| Cinéma | Le Sabre Ken | ||
Japon![]() |
Réalisateur : Kenji Misumi ![]() Scénaristes : Yukio Mishima (auteur)Kazuro Funabashi | Compositeur : Sei Ikeno Directeur de la photographie : Chishi Makiura Responsable des décors : Akira Naito Société de production : Daiei Studios ![]() | Acteurs : Raizô Ichikawa (Jiro Kokubu)Yukiko Fuji (Itami Eri)Yusuke Kawazu (Kagawa)Akio Hasegawa Hisaya Morishige (Mibu) Noriko Sengoku (Kiuchi) Keiju Kobayashi (Eri Itami) Akiko Shima (Shigeko Fujishiro) |
avant le 21/11/2004 23/08/2009La fiche technique complète du film : ![]() | |||
"Une main pour le serrer fermement, une autre pour le soutenir."

est tiré de la nouvelle éponyme et prémonitoire de Yukio Mishima
, un auteur bien connu en Occident, dont l'oeuvre avait déjà été portée à l'écran, notamment Enjo par Kon Ichikawa
en 1958. L'intrigue de Ken
se passe au milieu du XXe siècle, il s'agit donc d'un gendai geki (film contemporain), tourné en noir et blanc, mais dont le lien avec les films précédents trouve sa source, bien sûr, dans le thème générique du sabre mais aussi dans celui, plus spécifique, du destin tragique du personnage principal. Kenji Misumi
prouve, avec ce film, son incontestable polyvalence cinématographique, sa parfaite compréhension et son impressionnante traduction de l'univers de l'écrivain.

, dont la vie a, elle même, été romanesque. Cet idéalisme, ce culte de l'effort, de la beauté, cet amour des traditions, cette défiance vis à vis de l'Occident et des femmes, que l'on retrouve dans son oeuvre et dans Ken
, appartiennent bien à l'univers personnel de l'auteur. Kenji Misumi
, à travers son film apparemment simple mais doté d'une grande intensité narrative et profondeur psychologique, en donne une représentation à la fois fidèle et symbolique, rendant le film réellement passionnant... même pour ceux que le kendo laisse indifférents. Il y a déjà un avant-goût du "Tate no Kai" (société du bouclier), cette milice fondée par Mishima
en 1968 pour protéger l'empereur, dans cette équipe au coeur du récit. On y retrouve aussi cette peur de la réalité, ce refus de la banalité et de la perte des valeurs fondamentales, ce sentiment mêlé de dédain et de crainte de l'occidentalisation du Japon, symbolisé dans le film par le personnage féminin d'Itami. La réalisation de Misumi
est, encore une fois, inspirée, subtile et forte, graphiquement soulignée par l'utilisation du noir et blanc. L'interprétation du "carré" d'acteurs principaux est très convaincante et les seconds rôles sont également solides. Un très beau film.