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Critique Films

CinémaKokoro
Japon
Drame
Réalisateur :
Kon Ichikawa

Scénaristes :
Soseki Natsume (auteur)
Keiji Hasebe
Katsuhito Inomata

Producteur :
Masayuki Takagi

Compositeurs :
Yasushi Akutagawa
Masao Oki

Directeurs de la photographie :
Kumenobu Fujioka
Takeo Ito

Société de production :
Nikkatsu

Acteurs :
Masayuki Mori (le prof. Nobuchi)
Michiyo Aratama (sa femme Shizu)
Tatsuya Mihashi (Kaji)
Shôji Yasui (Hioki)
Tanie Kitabayashi (la mère de Hioki)
Akiko Tamura (la veuve)
Mutsuhiko Tsurumaru (le père de Hioki)
Tsutomu Shimomoto (le frère aîné de Hioki)
Masami Shimojô (Broker)
Akira Hisamatsu (le moine)
Tomoko Naraoka (Kume)
Zenji Yamada (l'oncle de Nobuchi)

...

20/05/2009
17/08/2009
Première sortie mondiale : 1955
La fiche technique complète du film :  La fiche technique complète sur IMDb

De AlHolg, le 16 août
Note du film : 5/6

"La pensée est sans valeur si elle n'est pas liée au passé."

Note ajustée : 5,5/6

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Bien qu'il ait débuté sa carrière au milieu des années 1940*, Kon Ichikawa est surtout (re)connu pour ses réalisations des décennies suivantes. Lorsqu'il adapte en 1954 le roman publié quarante ans plus tôt par Soseki Natsume, l'un des plus fameux auteurs de l'ère Meiji, Ichikawa possède déjà près de trente films à son actif, pour la plupart des comédies ou des mélodrames vaudevillesques produits par la Toho ou la Shin-Toho. Première direction au sein d'une Nikkatsu renaissante (éclectique et dissidente) pour le cinéaste, Kokoro lui offre l'opportunité de changer de registre. Ce drame subtil, proche de ceux signés par ses aînés Kenji Mizoguchi et Yasujiro Ozu, assume d'ailleurs parfaitement son statut d'œuvre classique... au meilleur sens du terme.
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Tokyo, avril 1912. Sur le point de se recueillir comme tous les mois sur la tombe de son ami Kaji, le professeur Nobuchi rompt avec son habitude en proposant en vain à son épouse Shizu de l'accompagner. Mariés depuis treize ans, tous deux semblent avoir renoncé au bonheur ; Shizu reprochant même à son mari de chercher à l'éviter. Dans le cimetière, Nobuchi est rejoint par Hioki, un étudiant venu lui emprunter des ouvrages pour la rédaction de sa thèse. Ayant progressivement gagné la confiance du couple, ce dernier cherche alors à comprendre la raison de la morosité et de la solitude de Nobuchi.
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Situé au crépuscule final de l'ère Meiji, Kokoro est une tragédie fataliste, mélancolique sur laquelle plane sans cesse la mort, la trahison et la culpabilité. Une complexité interactive d'emblée suggérée par celle du titre du roman** et de son adaptation qui conserve à peu près la structure originelle en trois actes. La mise en scène de Kon Ichikawa, intelligente et délicate, sait à la fois rester fidèle au texte et s'en affranchir sur le plan formel pour apporter au récit une ampleur spécifique. Acteur de Kurosawa, de Mizoguchi et de Naruse notamment, Masayuki Mori réussit avec éloquente sobriété à traduire la muette détresse du personnage principal aux côtés des convaincants quoique presque débutants Michiyo Aratama (Ningen no jôken) et Shôji Yasui ainsi que de l'énigmatique Tatsuya Mihashi.

___
*si l'on excepte le court métrage d'animation Kachikachi yama sorti en 1934.
**qui peut être traduit par coeur mais aussi par centre, essence ou encore sentiment.


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CinémaBiruma no tategoto
Japon
Drame
Réalisateur :
Kon Ichikawa

Scénaristes :
Michio Takeyama (auteur)
Natto Wada

Producteur :
Masayuki Takaki

Compositeur :
Akira Ifukube

Directeur de la photographie :
Minoru Yokoyama

Société de production :
Nikkatsu

Acteurs :
Rentaro Mikuni (le capitaine Inouye)
Shôji Yasui (Mizushima)
Jun Hamamura (Ito)
Taketoshi Naitô (Kobayashi)
Shunji Kasuga (Maki)
Kô Nishimura (Baba)
Keishichi Nakahara (Takagi)
Toshiaki Ito (Hashimoto)
Hiroshi Tsuchikata (Okada)
Tomio Aoki (Oyama)
Nobuteru Hanamura (Nakamura)
Sanpei Mine (Abe)

...

11/07/2007
19/08/2009
Sortie en salles en France : 26 avril 1957
Première sortie mondiale : 1956
La fiche technique complète du film :  La fiche technique complète sur IMDb

De AlHolg, le 17 août
Note du film : 4/6

"Portés par le vent, deux ou trois accords à la harpe feraient-ils d'un mort un vivant ?"

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Présenté en compétition à la Mostra de Venise (où le Rashômon de Kurosawa avait été le premier film japonais à s'imposer cinq ans plus tôt) en 1956*, Biruma no tategoto permet à Kon Ichikawa d'acquérir une audience internationale, en particulier européenne. Pourtant ce drame aux accents quasi métaphysiques, adapté du roman publié en 1948 à l'origine de la célébrité de l'écrivain germaniste** Michio Takeyama, n'est pas le plus aisément accessible pour un esprit occidental. En revanche, sa dimension universaliste (paradoxe ?) plaide en sa faveur, expliquant peut-être sa sélection, aux côtés de La Strada, aux Academy Awards 1957.
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Birmanie, juillet 1945. Une section de l'armée japonaise en déroute fuit à travers les montagnes pour essayer d'atteindre la Thaïlande voisine. Pendant les haltes, le lieutenant, jeune diplômé du conservatoire, encourage régulièrement ses hommes à chanter en chœur, accompagnés à la harpe par le talentueux et autodidacte caporal Yasuhiko Mizushima. Lors de l'une d'entre elles dans un village indigène, la section est bientôt rejointe par des soldats britanniques qui leur apprennent la capitulation nippone et la fin de la guerre. Prisonnier avec ses hommes de l'ancien adversaire, le lieutenant confie à Mizushima la mission de tenter de convaincre des résistants japonais, assiégés au sommet du mont du Triangle, de se rendre et d'éviter ainsi des morts inutiles. Le caporal échoue et demeure le seul rescapé, grâce aux soins d'un bonze, du massif bombardement consécutif.
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Même s'il a incité son épouse Natto Wada à retirer de l'adaptation la "tonalité" fantastique de l'œuvre littéraire, Kon Ichikawa n'y est pas totalement parvenu. A croire qu'elle était trop étroitement imbriquée (entrelacée) à ces douloureux souvenirs d'un héroïsme singulier, en partie narrés en voix off. De même que la vie et la mort sont indissociables, ce récit apparemment réaliste (pacifiste, humaniste, fraternel, nostalgique...) ne prend de sens que grâce à l'évidente, persistante et parfois étrange onde spirituelle qui le parcourt. Lumineux dans son principe comme dans ses intentions, Biruma no tategoto apparaît néanmoins un peu plus elliptique dans son traitement, notamment la continuité de la narration. Assez dissemblable de Nobi, autre drame militaire réalisé un peu plus tard par Kon Ichikawa pour la Daiei, il bénéficie de la présence du solide Rentarô Mikuni et de Shôji Yasui dans son second film sous la direction du réalisateur. Celui-ci tournera une nouvelle adaptation, en couleur, du roman avec Kiichi Nakai et Kôji Ishizaka dans les principaux rôles.

___
*une édition sans "Lion d'or". Le festival vénitien avait également contribué à la notoriété mondiale de Kenji Mizoguchi puis d'Hiroshi Inagaki.
**mais toutefois très critique à l'égard de l'Allemagne nazie, de l'Axe et plus généralement du totalitarisme.


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CinémaTaiheiyo hitori-botchi
Japon
Aventure
Réalisateur :
Kon Ichikawa

Scénaristes :
Kenichi Horie (auteur)
Natto Wada

Producteur :
Akira Nakai

Compositeurs :
Yasushi Akutagawa
Tôru Takemitsu

Directeur de la photographie :
Yoshihiro Yamazaki

Société de production :
Nikkatsu

Acteurs :
Yûjirô Ishihara (le jeune homme)
Masayuki Mori (le père)
Kinuyo Tanaka (la mère)
Ruriko Asaoka (Hanako, la sœur)
Hajime Hana (l'ami)
Gannosuke Ashiya (le charpentier)
Kojiro Kusanagi
Shirô Osaka (le contremaitre)

20/05/2009
20/08/2009
Première sortie mondiale : 1963
La fiche technique complète du film :  La fiche technique complète sur IMDb

De AlHolg, le 17 août
Note du film : 3/6

"Tu es libre de ne croire qu'en toi."

Note ajustée : 3,5/6

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Les exploits des pionniers de la navigation maritime ont relativement peu inspiré les producteurs et scénaristes. Aucun film ne relate, par exemple, ceux du Canadien Joshua Slocum (auteur du premier tour du monde à la voile en solitaire), de l'Argentin Vito Dumas, du Britannique Francis Chichester (vainqueur de la première édition de la STAR)*. Un an à peine après l'improbable périple transpacifique du jeune Kenichi Horie**, la Nikkatsu confiait pourtant le soin à Kon Ichikawa d'en illustrer le récit. Candidat au dernier "Samuel Goldwyn Award" attribué par les Golden Globes (1964), Taiheiyo hitori-botchi était un mois plus tard le troisième et dernier film du réalisateur en lice pour une "Palme d'or" cannoise.
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Port de Nishinomiya, le 12 mai 1962. Kenchan embarque de nuit à bord de son sloop de moins de six mètres. La concrétisation d'un rêve poursuivi depuis cinq années par ce jeune homme de vingt-trois ans ayant délaissé ses études pour préparer et financer cette traversée à la voile du Pacifique Nord. Après avoir difficilement réuni un budget insuffisant, dirigé la construction de l'embarcation, s'être opposé à l'hostilité de son père et résisté au souhait de sa mère de le voir renoncer, Kenchan doit à présent affronter les rigueurs de l'océan. Il doit aussi pallier les erreurs de conception ou d'avitaillement du voilier, ainsi que surmonter ses propres faiblesses, celles causées par la fatigue et la solitude.
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Deux ans avant les jeux Olympiques d'été de Tokyo, manifestation de la puissance (économique) retrouvée et d'une certaine ouverture du Japon, le pays n'autorisait pas encore ses ressortissants à en sortir aisément. Au-delà de l'insensée aventure humaine, racontée parfois avec légèreté sous la forme d'un drame personnel par Kon Ichikawa, Taiheiyo hitori-botchi évoque presque sans le vouloir, explicitement ou de manière davantage métaphorique, la mutation alors en cours au sein de la société nippone. Désir de liberté (affranchissement vis-à-vis de l'autorité, administrative ou parentale), privilège de l'individu face à la collectivité mais également folie inéluctable générée par l'isolement et par l'enfermement. Ces thèmes se trouvent en effet noyés par une approche trop anecdotique et rétrospective, perdant ainsi l'essentiel de leur force. Moins intéressant que l'expérience anthropo-documentaire du Kon-Tiki, Taiheiyo hitori-botchi n'en demeure pas moins plaisant, y compris pour les néophytes en matière de nautisme.

___
*ni même des récents recordmen successifs de la traversée San Francisco-Yokohama en équipage, Olivier de Kersauson et Lionel Lemonchois.
**qui a donné plusieurs suites à cette première expédition, leur donnant progressivement une vocation plus novatrice et, fort heureusement,... écologique !


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Critique DVD

Jaquette du DVD Coffret Kon Ichikawa 3 DVD : Le Pauvre cœur des hommes / La Harpe de Birmanie / Seul sur l'océan Pacifique
Zone 2, France
Editeur : Carlotta Films
Sortie : 19 août

Format vidéo : 4/3
Audio : Japonais (DD 2.0 Mono)
Sous-titres : Français
Suppléments :

  • Bande-annonce
  • Préfaces
  • Analyse

"Seul sur l'océan pacifique" au format 16/9

Note technique : 5/6

Image & son : une édition dans l'ensemble assez satisfaisante, légèrement moins convaincante que celle sortie en zone 1 (Eureka en février 2009) pour le premier film à la restauration perfectible, mais très comparable au Criterion de mars 2007 et à l'autre Eureka pour les suivants.

Bonus :

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Préface : (16/9 - 12'12) de l'universitaire et critique de cinéma Diane Arnaud.
L'histoire d'un soldat : (4/3 - 23'31) analyse biographique et culturelle, lue en voix off, du maître de conf. Claire Akiko-Brisset.
Bande-annonce : (4/3 - v.o.s.t.)

DVD 2 :
Préface : (16/9 - 12'51) de D. Arnaud.

DVD 3 :
Préface : (16/9 - 12'23) de D. Arnaud.
Bande-annonce : (16/9 - v.o.s.t.)

AlHolg

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