"Peace based on a lie."

peu après la publication des douze albums chez DC Comics (sept. 1986-oct. 1987), repris par Universal
puis la Paramount
, revendiqué par la Fox
, le projet a vu plusieurs réalisateurs (Terry Gilliam
, David Hayter
, Darren Aronofsky
et Paul Greengrass
) y être associés puis renoncer pour diverses raisons. "Héroïsé" par le succès de 300
produit par le studio, c'est finalement Zack Snyder
qui leur succédait. Tant sur le plan artistique que commercial*, Watchmen
, quoique plaisant, ne s'est pourtant pas vraiment montré à la hauteur des attentes suscitées.

s'est déclaré impressionné par le travail de Zack Snyder
et de son équipe, il n'est en revanche pas sûr qu'il ait réconcilié Alan Moore
, échaudé par de précédentes tentatives, avec l'idée même d'adaptation de ses ouvrages. Ou obtenu l'adhésion des fans de l'un des "cent meilleurs romans en langue anglaise depuis 1923" (selon l'hebdomadaire US "Time"). Innovante, intelligente, complexe, souvent conçue comme un véritable story-board, la bande dessinée du Britannique (dont les personnages sont en partie inspirés de ceux créés notamment par Steve Ditko
pour le défunt Charlton Comics) plaçait en effet la barre à franchir extrêmement haut. Tout comme, d'ailleurs, l'avait fait la qualité d'autres productions tirées de comic books (The Dark Knight
, Spider-Man
ou Iron Man
en particulier). Fallait-il pour autant céder devant la difficulté ? Certes non. A défaut de soulever celui des spectateurs, l'enthousiasme et la relative modestie** de Zack Snyder
plaident en sa faveur. L'ancien publiciste, qui contrairement à 300
n'a pas ici participé à l'écriture du scénario, pêche peut-être par son souci de fidélité à l'œuvre originale, se retrouvant en particulier piégé par la structure singulière et la profondeur narrative de celle-ci. Regardé sans référence ni a priori, Watchmen
reste néanmoins une uchronie eschatologique intéressante et divertissante, solidement défendue par une jolie brigade d'acteurs (judicieusement) peu connus.
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*sur la base d'un budget d'environ 130M$, les recettes ont été légèrement supérieures à 185M$ dont seulement 42% à l'étranger. Le film figure à la dix-huitième place du box-office US 2009, très loin de Transformers: Revenge of the Fallen
, derrière X-Men Origins: Wolverine
, G.I. Joe: The Rise of Cobra
, Terminator Salvation
et précédé par... G-Force
!
**"et si, au final, Watchmen
est considéré comme une bande-annonce de 2h30 pour le livre, ce sera ma plus belle récompense." (Z. Snyder).