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La Chute du faucon noir


De vincentp, le 11 juillet à 15:37
Note du film : Chef-d'Oeuvre


Revu sur grand écran, dans des conditions optimales, à l'occasion de l'ouverture d'un cycle consacré à des films grand-spectacle. Le spécialiste chevronné qui introduit la séance présente Black Hawk Down (2002) comme étant le meilleur film réalisé par Ridley Scott et insiste sur sa beauté visuelle. Pour ma part, le simple souvenir d'un très bon film découvert à sa sortie en salle en 2002. Le sentiment du soir est beaucoup plus favorable. Oui, il s'agit très certainement du meilleur film de Ridley Scott, encore meilleur que Blade Runner ou Alien et à mon avis un des tous meilleurs films de guerre jamais tournés. Comme œuvres de référence dans ce genre, citons subjectivement Objective Burma, The Naked and the Dead, Apocalypse Now, The Deer Hunter, peut-être quelques autres, auxquels peut se greffer aujourd'hui Black Hawk Down, qui a sans doute été très-mésestimé à sa sortie en salle en 2002. Il est possible que le passage du temps, l'évolution de la société et des rapports hiérarchiques, les conflits urbains contemporains situés au Moyen-Orient, les mutations du cinéma expliquent qu'il ait désormais une place légitime dans le cercle restreint des classiques.

Beauté visuelle générée par des parti-pris esthétiques sophistiqués. Soin extrême des plans sublimés par des teintes turquoises et orangées, ou vertes et jaunes. Le rouge n'est présent que pour figurer le sang qui coule à flots par moments. Cet aspect visuel est combiné avec une bande sonore très élaborée (une musique signée Hans Zimmer) et des effets sonores très travaillés. Black Hawk Down oscille entre ultra-réalisme et onirisme, dans un mix parfait. Ridley Scott représente des combats brutaux et sanglants, dans un contexte de chaos, organisant le tout via une chorégraphie indécelable faite de placements et de déplacements millimétrés, qui fait toute la différence avec ce que peut produire un documentaire de guerre. Nombre de séquences sont marquantes par leurs qualités esthétiques exceptionnelles : le ballet d'hélicoptères sur le désert et l'océan, la progression muette au sol du commando Delta équipée de ses jumelles de visée nocturne, la course éperdue des rescapés vers leur salut… Un côté planant, hypnotique, énigmatique, de bout en bout mais aussi terre à terre, sans grandiloquence ni extravagance d'effets spéciaux.


Les personnages sont introduits par des champs contre-champs et par des plans moins ordinaires (la bicyclette dans le désert). Chaque personnage incarne un caractère emblématique d'une armée testotéronée. Au fil des développements étalés sur une simple journée, les soldats et leurs ennemis acquièrent de la consistance, d'infimes facettes de leur personnalité se révèlent. Les relations hiérarchiques au sein d'une organisation militaire, les circuits de décision, sont traqués avec une grande finesse : actions, regards, dialogues… Black Hawk Down semble avoir eu pour ambition de dénoncer l'arrogance de l'armée américaine, engagée dans des opérations militaires tout azimut. Les responsables de l'opération (visant à capturer un chef de guerre somalien) semblent en effet méconnaître la réalité du terrain. Mais les militaires engagés sur celui-ci font preuve de telles qualités professionnelles et humaines que Black Hawk Down, bien que soulignant l'horreur de la guerre, se transforme en hommage appuyé à l'armée américaine. Au final, un des plus beaux portraits d'une armée qu'il soit, exaltant l'esprit de corps et de sacrifice, et le principe d'un engagement militaire.

Black Hawk Down produit des émotions fortes, générées par un casting exceptionnel. Le soldat Hoot, membre de l'équipe Delta (l'élite de l'armée des Etats-Unis) est présenté d'emblée comme un être asocial, imbu de son statut. Le spectateur rejette ce personnage antipathique. Mais l'aventure en cours montre Hoot sous un jour différent nous amenant à penser que le soldat exceptionnel, par définition, ne peut que difficilement entrer dans le moule bureaucratique d'une armée. Black Hawk Down, renversant des clichés établis, est susceptible de modifier notre conscience du monde qui nous entoure. Il y a souvent dans une oeuvre cinématographique un second rôle qui crève l'écran de façon inattendue. Dans Andréi Roublev, ce serait le cas de Yuri Nazarov dans le rôle du prince russe ; dans Black Hawk Down, ce statut échoit à Eric Bana impressionnant de véracité par son côté à la fois pragmatique et décalé, sorte d'artiste fiévreux, expert des missions musclées. Au final des 150 minutes, la perception subjective d'un spectacle cinématographique de qualité exceptionnelle, et le souhait que cette impression soit partagée par d'autres cinéphiles.


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De droudrou, le 19 octobre 2008 à 20:04
Note du film : 2/6

J'avais oublié Les duellistes mais qu'en garde-t'on ? Image ! Reconstitution d'époque ! Mais par rapport à l'historique réel, est-ce que cet historique nous le resituons ? C'est là un problème ! On sait que leur "animosité" leur "rancune" leur "je ne saurai quel mot" ont constitué une pulsion importante face à leurs carrières mais est une anecdote que nous ne maîtrisons pas ! Et que peut-on dire à la fin du film que nous sachions des deux protagonistes ?

Barry Lindon est représenté par des héros de romans… Je vous passe la suite !

Et "Autant en emporte le vent" ? Des personnages fictifs qui sont devenus des légendes !

C'est ce côté inhumain, même dans le réel, que je reprocherai à Ridley Scott ! Et Sam Shepard qu'est-ce qu'il vient foutre dans cette histoire à propos de la chute du Faucon Noir ?


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