"Mon Dieu, quels sont mes ennemis ?"

et Auguste Maquet
, publié dans le "Le Journal des débats" à partir d'août 1844, appartient en bonne place au patrimoine de la littérature française au même titre que le plus tardif et également très populaire "Les Misérables" de Victor Hugo
, autre récit d'une vengeance situé aussi pendant l'épisode de la Monarchie de Juillet. A la fois réaliste (car inspiré par une histoire authentique du début du XIXe siècle, celle du Nîmois monté à Paris François Picaud) et puissamment romanesque, "Le Comte de Monte-Cristo" possède en effet une richesse narrative et dramatique qui explique son éclatant et durable succès auprès du public et des cinéastes. Après la série en quinze épisodes d'Henri Pouctal
avec le Nordiste Léon Mathot
(L'Auberge rouge), c'était au tour du Biterrois Henri Fescourt
(2) de proposer sa version co-signée (et assisté) par le dramaturge Armand Salacrou
avec Jean Angelo
en Edmond Dantès


d'Abel Gance
, Henri Fescourt
concluait sa période muette avec l'une des dernières productions ambitieuses de ce type. Longtemps considéré comme perdu, Monte Cristo
est assurément une remarquable oeuvre (-fleuve, trois heure quarante-cinq) adaptée qui replace le réalisateur parmi les plus talentueux cinéastes internationaux(3) de son époque. Conduite avec adresse et un luxe de moyens(4), la mise en scène apparaît certes stylisée mais toujours pertinente, réussissant en particulier le tour de force de traduire sans défaillance la complexe narration du roman et de ne pas affaiblir l'intérêt et l'attention du spectateur tout au "long" du métrage. La "caractérisation" expressionniste des personnages et l'interprétation des acteurs sont également brillantes, celle de Jean Angelo
se montrant néanmoins un peu en retrait comparée à celle du comte de Vandeuvres dans Nana
. Enfin, le récent accompagnement musical de Marc-Olivier Dupin
(5) s'accorde parfaitement aux séquences illustrées sans être envahissant.
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1. dès 1908 avec un court métrage étasunien dans lequel Hobart Bosworth
(The Big Parade
) tenait le rôle-titre, lequel le reprendra d'ailleurs quatre ans plus tard pour l'Ecossais Colin Campbell. Puis notamment par Rowland V. Lee
, Kevin Reynolds
et pour la télévision par Denys de La Patellière
ou Josée Dayan
avec respectivement Jacques Weber
et Gérard Depardieu
. Sans compter bien sûr les nombreux scénarii infusés par le livre sans le mentionner.
2. co-scénariste et réalisateur d'une adaptation en deux parties des Misérables
(1925).
3. les Max Linder
, Carl Theodor Dreyer
, Fritz Lang
, Frank Borzage
, William Dieterle
, Jean Renoir
, Sergueï Eisenstein
, René Clair
...
4. manifeste par exemple avec la multitude des points de vue pendant la scène à l'opéra au début de la seconde partie du film.
5. ancien directeur du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris, directeur général de l'Orchestre National d'Ile de France récemment nommé à la tête de "France Musique".