Lorsque l'on regarde ce film, il faut pas mal de temps pour s'apercevoir de sa tournure dramatique.
Les premières scènes racontent l'histoire d'un homme d'affaires au physique ingrat et constament repoussé par les femmes. Uchida réalise presque un documentaire sur les maisons closes au Japon et Jiro Sano semble enfin avoir enfin trouvé une femme amoureuse de lui. Au bout d'une heure de film, celui-ci prend toute sa dimension dramatique, au moment précis où Jiro Sano

"Plus d'argent, plus d'amour."

sont réputés être moins réussis que ceux de la décennie précédente. Cette opinion repose sur une généralisation un peu hâtive dont Hana no Yoshiwara hyaku-nin giri
peut constituer un utile contre-exemple. Inspiré du kabuki, ce film, l'un des plus conventionnels du réalisateur et également l'un des plus connus en Occident, a conservé une grande partie de sa théâtralité originelle. Remarquablement mis en scène et brillamment interprété, notamment par Chiezo Kataoka avec lequel Uchida
venait de tourner plusieurs films dont la trilogie Daibosatsu tôge
tirée de l'oeuvre de Kaizan Nakazato, ce drame moral et de la fatalité souffre néanmoins d'une certaine langueur qui l'empêche de rivaliser avec les autres films produits sur la base des scénarii du collaborateur de Kenji Mizoguchi
, Yoshikata Yoda.


un authentique très grand film. Une peinture plus sombre des personnages sans scrupules qui peuplent son intrigue et un supplément de souffle lyrique y auraient incontestablement contribué. Peut-être attend-on aussi une singularité plus grande, caractéristique de son cinéma, de la part de Tomu Uchida
qui, ici, paraît faire défaut. Mais, même en campant sur une position critique radicale, la splendide scène finale justifie, à elle seule, de voir le film.