Le croisement des points de vue fait tout le charme de ce forum, lequel en a exprimé autant de différents que de contributeurs. Ravi de vous retrouver, Torgnole, mais qu'est devenu notre collègue et ami Dumbledore ? A-t-il été guillotiné ?
Hé, hé, hé ! Je profite d'un retour furtif pour voler la relance d' Azurlys. Dommage, son prochain message aurait pu avoir le mérite de me laisser sans voix... Il est frappant de constater que ce film est très diversement apprécié tout comme il est étonnant de voir avec quelle virulence, Dumbledore essaie en vain de le faire passer pour la pire daube que le septième art ait jamais vomi. D'autant plus étonnant, d'ailleurs, que certains arguments pinailleurs sur la crédibilité des bulles dans le Champagne à cette époque se sont évaporés du fil depuis ma derniere visite, Dom Pérignon se serait alors retourné dans sa tombe s'il avait lu qu'on attribuait son invention à Pasteur même si ce dernier a bien évidemment contribué à l'assurance d'une mousse certifiée conforme.
Mais après ce long préambul(l)e, cessons donc de nous faire mousser et rentrons dans le vif du sujet. Au cas où certains ne l'auraient pas compris, Marie Antoinette
n'est pas un film historique rigoureusement fidèle, même si le respect de nombreux éléments ne gâte rien, le XVIIIème siècle ainsi que son personnage principal sont un prétexte pour concevoir une oeuvre brillante, d'une beauté éclatante, sorte d'hybride entre le teen-movie et le film d'époque, où se mêlent des ambiances imprégnées d'émotions troublantes. Ces émotions sont souvent liées à l'adolescence, un thème cher à la réalisatrice qui arrive toujours à en saisir l'essence mélancolique, notamment grâce à des choix musicaux judicieux qui fusionnent avec les scènes et ne font pas seulement que les habiller. Le thème du passage d'un âge à un autre est présent dans Virgin Suicides
tout comme Lost In Translation
, mais aussi le passage d'un lieu à un autre, et ici, d'une époque à une autre. Les états d'âmes des protagonistes, perdus entre deux eaux, représentent ce passage sans repaires où les instants s'étendent comme des fragments d'éternité.
D'ailleurs, laissez-moi pousser les hauts cris, qui a dit que les longueurs de Marie Antoinette
sont ennuyeuses ? Je n'y ai vu pour ma part qu'un petit joyaux photographique qui se déguste comme un Chambertin, peut-on parler de longueurs lorsque chaque plan ressemble à une peinture en mouvement, où l'agencement des décors, de la lumière et des costumes frise la perfection, où même la nature paraît luxueuse et accueillante ? Et sans pour autant sombrer dans le formalisme, peut-ont trouver à médire sur la cocasserie du repas royal, du lever de la reine ou l'effet déchirant que procure cette scène dans laquelle Marie-Antoinette essaie de fuir la honte des cancans et se retrouve en gros plan, prisonnière du regard du spectateur pour pleurer sur l'échec de ses tentatives d'enfantement ?
Pour finir, même si Kirsten Dunst
possède un charme redoutable à l'image du film, mystérieux mélange d'espièglerie et de naïveté, je ne fais pas l'éloge de Marie Antoinette
juste pour ses beaux yeux, quoiqu'elle pourrait le mériter car sa prestation est l'une des meilleures de sa carrière... Je salue avant tout et avec encore plus d'inclination, le travail de l'équipe de Sofia Coppola
pour cette perle dont le nacre immarcescible marquera plus d'une génération de cinéphiles.
Si j'ai bien suivi, c'est la réfléxion qu'a Louis XV sur la partie du corps qu'il regarde en premier chez une femme, il renouvelle l'expérience sur Marie Antoinette hélas avortée, sa gorge est cachée.
En temps que sinistre j'entend les visages évoluant à la cour naturellement, rien d'autres.
Sans polémiquer, vous seriez bien aimable de m'expliquer en quoi la France du 18ème siècle - première puissance d'Europe - était sinistre, et si vous croyez vraiment que c'est le galbe de la gorge d'une adolescente de quatorze ans (à une époque où la puberté était plus tardive qu'aujourd'hui !) qui l'a fait donner en mariage au Dauphin.
Sur un autre fil de ce Marie Antoinette
de Sofia Coppola
, le fil qui s'intitule Mauvais échos, j'ai tenté de donner quelques éléments qui permettent de resituer historiquement ce mariage, dans sa dimension politique ; je sais bien qu'il n'est pas de très bon goût de se citer (ou, pire, de paraître se célébrer), mais il y a des personnages et des situations qui me font passer sur cette vergogne.
Chers amis, les avis exprimés par les critiques anglo-saxons (et au-delà) sur Marie Antoinette
reflètent les différences de points de vue que nous avons exprimés sur dvdtoile.
Je vous invite à consulter un échantillon de ces avis sur l'excellent site rottentomatoes.com
Le lien est :
http://www.rottentomatoes.com/m/marie_antoinette/
Pour info, ce site effectue sur chaque film une synthèse de près de 200 critiques professionnels anglo-saxons essentiellement (quelques-uns au-delà de cet horizon), et attribue un pourcentage en conséquence des opinions favorables. Pour les films sortis en 2006, voici ce que cela donne :
: atteint 100% (sur 22 critiques)
: 98%
: 92%
: 80% (5 critiques seulement)
: 72%
: 72%
: 49%
: 39%
Je m'arrête là, pour ma part puisque je n'ai toujours pas vu le film et que je ne souhaiterais le juger que dans une optique cinématographique.
Les propos que j'ai tenus étaient un simple rappel de la relativité historique, mais j'ai le sentiment qu'ils n'ont pas été bien lus, ou compris, ce qui n'a, d'ailleurs, aucune espèce d'importance.