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Critique


De dumbledore, le 20 novembre 2007 à 13:36
Note du film : 4/6

Derrière ce titre énigmatique et une affiche guère attirante se cache un premier film riche de ses qualités comme de ses défauts. Son défaut principal est une certaine confusion. Deux histoires sont proposées, la première est celle de Lucie, étudiante en art qui travaille dans une boîte à photocopies et qui tombe sous le charme de Vincent, un mime sourd-muet qu'elle voit par la fenêtre de la boutique. La seconde histoire rapporte les aléas de Lucie avec son professeur d'art, Dussart, et son sujet de travail : les femmes chez Watteau et surtout une énigme : la présence d'une femme de dos dans ses tableaux.
Ces deux histoires vivent en parallèle, sans vraiment se croiser, ni se répondre, deux histoires qui sont d'égale d'importance pendant une longue partie du récit, si bien que l'on ne sait pas vraiment ce que raconte le film : une histoire d'amour ou une enquête dans le monde de la peinture. Un peu les deux sans doute, mais une hiérarchie aurait permis sans doute de rendre le film plus fluide.
Malgré ce défaut, ou presque même grâce à ce défaut, le film laisse l'étrange sentiment de se situer dans une sorte d'entre-deux, dans des limbes. Pas vraiment sur terre, pas vraiment dans les cieux. Cet entre-deux, c'est celui des deux histoires qu'il raconte mais c'est également celui du thème abordé dans le film : les repentirs, les recouverts, le fait que derrière des toiles peuvent s'en cacher d'autres. Tout va par deux dans le film : un film deux histoires. Un tableau, deux peintures.

Ce que mes yeux ont vu est un film sur la peinture mais plus globalement sur le regard et en ce sens il est une belle réussite. Le regard est omniprésent dans le film. C'est celui de Lucie sur Vincent, en cachette. C'est celui de Dussart sur Lucie. C'est celui de Lucie sur sa propre vie. Et c'est surtout celui de Watteau sur une actrice qu'il a adulé. Le regard n'est pas neutre dans ce film, comme nous le prouve cette superbe scène durant laquelle Dussart fait analyser le « Pierrot » de Watteau à Lucie et qu'elle découvre que le regard du peintre est représenté par le regard triste d'un âne. Le regard, nous dit le film, doit être travaillé, affûté pour qu'il puisse révéler les belles choses du monde que (presque) personne ne voit. C'est ainsi notamment que personne ne regarde Vincent qui fait la statue, tout le monde passant devant lui sans le voir. Seul le regard de Lucie saura le voir, le découvrir et le comprendre.
Ce regard qui est au centre du film est également une mise en abîme du regard du réalisateur, Laurent de Bartillat qui signe ici une première œuvre d'une belle maîtrise et d'une bonne facture. Une première œuvre qui en appellera, on le souhaite, bien d'autres.


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