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Un délicieux nanard


De Impétueux, le 5 mai 2013 à 12:57
Note du film : 4/6

Pour l'amateur d'ethnographie de ce que fut le cinéma populaire et bon enfant, Paris chante toujours est un petit trésor, ou plutôt une mine d'enseignement de ce que pouvait être notre pays au tout début des années Cinquante. C'est en ceci, également, et sans mépris aucun, que le cinéma fut l'art populaire du 20ème siècle, parce qu'il a été partagé par tous, aimé par tous, à des degrés, à des niveaux divers, au contraire de ce que devenaient la musique ou la peinture, qui s'enfermaient dans l'élitisme.

Sous un prétexte facile et cousu de fil blanc, Paris chante toujours présente à des spectateurs des images animées des grandes vedettes de la chanson qui n'étaient alors connues que par la radio et le phono ; il donne une place éminente à la télévision, encore balbutiante, censée retransmettre les prestations desdites vedettes ;il fait aussi découvrir les sites prestigieux de la Capitale à des salles provinciales où bien des gens ne monteraient jamais à Paris… Et ce qui est reposant et intéressant, quand l'intrigue principale et ses acteurs ne sont que prétexte, c'est que le regard peut vagabonder sur tout ce qu'il y a au second plan sur l'écran : les vêtements des passants, la couleur de suie qui imprégnait tous les monuments, les voitures, la circulation (imagine-t-on qu'il n'y avait pas de feux tricolores à l'intersection des guichets du Louvre et des quais ?)…

Évacuons prétexte et fil : un vieux comique au grand cœur, Clodomir (Lucien Baroux) a légué 20 millions de francs (en 51, c'est énorme) soit à son neveu Gilbert (Clément Duhour), soit à sa fille adoptive Gisèle (Madeleine Lebeau) – censés se détester de longue date – à condition que l'un d'entre eux puisse réunir, dans une journée de carapate, six autographes des dix vedettes éparpillées dans Paris. La course à la signature se fera sous la surveillance et le contrôle de l'exécuteur testamentaire, Raymond Souplex, qui joue son propre rôle. Si aucun des héritiers potentiels ne décroche le cocotier, le magot reviendra à Souplex.

Donc chausse-trapes, perfidies, artifices, ruses enfantines, courses folles pour aboutir à l’évident résultat que les deux jeunes gens, loin de se détester, s’adorent. Entretemps, dix numéros d'artistes dans un Paris de carte postale ; certains qui se survivent encore aujourd'hui : Yves Montand, place Dauphine (c'est-à-dire en bas de chez lui), Luis Mariano à la Tour Eiffel, Tino Rossi devant le Sacré-Cœur, Line Renaud à Orly, Édith Piaf à Notre-Dame. D'autres qu'on commence à oublier, Georges Ulmer à Pigalle, Les Compagnons de la chanson à la Tour Saint Jacques, Georges Guétary un peu n'importe où, Jean Sablon, gare Saint-Lazare et rue de la Paix… Un cas un peu spécial, celui d'André Dassary, que, tout gamin je connaissais pour être un ténor léger d’opérette et l'interprète du générique de Sports et musique, l'emblématique émission de radio du dimanche après-midi dirigée par Georges Briquet et dont je n'ai appris que bien plus tard qu'il était le créateur de Maréchal nous voilà !, sorte d'hymne national du régime de Vichy… Comme quoi, au contraire de ce qu'on voudrait nous faire croire, les Français n'étaient pas dupes de leurs propres attitudes sous l'Occupation.

Paris chante toujours donne l'image d'une France qui commence à retrouver de la frivolité, de la gaieté, de l'esprit, même, quelquefois… Et ça ne va pas loin, mais c'est bien agréable…


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De Impétueux, le 7 mai 2005 à 09:43
Note du film : 4/6

En tout cas, j'ai vu plusieurs exemplaires de ce délicieux nanard à la FNAC des Ternes ! Et pour une fois, l'édition René Chateau est chapitrée (plus exactement, on peut accéder directement aux numéros musicaux); je recommande hautement ce film naïf aux amateurs de ce cinéma bon enfant, ponctué de numéros d'acteurs étonnants…


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