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De Impétueux, le 23 mars 2006 à 19:00

Je ne sais pas si l'on peut concevoir le scandale déclenché par la parution du livre de Victor Margueritte en 1922, où la "liberté de la femme" est si encadrée de partouzes, de saphisme, de nuits blanches et alcoolisées que les amis révolutionnaires de Margueritte, écrivain engagé, en furent dépités et scandalisés…

Mais je me souviens bien qu'étant, en 1957, avec ma mère au cinéma, la bande-annonce de cette Garçonne avait suscité de sa part une indignation telle que, de retour à la maison, elle s'en était ouverte à ma grand-mère et que mes deux chères et vertueuses mère et grand mère s'étaient répandues en invectives sur l'abjection des temps qui permettait qu'un tel roman pût devenir un film. Ce n'était pas la bande-annonce qui était, à mon souvenir, choquante (et si elle avait dispensé à mes yeux curieux la vue d'un sein nu, je me le rappellerais encore tant cette vision aurait été inédite et éberluante), mais bien l'adaptation.

C'est donc dire que, trente cinq ans après, le soufre du roman était encore vivace !

Cela dit, qui est moins un souvenir qu'un témoignage de la délicieuse France morale que j'ai connue et aimée, je serais naturellement très curieux de me rendre compte de ce que ça peut être…


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De RdT, le 23 mars 2006 à 18:45

Attention il y a plusieurs Garçonne, celle de Jacqueline Audry (réalisatrice de Fruits amers – Soledad) et La Garçonne Jean de Limur (réalisateur de La grande meute et de Brigade en jupon. J'imagine que les deux sont intéressantes. Celle de 1936 avec Marie Bell et Arletty, plus proche chronologiquement de Victor Margueritte doit être «historiquement» passionnante.

Etant intéressé par Jacqueline Audry (la petite fille du Président Doumergue), je vote toutefois bien volontiers pour cette Garçonne là. Mais il y a sans doute une longue étude à faire sur le sujet car il y a encore La Garçonne, et La Garçonne


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Délicieux !


De JustinColbart, le 23 mars 2006 à 17:40
Note du film : 5/6

la garçonne

Je viens de voir la version de Jacqueline Audry (1957) à la Cinémathèque et j'ai retrouvé le style virevoltant et délicieux d'un certain cinéma français. Il y a dans cette comédie un esprit léger et ironique, et des comédiens réjouissants (Fernand Gravey, toujours élégant et plein de charme, Jean Parèdès savoureux en folle mondaine, Bernard Dhéran qui m'a toujours ravi depuis la tv en noir et blanc de ma jeunesse ; je n'oublie pas Andrée Debar, la "Garçonne", que je ne connaissais pas, Suzanne Dehelly, tante Sylvestre, au jeu très "nature" et plus contemporain…)

Le seul bémol, c'est que ce nécessaire plaidoyer pour la liberté de la femme se joue dans le milieu chic et superficiel des oisifs friqués de la Belle époque. Dont on dénonce les hypocrisies et les excès, certes, mais du coup on serait tenté de penser que cette problématique ne concerne qu'une certaine catégorie sociale…

Le coup est rattrapé par une fin morale quoique peu orthodoxe. Est-ce Victor Margueritte en 1922 ? Sont-ce les scénaristes et l'adaptation de 1957 ?

Ne boudons pas cependant notre plaisir (comme disent les journalistes qui adorent les clichés !) et précipitons-nous à revoir cette jolie œuvre.

Encore un mot : Marcel Achard, qui est aujourd'hui aux oubliettes, signe des dialogues brillants que je n'aime pas au théâtre mais qui conviennent parfaitement à ce style de comédie cinématographique.


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