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Critique


De dumbledore, le 7 juillet 2006 à 00:20
Note du film : 4/6

Avant qu'Ozu ne réalise un de ses chefs d'œuvres en 1959, à savoir Herbes Flottantes, le réalisateur japonais avait réalisé, un quart de siècle plus tôt une version noir et blanche et muette de cette même histoire : Histoire d'Herbes Flottantes.

L'histoire est celle de Kihachin, un directeur et comédien principal d'une troupe de théâtre itinérant. La troupe se rend dans une petite ville où Kihachin y a ses habitudes même si cela fait 4 ans qu'il n'y ait plus revenu. Il y a en fait une ancienne maîtresse et surtout un fils, Shinkichi, étudiant, qui le prend pour son oncle. Le mauvais temps comme le manque d'envie de repartir permet au père de passer du temps avec ce fils qu'il connaît trop peu. Seulement la jalousie de sa maîtresse actuelle (une comédienne) va rompre totalement l'équilibre pourtant parfait que Kihachin avait su trouvé avec son fils.

Le film est l'un des plus anciens de Ozu. Il possède à la fois des fulgurances, des scènes d'une grande modernité, des moments cinématographiquement passionnants. Mais par d'autres côtés,, le film est encore prisonnier des codes du cinéma japonais "classique" de l'époque dont Ozu ne s'est pas encore affranchi.

C'est le cas par exemple de toutes les scènes ou presque qui tournent autour du décor et des personnages de la troupe de théâtre. On y trouve essentiellement des scènes de comédies, des gags à répétition : que ce soit le comédien-enfant qui fait pipi sur lui, ou bien encore la représentation qui vire au cauchemar ou alors Kihachin qui se fait courser par les enfants du village dès qu'il sort, etc, etc…

Cette partie de l'intrigue et du film s'oppose directement avec une autre partie bien plus passionnante car elle s'intéresse, elle, surtout aux personnages et à leurs relations dans le cadre social de la famille. Il s'agit évidemment des rapports entre la maîtresse, le fils et le directeur de la troupe. Par les thèmes abordés (le père qui doit délaisser le fils pour qu'il puisse bien grandir), par même certaines scènes (celle de la pèche à la ligne dans la rivière où les gestes sont identiques), on retrouve ce que Ozu perfectionnera 8 ans plus tard avec Il était un père. Tout y est déjà présent, encore maladroit, mais bel et bien présent.

Mais le talent d'Ozu est de réussir surtout, via son travail de mise en scène mais également de direction d'acteurs, d'arriver à se défaire d'un sujet qui est finalement du ressort d'un grand mélo pour faire un film sobre, juste et émouvant.


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