| Cinéma | Kwaidan Kaidan | ||
| Japon Fantastique |
Réalisateur : Masaki Kobayashi ![]() Scénaristes : Lafcadio Hearn (auteur)Yôko Mizuki Producteur : Shigeru Wakatsuki | Compositeur : Tôru Takemitsu ![]() Directeur de la photographie : Yoshio Miyajima Société de production : Toho Company ![]() | Acteurs : Rentaro Mikuni (le samouraï - "Les cheveux noirs")Michiyo Aratama (la première épouse - "Les cheveux noirs")Misako Watanabe (la seconde épouse - "Les cheveux noirs") Tatsuya Nakadai (Minokichi - "La femme des neiges")Keiko Kishi (Oyuki, la femme des neiges - "La femme des neiges")Katsuo Nakamura (Hoïchi - "Histoire de Hoïchi sans oreilles") Tetsuro Tamba (le guerrier - "Histoire de Hoïchi sans oreilles")Kanemon Nakamura (Kannai - "Dans un bol de thé") Osamu Takizawa (auteur/narrateur - "Dans un bol de thé") |
avant le 21/11/2004 30/12/2007La fiche technique complète du film : ![]() | |||
"Celui qui avale une âme..."

et de Seppuku
, le réalisateur Masaki Kobayashi
change de registre en adaptant à l'écran quatre des nouvelles ou courtes histoires de Yakumo Koizumi, alias Patrick Lafcadio Hearn
, publiées en 1903, soit un an avant sa mort, sous le titre "Kwaidan: Stories and Studies of Strange Things"*. Etrange parcours que celui de ce fils borgne d'un chirurgien irlandais de l'armée britannique marié à une ressortissante grecque, journaliste parti s'installer au Japon en 1890 et épouser la fille d'un samouraï. Si la plupart des récits de son ouvrage fantastique sont tirés de contes nippons, eux mêmes souvent inspirés de légendes chinoises, l'influence "gothique" n'est pas tout à fait absente, laissant entrevoir l'affection de Hearn
pour ses prédécesseurs Nerval
, Théophile Gautier
et Maupassant
. Kobayashi
, tout en respectant l'esprit de l'auteur, a sublimé l'oeuvre par sa mise en scène. Le cinéaste reçut, après Seppuku
, son second "Prix spécial du jury" cannois ; le film fut également sélectionné aux Academy Awards.


est un chef-d'oeuvre fantastique à tous les sens du terme. Il porte le genre à un niveau artistique que Roger Corman
ou Edgar G. Ulmer n'ont même pas rêvé atteindre à partir des pourtant remarquables nouvelles d'Edgar Allan Poe
. Comme chez l'auteur des "Histoires extraordinaires", décédé quelques mois avant la naissance de Lafcadio Hearn
, c'est l'envoûtement et la poésie plus que la peur qui sont visés, équation parfaitement comprise et résolue par Kobayashi
. Les quatre segments ne sont, bien sûr, pas égaux en qualité. Le premier, assez classique, séduit mais ne surprend pas et le dernier est trop court pour parvenir à installer une atmosphère "palpable". "La femme des neiges" (auquel Yume
de Kurosawa
n'est pas étranger) et l'"Histoire de Hoïchi sans oreilles" constituent donc les pièces maîtresses du film dont les qualités formelles sont confortées par le score de Tôru Takemitsu
et par les interprétations de Tatsuya Nakadai
et Tetsuro Tamba
(déjà présents dans Seppuku
) ainsi que celle de Keiko Kishi
(vue chez Ozu
et Ichikawa
). Kaidan
fut, avec Jôi-uchi
, le chant du cygne du réalisateur qui ne tourna plus rien de réellement significatif jusqu'à la fin de sa carrière.
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*trois ans après Kaidan
sortait Kaidan yukionna de Tokuzo Tanaka, un des réalisateur de la série Zatôichi
, dont le scénario reprend l'intrigue de "Yuki-Onna (la femme des neiges)".