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Krüger Année 1962


De Impétueux, le 26 septembre 2011 à 10:16
Note du film : 2/6

La bonne question que vous posez, Frétyl, est la suivante : Pourquoi Autant-Lara devrait-il être systématiquement féroce ?

Et pour couper court sur le reste, disons que je vous rejoins sur la vraisemblance du doux caractère d'Alfred Stanke, sur l'ouverture de son cœur, sur le ruissellement de charité, de bienveillance, si l'on préfère qu'il a offert aux captifs de Bourges. C'est une très belle figure de simple, placé dans une situation complexe. (Et quand j'écris simple, il n'y a, naturellement aucun mépris de ma part ; seulement, il ne faut pas oublier que Stanke est franciscain, ni bénédictin, ni dominicain, ni jésuite : la simplicité fait partie de la règle de Saint François d'Assise, elle est donc donnée majeure de la vie de Stanke).

Quant à la fin de parcours politique (si l'on peut dire) d'Autant-Lara, je ne vois pas en quoi elle peut intéresser sur ce site ; son dernier film date de 1977, son élection au Parlement européen, de 1989. Il n'y a pas d'autre interférence que celle que j'ai dite : l'aigreur de la vieillesse est déjà inscrite dans le sarcasme de la maturité.

Et donc, revenons à votre question : Pourquoi Autant-Lara devrait-il être systématiquement féroce ?. Tout simplement parce que son talent est la férocité. Essayez de concevoir Kubrick sans puritanisme, Renoir sans humanisme, Duvivier sans pessimisme… Et voilà que ça ne fonctionne pas, que ça ne se conçoit pas ! On peut bien toujours essayer de forcer sa nature (mon exemple sur Zola), on n'est alors plus soi.

Ce que je regrette, c'est que le beau et grave sujet du Franciscain de Bourges ait précisément été traité par le cinéaste le moins à même de l'illustrer.


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De fretyl, le 25 septembre 2011 à 21:20
Note du film : 4/6

Voila qu'il est bien triste que l'on puisse s'en prendre à un film aussi sensible, aussi touchant dans son dramatisme. Si ce n'est effectivement pas le plus grand film d'Autant-Lara, il reste cependant un très bon film. Pourquoi Autant-Lara devrait-il être systématiquement féroce ? L'émotion lui va plutôt bien dans ce film qui fourmille de scènes assez fortes. Le passage ou Hardy Krüger tente de convaincre un des deux adolescents condamné à mort à se confesser, m'est vraiment apparu comme poignant.
Et puis contrairement à ce que vous dites le personnage incarné par Hardy Krüger n'a rien d'un caremel mou ; j'ai déjà rencontré des types dans ce genre là, proche de la religion, près à faire le bien en toutes circonstances. Il n'y a rien de caricatural, ni de niais dans ce genre de personnage.

Si Le Franciscain de Bourges n'est pas, c'est sûr, le meilleur film de Autant-Lara il demeure un beau film, parfois un peu porté sur la sensiblerie, c'est un fait, mais assez humain… Car on aurait tort de croire que Autant-Lara ne cachait pas au fond de lui une âme généreuse, certainement plus proche du frère Stank que ce que l'on peut imaginer, mais tout le monde sait, que la générosité, la vraie, est toujours cachée.

Et puis il est très bien que Autant-Lara ait réalisé ce film, car si dans quelques années des connards avaient la sombre idée d'accuser Autant-Lara de pétainisme ou pire de néonazisme avec Le Franciscain de Bourges ils l'ont dans l'os !


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