| Cinéma | Retour à Cold Mountain Cold Mountain | ||
| Etats-Unis, Roumanie Drame |
Réalisateur et scénariste : Anthony Minghella ![]() Scénariste : Charles Frazier (auteur) | Compositeur : Gabriel Yared ![]() Directeur de la photographie : John Seale Monteur : Walter Murch Responsable des décors : Dante Ferretti ![]() Société de production : Miramax Films ![]() | Acteurs : Jude Law (Inman)Nicole Kidman (Ada Monroe)Renée Zellweger (Ruby Thewes)Eileen Atkins (Mady) Brendan Gleeson (Stobrod Thewes)Philip Seymour Hoffman (Reverend Veasey)Giovanni Ribisi (Junior)Donald Sutherland (Reverend Monroe)Natalie Portman (Sara) |
avant le 21/11/2004 18/03/2008Première sortie mondiale : 2003 La fiche technique complète du film : ![]() | |||

Le réalisateur anglais Anthony Minghella
a connu le succès public grâce à son troisième film, Le patient anglais
, film sachant mêler avec efficacité histoire d'amour tragique et fond de guerre.
Cold Mountain
reprend le même principe. Ralph Fiennes
laisse la place à Jude Law
et Juliette Binoche
à Nicole Kidman
à la Seconde Guerre mondiale à la guerre de Secession. Seulement à la différence du film précédent, le réalisateur change quasiment toutes les autres données de son film. Alors que le couple était formé rapidement pour pouvoir jouer ensuite sur le temps afin de développer leur amour, le principe est ici inverse : un couple se forme rapidement, sur un coup de foudre réciproque, avec très peu de moments passés ensemble, juste un baiser pour toute relation, quelques mots échangés et une différence de milieux afin de marquer encore plus l'incongruité de leur amour. Seulement voilà que l'homme - Inman - part pour défendre la cause sudiste et que la jeune femme - Ada Monroe - reste dans sa ville et commence à attendre le retour de l'homme qu'elle aime. Inman subit la guerre, la violence, la mort et change fatalement pour devenir plus dur, plus renfermé encore, "perdant toute bonté" de son propre aveu.

sait bien que plus l'époque sera dure, plus leur rêve sera fort, plus son film sera romantique, sans pourtant jamais tomber dans le pathétique.

par exemple, pasteur courant les filles et qui était sur le point d'assassiner une jeune femme black qu'il a mis enceinte avant de se faire presque lapider par la ville. Ou bien encore Giovanni Ribisi
qui gagne sa vie en amenant les déserteurs paumés dans son antre hanté de femmes libinales, ou bien encore - voire surtout - Natalie Portman
dans un tout petit rôle de femme perdue, devant élever son bébé et qui ne demande que de pouvoir encore sentir contre elle le corps d'un homme afin de se rappeler encore mieux son mari qui lui manque cruellement. Parallèlement à cette misère ambiante, cette violence ou cette perdition à fleur de peau, il y a des extra-terrestres, des êtres qui arrivent encore à être humain, généreux et accueillant alors que la terreur est de mise : le personnage de Natalie Portman
par exemple, ou bien encore une vieille ermite qui sauve notre héros.
La guerre de Secession est ici montrée avec une violence et une absence de romantisme qu'on a rarement vues, rappelant sans cesse ce paradoxe que si la guerre permet à l'Histoire de faire de grands sauts, de révolutionner des sociétés, c'est également (et paradoxalement donc) des moments de régressions terribles, violentes, cruelles.

d'abord, qui incarne un personnage qui connaît une évolution impressionnante de petite bourgeoise coincée en femme épanouie et forte. Jude Law
prouve de nouveau qu'il est un extraordinaire comédien, très physique, très puissant aussi qui ne nimaude jamais, qui est toujours juste. Renée Zellweger
fait craindre le pire avec la première scène, mais se débrouille ensuite très bien, sachant jouer l'émotion quand il le faut.
Avec Cold Mountain
, Hollywood prouve qu'il est encore capable de nous offrir de grandes fresques réussies.