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Cher Leroux !


De gilou40, le 31 octobre 2010 à 15:21

Un 0/6 sur la fiche d'un film avec Pierre Fresnay, je ne pensais pas cela possible. C'est une tache d'encre sur La Joconde. Même Yvonne Printemps dans ses pires colères n'aurait pas osé…ouh !


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De Impétueux, le 30 octobre 2010 à 23:02
Note du film : 0/6

Eh bien ce Chéri-Bibi-là aurait bien mieux fait de n'être jamais être exhumé de l'oubli dans lequel il était justement plongé, et qui lui seyait à merveille ! Parce qu'une telle nullité, c'est tout de même assez rare et ça n'a vraiment aucun intérêt, alors même que l'histoire du bagnard injustement condamné au bagne et devenu graduellement une sorte d'empereur des truands, une histoire de l'immense Gaston Leroux ainsi gâchée, c'est désespérant !

Vaut mieux, mille fois mieux (j'en parle de mémoire, mais enfin, je l'ai revu il n'y a pas vingt ans) le film de Marcello Pagliero qui évoque assez bien l'angoisse des Cages flottantes, premier volume de la série, et fait surgir à la vie les monstrueuses figures du Canaque et de la Comtesse

Dans le film de Léon Mathot, je ne vois rien, mais alors absolument rien à sauver : pas un plan, pas une réplique, pas une inquiétude ; et pas même un acteur : Fresnay y est aussi mauvais qu'il peut être, dans le mouvement de menton, et l'agressivité à contre-temps, lorsqu'il n'est pas dirigé ; Colette Darfeuil, en Viviane Romance du pauvre – du pauvret, devrait-on dire ! – est pitoyable; Aimos, si excellent titi de vingt films est absolument insignifiant ; et Jean-Pierre Aumont, bellâtre des années de l'immédiate avant-Guerre n'y est pas meilleur que dans Lac aux dames, c'est-à-dire exaspérant, c'est-à-dire exécrable.

Comment peut-on aussi légèrement gâcher une histoire aux potentialités aussi formidables ? Comment peut-on tourner un film sans structure et sans rythme, aller dans tous les sens sans jamais s'atteler à une logique de récit ? On passe, sans cohérence autre que celle de l'anecdote, d'une histoire de truands classique à une sorte d'exploration de la condition des relégués en Guyane (il y a une ressemblance entre ces prisonniers-là, et ceux que représente Bertrand Tavernier à la fin du Juge et l'assassin ; ou, si l'on veut faire dans le macabre sarcastique il y a les délicieux malfrats de l'excellente Cuisine des anges de Michael Curtiz), et enfin à à un mélodrame du type expiateur et rédempteur… C'est d'une longueur pénible, mal rythmé, mal filmé, et nullement angoissant…

La suite d'histoires imaginées par Gaston Leroux et dont Marcello Pagliero avait capté la substance, histoires perverses, troubles, anxiogènes permettait une incursion dans les contrées les plus louches de l'âme humaine (je ne déconne pas : le Leroux du Château noir ou de La poupée sanglante vaut tous les Stephen King du monde) ; mais ce tout petit Chéri-Bibi-là est lamentable…

il eût mieux valu que Léon Mathot se consacrât à des bluettes pleines d"énergie : Le comte Obligado, dopé par l'excellent Georges Milton (et par la capacité de La fille du Bédouin à réveiller les morts) est d'une tout autre qualité !


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