| Cinéma | The Naked Kiss | ||
Etats-Unis![]() |
Réalisateur, scénariste et producteur : Samuel Fuller ![]() | Compositeur : Paul Dunlap Directeur de la photographie : Stanley Cortez ![]() | Acteurs : Constance Towers (Kelly)Anthony Eisley (Capt. Griff) Michael Dante (J.L. Grant)Virginia Grey (Candy)Patsy Kelly (Mac) Betty Bronson (Miss Josephine)Marie Devereux (Buff) Karen Conrad (Dusty) Linda Francis (Rembrandt) Barbara Perry (Edna) Walter Mathews (Mike) Betty Robinson (Bunny) ... ![]() |
avant le 21/11/2004 18/02/2009La fiche technique complète du film : ![]() | |||
"On peut renouveler son passeport, mais pas son corps."

, tourné dans la foulée de Shock Corridor
. Fasciné par le changement d'identité ou de personnalité, Samuel Fuller
opte pour une sorte de variante à cette problématique : changer d'existence. La société américaine "moderne et bien-pensante" (mais la réflexion peut s'appliquer à notre "vieille" Europe) permet-elle de refaire sa vie, en particulier lorsque l'on est une femme ?
nous prend à froid dès la séquence pré-générique avec une attaque au sac à main de Kelly contre son souteneur. Ce qui "frappe", d'emblée, c'est sa détermination, son honnêteté foncière et la dimension essentielle de l'apparence. Chauve, car rasée par mesure de rétorsion, ce qui accentue la déshumanisation du personnage et son cantonnement au rang d'objet, Kelly, pendant tout le générique, va prendre un soin attentif à se redonner un visage féminin séduisant, sa carte de visite professionnelle et son atout principal. Car, à peine débarquée à Grantville (deux ans plus tard, tout de même), elle charme sans difficulté un officier de police qui n'imagine pas un seul instant qu'une femme de son genre puisse être autre chose qu'une tapineuse dans une "boîte de bonbons".
. De quoi est-elle faite ? L'image la plus récente fait-elle vraiment oublier celle que nous avons véhiculée ? La présence régulière de miroirs atteste, symboliquement, cette ambition narrative, comme la projection, qui n'est pas uniquement cinématographique, à un moment crucial du film et jusqu'à cette scène de remords de Buff (la bien nommée), le portrait de son père dans les bras. Enfin, comme un light motive, la ponctuation opérée par des fillettes qui jouent, innocence et vérité fragiles qui permettront, cependant, un dénouement heureux au film.
, déjà vue dans Shock Corridor
, dont la beauté froide est sublimée par la caméra de Fuller
.