"You know what epic means?"
Note ajustée : 4,5/6

et ce deuxième film de Tarsem Singh
, transposition sémantique du drame bulgare Yo ho ho
. Formé aux Etats-Unis, le cinéaste indien, réalisateur de nombreux clips et spots publicitaires, possède indéniablement ce goût de la liberté et de l'exubérance formelles qui, dans un autre contexte, font la joie des amateurs de productions bollywoodiennes. Il le démontre à nouveau avec The Fall
, sorte mise en abyme fabuleuse offrant un authentique "dépaysement fictionnel". Présenté initialement à Toronto en septembre 2006, le film est choisi pour succéder à Requiem
au palmarès du meilleur film du festival catalan de Sitges avant de connaître une diffusion, certes sélective, mais soutenue par Spike Jonze
et David Fincher
.


. "Raconte-moi une histoire extraordinaire" semble, de manière symétrique, devenir l'unique et tragique obsession de l'imaginative jeune orpheline de The Fall
. Tout à la fois pour s'évader et donner un sens nouveau à son environnement confiné et à ses acteurs. Le film de Tarsem Singh
est surtout un beau récit d'amour(s) et de sauvetage, sorte de métaphore rêvée de l'existence. C'est d'ailleurs en cela qu'il se rapproche et se démarque de The Adventures of Baron Munchausen
, de MirrorMask
ou du remarquable El Laberinto del fauno
. Le choix des décors naturels (vingt-six sites répartis dans dix-huit pays !), la direction artistique et la photographie (dès le générique) sont simplement hallucinants, frisant un peu la démonstration. La sobre et juste interprétation de Lee Pace
se trouve néanmoins bémolisée par le jeu de la débutante Catinca Untaru
, impressionnante de naturel, d'aisance et de charme. The Fall
est enfin aussi un hommage aux pionniers du Septième art.