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Nation unie, opposée au mal


De vincentp, le 24 février à 23:39
Note du film : Chef-d'Oeuvre


Union Pacific (1939) est réalisé par Cecil B. DeMille, pour Paramount, à la gloire de l'unité de la nation américaine, dans un contexte de guerre. L'écriture cinématographique emploie violons et transparents de l'époque, mais les qualités de l'oeuvre sont exceptionnelles, surtout sur grand écran. Le scénario (Walter DeLeon, C. Gardner Sullivan, Jesse Lasky Jr.) adapte une histoire de Ernest Haycox qui juxtapose trois sujets. La construction de la ligne de chemin de fer en 1870 par l'Union Pacific traversant les Etats-Unis d'est en ouest, traitée avec réalisme et détails, et l'emploi d'ouvriers et de trains authentiques. La relation amicale et romantique délicate nouée entre Joel McCrea, Robert Preston et Barbara Stanwyck, génératrice de tensions, d'émotion, et d'idées fortes sur la morale et le devoir. Et les relations sociales et politiques entre communautés (indiennes, européennes, américaines) traitées avec acuité et humour, impactant au plus près le spectateur.

La vision conservatrice et puritaine de DeMille porte cette oeuvre, par des symboles (croix et représentations religieuses) et sa morale mais le trait est subtil. La mise en scène du cinéaste est magistrale, la direction d'acteurs exceptionnelle, avec pour effet la multiplication de séquences marquantes. Les indiens sont présentés comme des êtres à la fois immatures, braves et féroces : leur attaque du train sur près de vingt minutes, le pillage pour un butin dérisoire, crée un spectacle débridé, à la fois brutal et hilarant. McCrea, omniprésent en tant que "médiateur" traite le joyeux désordre généré par une communauté livrée à ses pulsions (argent, sexe, violence). Le final ou se juxtaposent et se concluent les sujets évoqués précédemment, est particulièrement brillant et moderne dans son mode de réalisation. Union Pacific dure 135 minutes et passe d'une traite, sans temps mort, le spectateur est géré d'une main de maître.


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De vincentp, le 27 décembre 2012 à 23:08
Note du film : Chef-d'Oeuvre

5,7/6. L'épopée de la construction du chemin de fer dans l'ouest américain croisée avec un drame romantique. Union pacific (1939) est une des grandes réussites de réalisation de Cecil B. deMille et du studio Paramount. Ce récit est porté par un souffle épique et la volonté d'ancrer ses péripéties dans une certaine réalité historique (nombre de faits et gestes de ce récit s'approchent de faits historiquement avérés). La vie des ouvriers et la pose des rails sont évoqués de façon crédible, par moments sur un mode quasi-documentaire. Ceci étant bien sûr intégré dans un cadre romancé.

La partie dramatique du récit est parfaitement développée, les personnages semblant de chair et de sang, leurs émotions multiples et de forte amplitude nous atteignant. Nombre de séquences sont magnifiques : écrites, interprétées, photographiées (Victor Milner), réalisées, produites, avec beaucoup de talent. Voir par exemple la séquence au cours de laquelle Barbara Stanwyck sépare les deux protagonistes masculins (les excellents Joel McCrea et Robert Preston), amis mais rivaux en amour et sur un plan professionnel, après le hold-up du train. Une variété de plans est parfaitement employée en quelques instants pour créer une forte tension dramatique.

Les dix dernières minutes du récit opèrent une fusion parfaite de tous les thèmes abordés au cours de ce récit : exaltation du courage et de l'intégrité individuelle au service d'une cause collective de grande importance -la mise en place de la nation américaine sur son territoire-. Les dernières séquences mixent avec brio aspects individuels (le règlement de compte) et aspects collectifs (la cérémonie de pose de la dernière pièce de la ligne ferroviaire) via une écriture cinématographique dynamique, percutante, et encore moderne aujourd'hui.

De gros moyens (matériels, humains) ont été mis en œuvre pour réaliser ce long-métrage. Bien employés, ils permettent à Union pacific de passer l'épreuve du temps cinématographique avec succès pour faire partie aujourd'hui des classiques, comme peuvent l'être des westerns tels que La chevauchée fantastique ou Femme ou démon réalisés également en 1939. Union pacific relate une page légendaire de l'histoire des États-Unis du XIX° siècle, mais accède également à la légende du XX° siècle en tant qu'œuvre cinématographique.


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