Accueil
Voici les derniers messages de ce forum :

avec Philippe Noiret


De Tamatoa, le 29 juillet 2013 à 01:24
Note du film : 4/6

Ce n'est plus un casting mais une liste nécrologique .. (paul_mtl)

Hélas, plus nous avancerons dans ce temps qui nous est désormais compté et plus nous verrons des films aux castings ressemblants à de riches (par le talent) cimetières. Mais je préfèrerai toujours voir un cimetière me mettre en joie plutôt que de subir l'agression verbeuse et prétentieuse des Zavatta d'aujourd'hui.

Monsieur… Gabin !

Ce qui caractérise ce Monsieur, c'est que c'est indéniablement un film sur la classe, l'élégance morale et verbale, de la bourgeoisie à une époque où elle était encore supportable, cultivée et fréquentable. Et ce n'est pas l'anecdotique allusion à la dérive de Mireille Darc au début qui va nous faire croire autre chose. Issu d'une pièce à succès de l'Académicien Claude Gével, c'est bien entendu du théâtre filmé. Fallait-il lui faire franchir le pas du cinéma ? Oui, très certainement ! La critique du film est vite faite : il y a un astre qui connait la musique et qui s'appelle Gabin. Il nous sort le grand jeu. Il passe en revue toutes les mimiques, les regards, les gestes et les tons de voix qui ont fait son succès. Il est très, très brillant. Pointilleux, méfiant, bonhomme, malin, autoritaire, sarcastique, il est là.

Autour de lui, quelques satellites timides osent lui donner la réplique. A part peut-être la grande Gaby Morlay qui fera ici son dernier tout de piste (elle mourra peu après le tournage), tous se tiennent à carreau devant le taureau. On pourra prétendre avec raison que le scénario à un air de déjà vu. Surtout pour la scène reprise à l'identique du film Circonstances atténuantesMonsieur se fait cambrioler son propre appartement pour gruger et se débarrasser de gangsters gênants. Se faire passer pour un autre dans un univers qui nous est totalement étranger, on a déjà vécu ça dans le cinéma français. Mais la capacité d'adaptation de Gabin dépasse toutes les autres. Monsieur est la preuve que pour être un bourgeois digne de ce nom, il faut connaitre parfaitement la condition de ceux qui le servent. Et le bougre sait passer du smoking à la livrée avec un tel talent qu'on se demande s'il n'a pas loupé sa vocation. Bref, redisons le, il est là et bien là !

Dire que tous les rôles sont distribués avec la même élégance serait exagéré. A part (et pour toujours) le futur très grand Noiret, hypnotisé par son brillant ainé, on peut constater quelques failles dans la distribution. Bien sûr, Mireille Darc est délicieuse. Mais elle a un peu trop de classe pour être cette prostituée que Le Gentleman va prendre sous son aile. Bernadette Lafont, tiens justement, eut été un bien meilleur choix. Sa gouaille et son esprit vif auraient été bien plus incisifs envers cette bourgeoisie bousculée. Bousculée car si on se vouvoie, on se cocufie aussi allégrement chez ces gens là. Et Jean-Paul Le Chanois, qui manie le Gabin comme le peintre manie le pinceau, s'amuse à faire virevolter tout ce joli monde autour de son acteur fétiche. Joyeusement, sans fausse note ou presque. Et encore là, on peut peut-être, sur la pointe des pieds, déplorer la présence de Liselotte Pulver qui, loin d'être mauvaise, n'est pas vraiment dans le rôle. Où était donc Catherine Deneuve ? Danielle Darrieux ? Il fallait faire dans la grande classe, Liselotte Pulver fait dans la foldingue. La truculente Maryse Martin et son merveilleux accent du terroir se fait, elle, parfaite complice de Gabin pour recentrer la haute société avec son esprit adorablement simple. Et Pascal Jardin la sert aussi convenablement que les autres protagonistes de cette histoire fine et drôle.

Du côté de la famille de Monsieur, rien à dire. Il ferait bon voir : Henri Crémieux, Gabrielle Dorziat sont parfaits en belle-mère et beau-père vénals à souhaits. Deux barytons de la réplique qui sortent régulièrement de leurs cimetières respectifs (!) pour nous régaler de leur métier commun. Il est un peu facile de généraliser de façon sexiste en disant que les femmes ne penseraient qu'à l'argent quand le monde nous prouve et montre des hommes assoiffés de pouvoir et d'argent, pourtant le fait est là : la bourgeoisie comme on la déteste, c'est beau papa et surtout belle et très aigrie maman de Monsieur. Le retour du mort les remettra vite à leurs places et ils devront encore patienter. Car tout finit bien. Le bourgeois retrouvera son standing et les valets leur maitre… Sans mépris de part et d'autre. Grande leçon de ce film également.

Ce qui est très étrange à la longue, c'est que Gabin qui se disait paysan avant tout, joue aussi bien Les grands seigneurs. Le Gentleman d'Epsom, Le président, En cas de malheur, Les grandes familles, Le baron de l'écluse ça ne fait pas très cul-terreux. Vous me direz que c'est son métier, d'accord. Mais je ne vois pas Marcel Pérès incarner Le Comte de Monte Cristo… Il y joue un geôlier et n'en demande pas plus. Alors accordons nous pour dire que Gabin a été un immense acteur. Un Monsieur !


Répondre

De Frydman Charles, le 29 janvier 2009 à 12:42

Aujourd'hui la vallée de Chevreuse est le siège de plusieurs grandes écoles…Dans le film le domaine des Bernadac , les Venières , se situe dans la vallée de Chevreuse… Monsieur , René Duchêne , alias Georges Baudin est admiratif des grandes écoles…Presque au point de pardonner à son secrétaire Simon d'avoir été l'amant de sa femme:

  • Un polytechnicien ! pourquoi pas…

Répond-il à Suzanne en apprenant qu'il était plusieurs fois cocus. Lorsqu'il demande à Alain le fils Bernadac d'être plus assidu au cours de sciences politiques il lui dit:

  • Sciences politiques ce n'est pas Centrale ou polytechnique ,mais il faudrait quand même suivre les cours si vous voulez votre diplôme.

Et lorsqu'il envisage qu'Alain épouse Suzanne devenue sa fille adoptive , il voudrait bien qu'Alain fasse l'ENA.

Le film peut donner lui à confusion lorsque "monsieur" change de vie… René Duchêne décide de se faire passer pour mort et veut se forger une nouvelle identité et trouver un emploi. L'occasion lui en est donnée lorsque les 3 amis de Fernand , le proxénète de Suzanne , lui proposent de prendre l'identité d'un maitre d'hôtel mort: Georges Baudin , afin d'être sur place en tant qu'Extra lors d'une soirée rue de la faisanderie.Il oubrira ainsi lla porte aux truands afin de commettre un cambriolage. En fait "monsieur" prendra ses distances par rapports au truands et se servira de cette identité pour un emploi de valet de chambre, domestique ,maitre d'hôtel…(au choix) chez les Bernadac.

Le film peut laisser croire que les Bernadac sont à l'adresse indiquée par les truands..A regarder de près…Il n'en est rien.


Répondre

Installez Firefox
Accueil - Version bas débit

Page générée en 0.049 s. - 6 requêtes effectuées

Si vous souhaitez compléter ou corriger cette page, vous pouvez nous contacter