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Très bon film


De New-JPL, le 13 février 2012 à 18:24
Note du film : 5/6

Saluons ici, bien bas, le remarquable film de Maurice Tourneur, puissamment servi par un Harry Baur au meilleur de son art et de sa légitime popularité.

Signalons en premier lieu que l'oeuvre originale ( muette, d'Ernst Lubitsch, réalisée en 1928 ) dont ce film brillant est le re-make a tragiquement disparu de la circulation. Certains enquêteurs, s'étant penchés sur le sujet, avancent la thèse d'une sorte d'autodafé de militants soviétiques peu enclins à la célébration de celui qui, durant toute une partie de son règne impérial, défendit l'esprit de Contre-Révolution opposé à la France de 1789.

Harry Baur incarne donc ici Paul Ier, Empereur tourmenté, Empereur superbe, véritable César russe magnifique et trahi. Celui qui le trahira, c'est le Comte Piotr Alexeïevitch Pahlen, rôle magistralement servi par Pierre Renoir. Historiquement, le suicide de Pahlen tel qu'il est représenté dans le film est, pour certains, sujet à caution. Conformément à la version de 1928, Pahlen sera l'ambigu serviteur de l'Empereur, mais aussi de la Russie dont il rêve, débarrassée de son personnage suprême. Le schéma est classique et typiquement russe : au cinéma, il nous est familier ( Cf. des films tel KATIA ).

En 1938, Harry Baur a déjà été deux fois Beethoven, Juif Polonais et ( surtout en l'occurrence ) l'Ivan Ivanovitch Petroff des YEUX NOIRS de Tourjansky, c'est dire à quel point l'esprit germanique et l'esprit slave lui collent à la peau. Et de fait, le public saluera cette nouvelle interprétation du grand Harry, rôle qui pourrait inspirer cette question : quelle est la dimension du pouvoir en un tel film ? Elle est double. C'est bien sûr et avant tout le pouvoir en tant que concept philosophique, avec ses grandes interrogations posées à la lumière de l'Histoire, mais c'est aussi, par la puissance de jeu des acteurs et l'irréprochable qualité du scénario et de la réalisation, la faculté de RESTAURER une ambiance, un Empire, un Temps.

Référence incontournable du Septième Art français, Maurice Tourneur nous a légué par ce film une lecture authentique de l'Histoire. Et non pas, comme c'est malheureusement le cas aujourd'hui, une pâle et froide analyse servie par quelques pions dont on aimerait dire qu'ils feraient mieux de retourner à l'école. Il tournera encore six longs-métrages, parmi lesquels l'inoublibale VOLPONE en 1941, avec Louis Jouvet, ainsi que l'IMPASSE DES ANGES dont le couple Paul Meurisse-Simone Signoret préfigurera les fameuses DIABOLIQUES à venir en 1955.


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De Léonidas III, le 19 avril 2005 à 07:45

Ah, voilà un bon film. Notre ex-ennemi devenu allié Paul Ier, dans toute sa rage et toute sa rudesse. A qui profite le crime ? Bah aux Anglais, ils n'ont jamais souffert qu'un pays émerge en Europe, il leur a toujours fallu envoyer des sbires, des flottes ou de l'or. Contre l'Espagne, la Hollande, le Danemark, la France, l'Allemagne… Que de conflits par la faute de ces messieurs de la City ! Cet odieux assassinat, organisé par une bande de voyous achetée par l'or anglais, nous a valu d'avoir Alexandre ensuite, ah le beau cadeau… pour les Russes comme pour l'Europe.

Harry Baur est très bon, les autres aussi du reste.


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