pringle (Felix Norman), Susan Brown (Linda), Andrew Abrahams (Tilly), Gareth Tudor Price (Willy Chang), Rosy Clayton (Carol), Ruskin Moya (Annette Frisby), Martin Reeve (Assistant labo), Maria Mescki (Assistant labo), Sandra Butterworth (Karen), Brian Hayes (présentateur TV), Mark Anthony Newman (Lambton), Anthony Havering (Barman), James Snell (Arnold Upcher), Fionnuala Ellwood (Joyce), Ralph Fiennes (Michael)


L'inspecteur en chef Shefford meurt soudainement alors qu'il enquête sur le crime sauvage d'une jeune femme retrouvée les mains liées dans le dos. Jane Tennison voit là une opportunité pour prendre l'enquête à son compte et devenir surtout inspectrice en chef. Son supérieur accepte cette promotion mais lui fait comprendre qu'elle a peu de champ de manœuvre. La moindre erreur pourra lui coûter sa place. L'enquête de Tennison prend un axe différent de celui pris jusque là par Shefford et toute son équipe, qui aimait beaucoup Shefford, voit là une trahison ancien leur ancien ami. Tennison inquiète George Marlow qu'elle croit être un tueur en série.
Cette première enquête est une grande réussite, à tous les niveaux. La mise en scène privilégie les plans séquences et offre des très jolies chorégraphies, toujours discrètes, qui permettent de donner un grand réalisme à la narration. L'écriture est particulièrement efficace, dans sa structure très efficace et inventive mais surtout dans ses dialogues toujours percutants et ciselés. Brillant aussi le personnage terriblement complexe de Tennison qui voit dans cet épisode son accession au pouvoir professionnel mais à une déconfiture personnelle qui semble être le prix à payer. Un très très bon épisode…''

SAISON 2: L'affaire Nadine (diffusé 15/12/1992) Scénario : Allan Cubitt – Réalisation : John Strickland Avec : Josephine Melville (Esta), Junior Laniyan (David Allen), Claire Benedict (Esme Allen), George Harris (Vernon Allen), Fraser James (Tony Allen), Jenny Jules (Sarah Allen), Tom Watson (David Harvey), June Watson (Eileen Reynolds), Matt Bardock (Jason Reynolds), Stephen Boxer (Thorndike), Stafford Gordon (Commandan Trainer), Colin Salmon (Robert Oswalde), Craig Fairbrass (Frank Burkin), Ian Fitzgibbon (Jones), Cleveland Campbell (gamin au vélo)


Le corps d'une jeune femme est retrouvée dans un quartier à forte émigration noire. La communauté est particulièrement excitée car il y a plusieurs années une affaire de disparition d'une jeune femme avait suscité la stupeur et la colère. Jane Tennison est assignée à cette affaire et voit arriver sous ses ordres un noir, Bob Oswalde, avec qui elle a eu une rapide relation lors d'un séminaire de police. Entre racisme et maladresses, l'enquête désigne comme premier suspect David Harvey, propriétaire d'alors du terrain où a été retrouvé la jeune femme. Seulement Bob Oswalde croit en la culpabilité du petit ami de la jeune femme disparue, Tony Allen qu'il poursuit avec dureté sans l'autorisation de Jane.
Tout cet épisode repose sur une idée malheureusement un peu simpliste : le racisme est finalement pire que la misogynie ! On voit durant les trois heures de ce double épisode à la fois Jane qui souffre en tant que femme-flic et Bob Oswalde (qui ressemble terriblement à Sidney Poitier) qui souffre en tant que flic-noir. C'est un peu simpliste et si la situation de départ est assez intéressante (notamment le fait que Bob, amant de passage de Jane, débarque au commissariat) le film laisse un peu sur la fin. Le scénario n'est pas non plus aussi exaltant que le premier opus (dû en parti au "méchant" plus basique et moins charmant) et la mise en scène se fait également plus molle et moins inventive.


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Avis


De PM Jarriq, le 20 avril 2007 à 09:45
Note du film : 5/6

Seize ans après, Prime suspect n'a rien perdu de son intérêt et de son impact. Porté à bout de bras par Helen Mirren, ce polar ancré dans un total réalisme, entraîne dans une enquête fastidieuse, ingrate, parfois sordide, où l'ennemi vient parfois de l'intérieur. Le personnage de ce serial killer banal et ambigu, est passionnant, d'autant que le doute est permis quant à sa culpabilité, jusqu'au bout. C'est tout le charme de cette série, de ne pas présenter de "superflic", de limier infaillible, mais des fonctionnaires plus ou moins doués et obstinés, empêtrés dans leur hiérarchie. Fatiguée, grincheuse, débordée, une clope aux lèvres dans chaque séquence, Mirren crée un personnage crédible et attachant, parfois irritant (sa crise de mégalo, lors de l'émission télé), mais avec lequel il est impossible de ne pas être en empathie. Ses rapports avec son fiancé, le toujours impeccable Wilkinson, échappent au cliché et rejoignent le style des films anglais à la Ken Loach. Tous les seconds rôles sont dignes d'éloges, et parmi eux, on reconnait un très jeune Ralph Fiennes, en "blouson noir" interrogé le temps d'une séquence. Prime suspect a continué jusqu'à très récemment, de façon irrégulière, et a sa place dans les classiques de la série policière.


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De PM Jarriq, le 15 mars 2007 à 19:48
Note du film : 5/6

Grâce à son Oscar pour The Queen, on va enfin revoir la superbe série de Helen Mirren, où elle était positivement extraordinaire. Merci, M. Oscar !


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