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Voici les derniers messages de ce forum :

Melville un homme d'honneur .


De vernhaskell, le 19 septembre 2017 à 22:18

Ah oui ? Le rôle titre ? Et qu'est-ce qu'il joue, Ventura ? La classe ou le risque ?


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De Tamatoa, le 3 février 2013 à 00:26
Note du film : 5/6

Des films pesants, graves, sombres à qui l'on pourrait presque reprocher de temps en temps de se prendre un peu au sérieux

Mais je crois qu' à cette époque là, le grand bantitisme était quelque chose de sérieux. Je veux dire quelque chose de réfléchi, de froid. D' avisé, de pesé. En ces temps anciens, les gangsters "installés" ( je ne parle pas des Voleurs de bicyclettes ) étaient très calculateurs. Pesant les risques encourus à leur juste valeur. N'hésitant pas à prendre conseils auprès de leurs ainés qui en avaient vu d'autres, ils savaient renoncer si le jeu n'en valait pas la chandelle. Et quand ils passaient à l'acte, c'était en fonction de ce qu'ils ressentaient et appréciaient de la vie. Le regard d'un enfant ou la désaprobation de leur femme pouvaient les faire renoncer au mal. Dans Classe tous risques, Ventura, Abel Davos, renonce à sa vengeance finale parce que son amie, Sophie Fargier, pourtant épouse du traitre, a payé le prix fort dans cette histoire d'hommes :"-C'était la plus chouette…-" Parce qu'ils étaient des hommes, avant d'être des gangsters. Des hommes qui, à l' inverse d' aujourd'hui, n'avaient pas besoin d'aller au cinéma pour devenir des voyous.

Aujourd'hui, il n' y a plus que des bêtes fauves sans âmes. Etre un bandit à l'époque du Deuxième souffle, du Doulos ou de Bob le flambeur, c'était un vrai choix d'existence. Claude Sautet l'a formidablement démontré avec ce Classe tous risques justement. On ne devenait pas truand par fatalité. Ce n'était pas une alternative en attendant mieux mais une détermination quelque fois poussée par les méandres de l'hérédité. Je crois que Melville n'a pas exagéré dans la thématique du trop "sérieux". Il a été le juste chroniqueur d'une époque et d'un milieu qui, s'en tomber dans l'admiration imméritée et très imbécile, savait se tenir.. D'aucuns penseront que la phrase est osée . Mais voyez ce qui se passe aujourd'hui. La folie meurtière, sauvage à l'extrême et surtout désespérée a remplacé depuis longtemps, sinon la "sagesse" des voyous, du moins certaines règles qui ne sont plus de mise . Chez Melville, on menaçait, on faisait peur pour arriver à ses fins. Je reconnais que quelques rares exceptions regrettables peuvent démontrer le contraire. Je pense à l'abbatage des deux motards au cours de l'agression du fourgon postal. Il était ""nécéssaire"" dans un plan millimétré à la seconde. Aujourd'hui, chez Olivier Marchal (entre autres !), des truands qui ne l'étaient pas le matin même, tuent d'abord et toujours comme ça, râgeusement, avec jouissance, et volent après. Juste parce que l'occasion fait le larron. Voir La Mentale..

Des films pesants, graves, sombres , Oui. Mais je vous mets au défi de trouver dans ces films là, la moindre trace de démence. Aujourd'hui, aucuns films de gangsters ne peuvent se faire sans une extravaguante, une abérrante folie meurtière première ! Il n'y a plus d' humain chez les truands ! Et je pense que c'est bien cette humanité là qui était pesante, grave et sombre. Et merveilleusement bien rendue par un immense cinéaste..


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