| Cinéma | Les Forbans de la nuit Night and the City | ||
| Royaume-Uni Polar |
Réalisateur : Jules Dassin ![]() Scénaristes : Gerald Kersh (auteur) Jo Eisinger Producteur : Samuel G. Engel | Compositeur : Franz Waxman ![]() Directeur de la photographie : Mutz Greenbaum Société de production : 20th Century Fox ![]() | Acteurs : Richard Widmark (Harry Fabian)Gene Tierney (Mary Bristol)Googie Withers (Helen Nosseross)Hugh Marlowe (Adam Dunne)Francis L. Sullivan (Phil Nosseross)Herbert Lom (Kristo)Stanislaus Zbyszko (Gregorius le Grand)Mike Mazurki (l'Etrangleur)Charles Farrell (Mickey Beer)Ada Reeve (Molly, la fleuriste) Ken Richmond (Nikolas) |
avant le 21/11/2004 15/10/2009Première sortie mondiale : 1950 La fiche technique complète du film : ![]() | |||
"Tu me tues et tu te tues toi-même."

de Huston
, Night and the City
est probablement l'un des polars les plus proches du film noir. L'un de ceux, également, auxquels on peut appliquer la formule de Malraux
à propos de Faulkner
: "intrusion de la tragédie grecque dans le roman policier." Bientôt dénoncé par Edward Dmytryk
à la "Commission des activités anti-américaines", Jules Dassin
, qui vient de finir Thieves' Highway
, s'exile à Londres. C'est là, avant de partir pour la France où il réalisera Du rififi chez les hommes
(qui lui vaut la "Palme" du meilleur réalisateur à Cannes en 1955), qu'il tourne son adaptation de l'ouvrage, publié en 1938, de Gerald Kersh, poursuivant ainsi sa superbe série de polars entamée en 1947 avec Brute Force
. Difficile de ne pas voir, derrière ceux du personnage d'Harry Fabian, les espoirs et les angoisses du cinéaste lui-même. Mais, contrairement à celui-là, Dassin
est, au moins à cette époque, un "artiste qui a trouvé son art". Irwin Winkler
a produit et réalisé en 1992 un remake nettement moins excitant malgré la présence de Robert De Niro
et Jessica Lange
.

dans lequel New York tient le rôle principal, Night and the City
est, comme on l'a dit, une tragédie centrée sur le personnage de perdant sympathique et intelligent qu'est Harry Fabian. L'habileté du scénario est, après nous avoir démontré la formidable capacité de cet individu, surtout avide de reconnaissance et dénué de réelle méchanceté, à se faire des ennemis, de dévoiler progressivement la machiavélique manoeuvre dont est victime ce prétendu manipulateur. Le film, par sa remarquable scène d'ouverture, place d'emblée la narration sous le signe de la fuite (en avant) et annonce, également d'une certain manière, sa chute inexorable. Sa tonalité est résolument sombre, pessimiste sur les vertus de l'être humain, toujours prêt à la trahison, celle-là même que le réalisateur a expérimentée de manière vivace quelques mois plus tôt. Le récit est magnifié par la splendide photographie de Mutz Greenbaum, qui rappelle celle de Robert Krasker
dans les récents Odd Man Out
ou The Third Man
, et par le score percutant de Franz Waxman
, auteur, la même année, de la partition très distincte de Sunset Blvd.
Mais Night and the City
ne serait probablement pas ce chef-d'oeuvre sans la stupéfiante prestation d'un Richard Widmark
qui, s'il a conservé quelques stigmates de son premier rôle dans Kiss of Death
, a remarquablement étoffé son jeu d'acteur et donne à son personnage une richesse et une profondeur étonnantes. Soulignons, pour conclure, la très bonne qualité des comédiens dans les rôles secondaires, notamment les britanniques Francis L. Sullivan
, Herbert Lom
et Googie Withers
.