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Critique


De DelaNuit, le 14 février 2010 à 18:12
Note du film : 5/6

Excellent film malheureusement passé quelque peu inaperçu à sa sortie, dénonçant avec originalité les travers de notre société à travers l'argument de cette fable fantastique, affrontement savoureux entre les multinationales de l'Enfer et du Paradis… Plein d'idées, excellentes interprétations… et Fanny Ardant, chargée d'affaires du "Ciel" dépeulplé, susurrant sur un ton confidentiel à propos de Dieu : "Nul ne l'a vu depuis longtemps, on le dit déprimé…"

Même circonstance dans l'excellente mini-série multi-récompensée Angels in America où l'ange Emma Thompson, malgré l'absence (la fuite ?) de Dieu, survole en battant de ses ailes gigantesques le New-York des années 80 à la recherche du prophète réceptif qui saura écouter son message et guider l'humanité hors de ses ornières…


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De Arca1943, le 14 février 2010 à 17:20
Note du film : 5/6

Si After Life reste dans une classe à part, The Angel Levine n'est pas si loin et Dogma peut aller se rhabiller ! Sans nouvelles de Dieu est une fable joyeusement excentrique, qui offre une amusante parenté avec Bunuel (celui de La Voie lactée notamment) pour la façon dont les choses les plus fantasques sont présentées comme des évidences allant naturellement de soi. Le français est un choix qui s'imposait pour l'entreprise certes vénérable mais un peu vieillotte du Paradis, l'anglais va comme un gant à la très dynamique multinationale de l'Enfer ; quant aux gens normaux, tout le monde sait au moins depuis Cervantès qu'ils parlent l'espagnol !

Pourtant, il arrive parfois que quelqu'un se pose une vague question : comme Many le boxeur qui demande à Victoria Abril (qui est en réalité un ange envoyé par le Ciel) :« Dis donc, depuis quand on est mariés ? » « – Mais depuis cinq ans, mon chéri. » « Ah oui ? C'est drôle, pour moi c'est comme si ça faisait à peine une semaine… » Et de même quand rapplique sa cousine Pénélope Cruz (qui en réalité est une envoyée des Enfers) : « Je ne te reconnais pas du tout. » « – Mais si, voyons ! Je suis ta cousine Carmen ! » « Ah ouais ? Eh ben, t'as rudement changé… »

Le duel Abril / Cruz est un pur délice, les dialogues entre cadres supérieurs du Paradis et de l'Enfer sont croquignolets, et on comprend in extremis en quoi consiste le châtiment infernal de Cruz ! Fanny Ardant fait aussi une très maternelle VP du Paradis, Gael Garcia Bernal est au fond très crédible en Chief Executive Officer de la Géhenne.

Quant au fond philosophique et moral de l'histoire, on peut le voir comme une sorte d'avertissement, de cri d'alarme : faute de nouveaux appelés pour renouveler sa population, le Ciel est au bord de la faillite (et les quelques arrivés plus récents ont un mal fou à s'adapter : « Ils regardent la télé toute la journée en mangeant des hamburgers », déplore Ardant) tandis que pratiquement toute l'Humanité, après sa mort, file droit en Enfer. Enfer dont la cafétéria est terriblement bruyante et bondée… d'ailleurs, on n'a que cinq minutes pour bouffer !


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