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Sachadel fernantry...


De Impétueux, le 13 septembre 2011 à 16:06
Note du film : 1/6

Ah oui, c'est vraiment mauvais, très mauvais, médiocre de facture et de rythme et on est assez souvent peiné de voir accolés des noms qu'on admire ou tout simplement qu'on aime bien, à cette insignifiance. Même si je ne souhaite pas que l'oubli vienne ensevelir les milliers de films ratés réalisés depuis l'invention du cinéma parlant, j'aurais fait volontiers une exception pour celui-ci.

Qu'est-ce qu'on peut bien retrouver de Guitry dans Adhémar ? Encore moins que des sous dans les poches de la Grèce !

Deux bribes dans le générique, la distribution étant répartie entre Mesdames (Marguerite Pierry, Maximilienne, Meg Lemonnier, Jacqueline Pagnol – encore alors Jacqueline Bouvier -) et Messieurs (Andrex, Marcel Lévesque, Georges Bever) dans cet ouvrage inédit de Monsieur Sacha Guitry ; ces marques de courtoisie assez inattendues dans un générique marquent sans doute que Fernandel réalisateur marchait sur des œufs…

Puis, c'est vrai, la structure d'Assassins et voleurs, mais aussi un petit relent de Ils étaient neuf célibataires, dans cette sorte d'examen que les membres du comité créé pour sélectionner les disgraciés font passer aux candidats.

Et c'est tout ! Les péripéties s'enchaînent avec une mollesse coupable, les sous-entendus graveleux font florès, les dialogues sont malhabiles, les anecdotes sont invraisemblables et mal cousues entre elles… la plupart du temps trop longues ou mal rythmées : ainsi dans l'épisode de la milliardaire qui fait chercher de par le vaste monde le sosie parfait de son époux disparu… Doux Jésus ! Avoir la chance de disposer de Marguerite Pierry, la roucoulante voix de gorge et l'œil fou les plus remarquables du cinéma et en faire si peu, ou plutôt si pénible dans des gugusseries transformistes où Fernandel donne la pire caricature de lui-même ! J'en frémis encore…

Et pourtant, pourtant, quelque chose me vient en tête qui m'incite à redresser mon pouce trop brutalement dirigé vers le sol : l'idée, l'idée même et ce qu'elle peut montrer combien, en soixante ans (le film est de 1951), nous avons perdu en liberté d'expression et sommes entrés dans une société de révérence et de moralisme : essayons aujourd'hui de tourner un film où il soit question d'ouvrir une sorte d'hospice réservé aux moches, aux hideux, aux contrefaits, aux difformes, aux estropiés… Aussi cafardes l'une que l'autre la HALDE et la LDH tonneront et menaceront de procès, les vertueuses télévisions se voileront la face, il y aura des manifestations, des pétitions, des admonestations…

Freaks montrait à la fois l'horreur et l'humanité des disgraciés de la vie ; mieux pensé, Adhémar eût pu donner une image plus tendre… Mais c'était il y a longtemps, aux temps où on ne mettait pas la poussière sous le tapis…


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De Gilou40, le 14 mars 2010 à 17:34
Note du film : 2/6

A tous ceux pour qui le nom de Sacha Guitry évoque la magnificence, le talent et l'intelligence, et celui de Fernandel, une profonde sympathie, à ceux là je dis : Si d'aventure ce DVD vous tend les bras au coin d'une étagère qui se veut culturelle, passez votre chemin et rendez vous au rayons fruits et légumes ou, pour le même prix, vous ferez l'acquisition de quelques agrumes nécessaires au bon équilibre de votre santé !

Fernandel qui adapte Guitry, c'est Gilou qui se pointe à La Tour d'Argent et demande : "- Vous prenez les tickets restaurants ? -" La différence, c'est que moi, je n'oserais pas le faire…

De quoi s'agit-il ? En 1950, les deux hommes avaient déjà et avec bonheur travaillé ensemble pour Tu m'as sauvé la vie, pièce de théâtre que Guitry porta au cinéma avec la même distribution. Un succès d'estime accompagna la sortie du film. A tel point que l'année suivante, Fernandel décida de porter à l'écran un ouvrage de Guitry qui, malade à l'époque, ne put diriger lui-même. Il se contenta d'en refaire les dialogues pour le cinéma et, nous dit on, de "superviser" le tout.

Pour ceux qui connaissent le très excellent Assassins et voleurs, vous serez en pays de connaissance. Car si l'histoire n'est en rien commune avec Adhémar, c'est très exactement la même mise en scène ! Le narrateur raconte ses péripéties et les plans ressemblent à un copier-coller à l'œuvre que le Maitre confia à Poiret et Serrault. Et quand je parle des péripéties de notre héros, elles sont navrantes, imbéciles et d'un lourdingue qui sont rarement de mise avec l'habituel génie de Guitry ! Un procès, perdu par l'auteur, sépara les deux hommes à la sortie du film et on peut le comprendre au vu du résultat. Ah certes ! La complicité Guitry/ Michel Simon fut autrement mieux exploitée avec la La vie d'un honnête homme !

Mais nous sommes également en droit de nous demander si Guitry fut bien inspiré d'écrire une telle niaiserie… Parce que si le choix de confier le rôle à Fernandel ne fut pas vraiment une bonne idée – pas plus que celle de lui en confier la réalisation- il n'en demeure pas moins que le "fond ", le matériau premier ne vaut que pipe ! L'histoire de cet homme au visage qui déclenche les rires aurait pu être traitée tout autrement que par cette suite de sketches pesants qui, je le redis, nous surprennent de la part du réalisateur des Perles de la couronne. Et on peut se demander si cette histoire de "maladie" qui l'empêcha d'en assurer la complète réalisation n'était pas la ruse d'un homme qui n'est pas très sur de son fait.

C'est ennuyeux, déroutant, grotesque. Seule, l'apparition de Jacqueline Bouvier, dans un rayon de soleil, nous offre un parfum de plaisir et voir la grande Maximilienne vieillissante nous étonne. Il est vrai que nous l'avons rarement connue jeune… La même année, notre Fernandel prit la soutane du Petit monde de Don Camillo, et celle du moine de L'Auberge rouge avec bonheur et Guitry se rétablit avec un La poison de première… Tout n'était pas perdu !

La seule chose qui ne nous déçoit pas dans ce film, c'est l'avertissement de René Château qui nous prévient du dégueulasse de la copie proposée….


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