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Un jour pour les lions


De Arca1943, le 21 novembre 2010 à 15:02
Note du film : 4/6

Note : 4,5

Malgré des conditions de visionnement, disons, un peu rugueuses (il s'agit d'un VHS Zone 2 transcodé sur un DVD Zone 1) et une version écourtée (pas la moindre trace de Valeria Moriconi !), je sais enfin ce qu'il y a dans ce beau film de Résistance de Nanni Loy.

Après "l'armistice court" (8 septembre 1943) qui voit passer l'Italie d'un camp à l'autre de la Seconde Guerre mondiale, trois Romains se retrouvent à bord du même train bondé. Il y a Danilo, étudiant de bonne famille (Nino Castelnuovo), son ami Michele, un fonctionnaire timoré (Leopoldo Trieste) et Gino, un combinard aux activités pas très nettes (Tomas Milian). Au milieu de nulle part, des Allemands stoppent le train pour transborder les passagers dans des camions en route pour Dieu sait où. Mais ils sont trop peu nombreux pour contrôler la foule et un paysan moustachu (Renato Salvatori) parvient à s'enfuir, suivi par nos trois Romains, contents d'échapper aux Allemands mais ne sachant trop ce qu'ils font là.

Salvatori fait partie d'une poignée (minuscule et sous-armée) de clandestins planqués dans l'écurie désaffectée d'un village au nord de Rome. Nos trois Romains arrivent là-dedans comme des cheveux sur la soupe – soupe incidemment servie par la juvénile Carla Gravina), à qui Milian tente en vain de faire du plat. Le bouillant Saro Urzi, un sergent de l'ex-armée régulière, voudrait fusiller tout de suite les nouveaux venus car on ne sait jamais, mais ses compagnons l'en empêchent.

Le reste n'est pas bien compliqué à deviner: après une période de méfiance initiale, l'étudiant, le gratte-papier et le combinard vont s'intégrer, évidemment, à la Résistance italienne. Et re-évidemment, l'un d'eux connaîtra une mort héroïque au cours d'une audacieuse opération. Je dis évidemment, mais sans ironie. C'est-à-dire que certains clichés de base du "film de Résistance" ne sont pas là pour des prunes : ils correspondent à une certaine vérité. Dans ces circonstances hors de l'ordinaire, les lâches et les courageux ne sont pas toujours ceux qu'on attendait, ou alors ça peut être les mêmes pris à différents moments de la journée.

Tourné avec de solides moyens – c'est une production Franco Cristaldi – le film évoque au passage plusieurs situations qui sonnent vrai. Ainsi l'étudiant Danilo se fait planquer par ses parents à titre de malade dans un hôpital (dont il s'enfuit bientôt mais sans but précis). Le jeune fonctionnaire se retrouve à bord d'un train avec ses collègues du ministère, seulement pour apprendre que tous les employés célibataires sont partants pour l'Allemagne. Le fricoteur-baratineur Tomas Milian se livre à la cueillette clandestine et au trafic des patates – eh oui, on en est là.

Certains traits révèlent évidemment l'âge du film : l'agonie sous les balles y est plutôt symbolique (pas d'hémoglobine en vue), et puis les scènes d'action ne sont pas très élaborées, même si l'opération finale pour faire sauter un gros pont à structure métallique, sous une pluie battante, s'effectue dans un climat de forte tension. Malgré la version écourtée – probablement celle sortie en France à l'époque ? – il reste une belle ampleur dans le traitement. Le réalisateur Nanni Loy est habile à imprimer aux scènes de rue et de foule un mouvement convaincant et naturel, ce qui promet pour son film suivant dont je m'emparerai bien un de ces jours, La Bataille de Naples ! La distribution est du tonnerre et donne vie à des personnages solidement campés. Je remarque Romolo Valli convaincant en chef de réseau, personnage qui ressemble un peu à son docteur Villega de Il était une fois la révolution, la trahison en moins). La superbe Anna-Maria Ferrero fait une trop courte apparition en petite amie du fonctionnaire qui cherche à le convaincre de tout lâcher pour s'enfuir avec elle.

Je vous laisse sur cette tirade que le résistant Salvatori adresse à l'étudiant Danilo et au fonctionnaire Michele, dans la forêt où ils sont planqués, après avoir bu un peu trop de remontant :

« Tu as fait des études, toi. Tu as été dans les grandes écoles pendant des années; et tu as des tas d'amis, à Rome. Vous autres qui êtes instruits, vous savez parler. Alors, expliquez-moi : pourquoi nous ne sommes pas plus nombreux ici, hein !? Voyons, mais qu'est-ce qu'ils font, les gens des grandes villes ? Qu'est-ce qu'ils attendent ? J'arrive pas à comprendre, moi. Ils devraient tous être ici !! »


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Un Giorno da leoni existe déjà en VHS, alors...


De Arca1943, le 31 octobre 2010 à 18:41
Note du film : 4/6

C'est vrai, c'est vrai : je suis passé à deux doigts de mettre la main sur Marcher ou mourir (1965), de Giuseppe De Santis, dans l'édition VHS qui a été éditée en France voilà un quart de siècle. Mais au fond, puisque ce film relate l'aventure tragique des troupes italiennes envoyées à Stalingrad, il a fallu le coproduire avec l'Union Soviétique ; ce qui prouve qu'il s'agit d'un film communiste ; et moi le communisme, je suis contre ; et donc, ah comme suis soulagé de ne pas avoir réussi à mettre la main sur ce film, qui est trop rouge et bon pour des goujats.

Par contre, je tiens ici entre mes mains tremblantes l'édition VHS française de ce film de Nanni Loy, Un Giorno da leoni, avec Renato Salvatori, Tomas Milian, Carla Gravina, Anna-Maria Ferrero, Romolo Valli, Nino Castelnuovo et Valeria Moriconi. Bon, certes, je n'ai pas encore la machine-à-transformer-les-VHS-en-DVD, et je ne possède pas non plus de lecteur VHS multizones (pour le moment !). Ce qui donne à l'expression "regarder un film" un sens un tantinet plus limité qu'à l'habitude : il consiste à contempler, rêveur, le boîtier de ma précieuse VHS. Mais je l'ai ! Je le tiens ! Il est à moi ! Oui, à moi ! (Yeux tournés vers le ciel, je rabats ma cape avec un rire dément. Éclairs et tonnerre façon Hammer)

Les gens qui collectionnent quelque chose – timbres, trains électriques, bons vins ou que sais-je encore – comprendront j'en suis sûr mon état d'euphorie.


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De droudrou, le 29 juin 2008 à 17:59

Ouais ! Tout un chacun sait que l'on peut se fier à ton jugement, Arca ! Alors, on va demander une édition en DVD !


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