| Cinéma | Tuer Kiru | ||
Japon![]() |
Réalisateur : Kenji Misumi ![]() Scénaristes : Renzaburo Shibata (auteur) Shindô Kaneto | Compositeur : Ichirô Saitô Directeur de la photographie : Shozo Honda Société de production : Daiei Studios ![]() | Acteurs : Raizô Ichikawa (Takakura Shingo)Shiho Fujimura (Fujiko) Mayumi Nagisa (Yoshio) Masayo Banri ![]() Junichiro Narita Matasaburo Tanba |
avant le 21/11/2004 21/08/2006La fiche technique complète du film : ![]() | |||
"Triste est son destin."

, Kenji Misumi
est, également et tout simplement, avec six épisodes dont l'inaugural, l'un des principaux et meilleurs réalisateurs de la saga Zatôichi
. Kiru
sort, d'ailleurs, la même année que Zatôichi monogatari
mais, contrairement à celui-ci qui appartient au genre chambara, Kiru
est un jidai geki (film historique) tourné, qui plus est, en couleur. Si le talent de Misumi
ne faisait déjà pas de doute dans le premier opus des aventures du masseur aveugle, il devient une évidence manifeste avec ce remarquable film, bien servi par un bon scénario adapté d'un roman de Renzaburo Shibata (l'auteur d'une autre série, Nemuri Kyôshirô, à laquelle Misumi
contribuera à trois reprises à partir de 1964) et par une distribution solide.

est surtout une tragédie aux influences raciniennes ou shakespeariennes centrée autour du personnage aux origines troublées qu'est Shingo. Né dans un contexte de crime politique puis entouré de mort(e)s, ce héros, aux pulsions suicidaires, le devient réellement lorsqu'il abandonne sa technique déloyale tout en espérant, secrètement, trouver un adversaire plus fort que lui. Mais la noirceur et la poésie du récit doivent beaucoup à la mise en scène extrêmement épurée, voire ascétique, mais terriblement efficace de Misumi
. Le réalisateur, tout en rénovant le genre, donne à son film, très équilibré dans sa narration et son rythme, une qualité archétypale stupéfiante. Le casting n'est pas en reste avec, en particulier, la présence de Raizô Ichikawa
dont l'élégance naturelle est en parfaite adéquation avec l'esprit et la forme de l'oeuvre. Kenji Misumi
mérite d'être (re)découvert et, enfin, apprécié à sa juste valeur.