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Critique Films

CinémaImitation of Life
Etats-Unis
Drame
Réalisateur et producteur :
John M. Stahl

Scénaristes :
Fannie Hurst (auteur)
William Hurlbut
Finley Peter Dunne (contrib. non créditée)
Walter Ferris (contrib. non créditée)
Bianca Gilchirst (contrib. non créditée)
Victor Heerman (contrib. non créditée)
Sarah Y. Mason (contrib. non créditée)
Samuel Ornitz (contrib. non créditée)
Arthur Richman (contrib. non créditée)
Preston Sturges (contrib. non créditée)

Producteur :
Carl Laemmle Jr. (exécutif)

Compositeur :
Heinz Roemheld (non crédité)

Directeur de la photographie :
Merritt B. Gerstad

Société de production :
Universal Pictures

Acteurs :
Claudette Colbert (Beatrice 'Bea' Pullman)
Warren William (Stephen 'Steve' Archer)
Rochelle Hudson (Jessie Pullman à 18 ans)
Ned Sparks (Elmer Smith)
Louise Beavers (Delilah Johnson)
Fredi Washington (Peola Johnson à 19 ans)
Juanita Quigley (Baby Jessie Pullman à 3 ans)
Alan Hale (Martin)
Henry Armetta (le peintre)
Wyndham Standing (Jarvis)
Sebie Hendricks (Peola Johnson à 4 ans/non créditée)
Marilyn Knowlden (Jessie Pullman à 8 ans/non créditée)

14/06/2005
30/12/2007
Première sortie mondiale : 1934
La fiche technique complète du film :  La fiche technique complète sur IMDb

De AlHolg, le 10 décembre 2007
Note du film : 5/6

"Once a pancake, always a pancake!"

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Les œuvres de l'écrivain féministe Fannie Hurst ont nourrit le cinéma étasunien dès la fin des années 1910. En 1922, Hobart Henley portait Stardust à l'écran. Dix ans et autant d'adaptations plus tard, John M. Stahl réalisait, à deux ans d'intervalle pour Universal, Back Street (avec Irene Dunne en vedette) et Imitation of Life. Le roman publié en 1933, dont le film élimine la première partie, associait deux problématiques importantes et délicates à l'époque : l'émancipation des femmes par le travail* et la discrimination raciale. Le scénario, crédité à William Hurlbut mais auquel ont collaboré Preston Sturges et le récent "oscarisé" Victor Heerman, les repousse un peu en arrière-plan au profit de la relation entre Bea et Delilah d'une part et 'Steve' Archer d'autre part. Nommé dans trois catégories, dont celle du meilleur film aux Academy Awards 1935, Imitation of Life est entré au National Film Registry en 2005.
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Veuve et mère d'une toute jeune Jessie, Bea Pullman doit confier celle-ci à une garderie pour aller vendre ses pots de sirop d'érable, activité exercée par son défunt époux, aux commerçants de sa ville côtière. Un matin, une brave femme de couleur se présente par erreur à sa porte. Delilah Johnson, à la recherche d'un emploi, propose spontanément ses services et convainc l'aimable Bea, qui a il est vrai quelques difficultés à gérer la situation, de l'engager et l'héberger avec sa fille Peola. Lorsqu'un jour, après avoir goûté les délicieux pancakes de son employée, elle passe devant un local à louer sur la promenade de front de mer, Bea a l'idée d'ouvrir un restaurant de crêpes et parvient à finaliser et à rentabiliser son projet malgré la faiblesse de ses ressources financières initiales. Elle embauche également Elmer Smith, un amateur fauché de pancakes, qui lui suggère d'industrialiser la commercialisation de la farine dont la recette secrète a fait le succès de son entreprise. Grâce à ce précieux conseil, Bea et Delilah font rapidement fortune. Mais cette dernière est confrontée de manière répétée au mal-être de la blanche Peola, refusant les effets de sa négritude cachée.
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Très différent à la fois dans l'esprit et, évidemment, dans la forme du remake qu'en fera Douglas Sirk, Imitation of Life est, quoique consensuel (i.e. politiquement correct), une production intelligente, équilibrée et globalement efficace. Malgré la sévère concurrence que constituait It Happened One Night, couronné par les cinq "Oscars" majeurs, dans lequel Claudette Colbert tenait également le rôle principal, le film de John M. Stahl fut un succès populaire et le méritait bien. La mise en scène est assez classique mais l'on apprécie la sobriété et la distance avec lesquelles sont traités les différents drames qui se nouent dans cette histoire. Le jeu de Claudette Colbert est, comme toujours, empreint d'une grande délicatesse et sincérité. Warren William, son partenaire dans Cleopatra sorti la même année, fait montre d'une distinction qui sied parfaitement à son personnage d'ichtyologue aisé et oisif. Mention spéciale au remarquable Ned Sparks, qui partage l'affiche de ce dernier dans Lady for a Day, pour l'humour de son tempérament (et l'inverse !), à l'académique mais sympathique Louise Beavers et à sa cadette d'un an (seulement) Fredi Washington, militante afro-étasunienne, dont le rôle manque, hélas, d'étoffe.

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*le dix-neuvième amendement de la constitution leur avait donné le droit de vote en 1920.


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CinémaMagnificent Obsession
Etats-Unis
Drame
Réalisateur et producteur :
John M. Stahl

Scénaristes :
Lloyd C. Douglas (auteur)
Sarah Y. Mason
Victor Heerman
George O'Neil

Compositeur :
Franz Waxman

Directeur de la photographie :
John J. Mescall

Société de production :
Universal Pictures

Acteurs :
Irene Dunne (Helen Hudson)
Robert Taylor (le dr Robert Merrick)
Charles Butterworth (Tommy Masterson)
Betty Furness (Joyce Hudson)
Sara Haden (Nancy Ashford)
Ralph Morgan (Randolph)
Henry Armetta (Tony)
Gilbert Emery (le dr Ramsay)
Arthur Treacher (Horace)
Beryl Mercer (Mrs. Eden)
Alyce Ardell (la servante française)
Theodore von Eltz (le dr Preston)

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07/08/2006
15/11/2007
Première sortie mondiale : 1935
La fiche technique complète du film :  La fiche technique complète sur IMDb

De AlHolg, le 6 novembre 2007
Note du film : 4/6

"Contact. What do you mean by contact?"

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Dans la seconde moitié des années 1930, les récentes productions de Lloyd C. Douglas se trouvaient en odeur de sainteté auprès des studios hollywoodiens. Avant les films de Frank Borzage et Edmund Goulding pour la Warner ou la Paramount, John M. Stahl, l'un des trente-six fondateurs de l'Academy of Motion Picture Arts and Sciences et collaborateur de Louis Burt Mayer, porte à l'écran l'ouvrage Magnificent Obsession de l'ecclésiastique auteur. Loin d'être anecdotique, cette première version se démarque des suivantes par plusieurs aspects et permet notamment d'apprécier la jolie prestation d'Irene Dunne, future vedette, aux côtés de Cary Grant, de la comédie romantique de Leo McCarey, The Awful Truth.
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Helen Hudson est allé chercher sa belle-fille Joyce à sa descente du paquebot et les deux nouvelles parentes se retrouvent avec une joie expressive. Mais lorsqu'elles arrivent à l'hôpital dirigé par le réputé docteur Wayne Hudson, le mari de la première et le père de la seconde, elles apprennent avec effroi le brutal décès de ce dernier. Le respirateur qui aurait peut-être pu le sauver était à ce moment là utilisé de l'autre côté du lac pour ranimer Bobby Merrick tombé à l'eau par imprudence après une nuit très alcoolisée. Dès cet instant, Helen voue une animosité sans borne à l'égard de ce jeune homme désoeuvré et gâté par son très riche grand-père. Echappé de l'hôpital, Merrick tente de prêter assistance à la jeune veuve en panne d'automobile avant de découvrir mutuellement leur identité. Un soir qu'il a soustrait Tommy Masterson, un passager du bateau sur lequel voyageait Joyce, à l'invitation à dîner des Hudson, Merrick un peu ivre rencontre accidentellement Randolph, un ami du dr Wayne Hudson, chez lequel il passe la nuit. Le lendemain matin, le sculpteur confesse à son visiteur inattendu ce qu'il doit au défunt, généreux donateur anonyme, et la théorie philosophique qu'il voulait propager.
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L'adaptation signée par Sarah Y. Mason et Victor Heerman, oscarisés ensemble l'année précédente pour Little Women, se montre plus fidèle au roman originel que celle de Wells Root et Robert Blees pour Douglas Sirk, en particulier dans sa dimension mystique. Moins mélodramatique, Magnificent Obsession s'autorise également quelques inflexions vers la comédie, grâce à la présence de Charles Butterworth, plaisant second rôle du Love Me Tonight de Rouben Mamoulian avec Maurice Chevalier. Le film offre l'occasion au jeune Robert Taylor, encore au début de sa carrière, de mettre en évidence la diversité de son talent. Nul doute que l'ex-étudiant en médecine et fils d'un docteur ayant choisi sa vocation pour soigner son épouse ait trouvé une motivation sensible à incarner le personnage de Bobby Merrick.

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*réalisateur en 1934 de Imitation of Life, ouvrage de Fannie Hurst adapté vingt-cinq ans plus tard, toujours pour Universal, par Sirk.


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CinémaMagnificent Obsession
Etats-Unis
Drame
Réalisateur :
Douglas Sirk

Scénaristes :
Lloyd C. Douglas (auteur)
Robert Blees
Wells Root (adaptation)
Finley Peter Dunne (non crédité)
Victor Heerman (préc. script)
Sarah Y. Mason (préc. script)

Producteur :
Ross Hunter

Compositeur :
Frank Skinner

Directeur de la photographie :
Russell Metty

Société de production :
Universal International Pictures

Acteurs :
Jane Wyman (Helen Phillips)
Rock Hudson (le dr Bob Merrick)
Barbara Rush (Joyce Phillips)
Agnes Moorehead (Nancy Ashford)
Otto Kruger (Edward Randolph)
Gregg Palmer (Tom Masterson)
Sara Shane (Valerie)
Paul Cavanagh (le dr Henry Giraud)
Judy Nugent (Judy)
Richard H. Cutting (le dr Derwin Dodge)
Robert Williams (le sergent de police Burnham)
Will J. White (le sergent de police Bill Ames)

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avant le 21/11/2004
15/11/2007
Première sortie mondiale : 1954
La fiche technique complète du film :  La fiche technique complète sur IMDb

De AlHolg, le 4 novembre 2007
Note du film : 5/6

"Demain... Demain."

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Deuxième adaptation* du premier roman de Lloyd Cassel Douglas publié en 1929, Magnificent Obsession est avant tout un superbe mélodrame, magnifié par le talent d'un expert, Douglas Sirk. Pour donner une résonance morale à son histoire sentimentale, l'auteur et pasteur luthérien s'est ouvertement inspiré du sixième chapitre de l'évangile selon Mathieu**. Mais ce n'est pas tant la dimension spirituelle sous-jacente que cet incroyable télescopage de deux destinées qui contribue à donner sa force au livre et au scénario du film. Un indéniable atout auquel il faut ajouter les interprétations de Jane Wyman, sélectionnée pour la quatrième et dernière fois aux "Oscars", et de Rock Hudson, dans son premier grand rôle et la troisième de ses huit collaborations avec le réalisateur.
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Sur le lac de Brightwood qu'il traverse à très haute vitesse avec son in-bord "Hurricane IV", Robert 'Bob' Merrick est victime d'un accident. Pour le ranimer, les secours ont emprunté l'appareil respiratoire appartenant au docteur Wayne Philipps, le patron de la clinique locale, sujet à de fréquents troubles cardiaques. Une attaque terrasse celui-ci au même moment et il décède peu après. La jeune veuve Philipps, sa belle-fille Joyce et son entourage reprochent au riche et oisif héritier, ancien étudiant en médecine, de la fortune de son père d'être indirectement responsable de la mort du généreux et apprécié praticien. Les différentes tentatives de Merrick pour se racheter aux yeux de Mrs. Philipps restent vaines. En rentrant d'une soirée trop arrosée, Merrick perd le contrôle de son véhicule et doit demander l'hospitalité à Edward Randolph qu'il a croisé dans le bureau d'Helen Philipps. Au petit-déjeuner, le peintre lui confie la magnifique obsession qui dirigeait l'existence de son défunt ami Wayne Philipps et dont il est devenu également l'adepte.
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Magnifique en effet, cette obsession humaniste à l'origine de l'émergence du côté positif de Bob Merrick. Les multiples rebondissements de cet émouvant drame en quatre actes ne nuisent en rien à la fluidité narrative du film. Et la finesse stylistique de Douglas Sirk parvient, avec bonheur, à atténuer sensiblement le message catéchistique et l'évident artifice du roman dont il est tiré. Dans la lignée des deux versions de The Dark Angel, Magnificent Obsession constitue d'ailleurs, sans nul doute, une des oeuvres majeures du réalisateur né en Allemagne. Le choix de Jane Wyman pour le rôle d'Helen Philipps est particulièrement judicieux. La vedette de Johnny Belinda et de The Lost Weekend apporta un soutien important à son jeune partenaire Rock Hudson, probablement plus à l'aise dans le western qu'il venait de tourner avec Sirk, et qu'elle retrouvera l'année suivante pour All That Heaven Allows.

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*après celle de John M. Stahl sortie en 1935 avec Irene Dunne et Robert Taylor dans les rôles principaux.
**"Gardez-vous de pratiquer votre justice aux regards des hommes pour être vus d'eux ; autrement, vous n'avez pas de récompense auprès de votre Père qui est dans les cieux... Afin que ton aumône soit dans le secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra."


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CinémaAll That Heaven Allows
Etats-Unis
Drame
Réalisateur :
Douglas Sirk

Scénaristes :
Peg Fenwick
Edna L. Lee
Harry Lee

Producteur :
Ross Hunter

Compositeur :
Frank Skinner

Directeur de la photographie :
Russell Metty

Société de production :
Universal Pictures

Acteurs :
Jane Wyman (Cary Scott)
Rock Hudson (Ron Kirby)
Agnes Moorehead (Sara Warren)
Conrad Nagel (Harvey)
Virginia Grey (Alida Anderson)
Gloria Talbott (Kay Scott)
William Reynolds (Ned Scott)
Charles Drake (Mick Anderson)
Hayden Rorke (le dr Hennessy)
Jacqueline deWit (Mona Plash)
Leigh Snowden (Jo-Ann)
Donald Curtis (Howard Hoffer)

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avant le 21/11/2004
23/06/2009
Sortie en salles en France : 1er juillet 2009
Première sortie mondiale : 1955
La fiche technique complète du film :  La fiche technique complète sur IMDb

De AlHolg, le 6 novembre 2007
Note du film : 6/6

"Sois fidèle à toi-même."

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Fort du considérable succès rencontré par Magnificent Obsession, Universal décide rapidement de lancer une nouvelle production avec la même équipe. Douglas Sirk, qui a signé entre-temps pour le studio deux films d'aventure dont l'un avec Rock Hudson, réalise donc All That Heaven Allows à partir d'un simple mais adroit scénario original, avec une implication personnelle probablement plus prononcée que pour le précédent film. Accueilli plutôt froidement par la critique à sa sortie, ce nouveau drame sentimental est depuis devenu un classique, voire un modèle du genre, justifiant son entrée au National Film Registry en 1995, l'année de la sélection de Cabaret entre autres.
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Cary Scott, une veuve encore attirante résidant dans la petite ville de Stoningham, n'exclut pas de se remarier. Ses enfants Ned et Kay, étudiants à l'université, ou son amie Sara Warren la verraient bien s'unir en secondes noces avec le quinquagénaire aisé Harvey qu'ils connaissent depuis longtemps et avec lequel elle sort parfois. Cary est cependant touchée par la simplicité et la douceur de Ron Kirby, le jeune et séduisant arboriculteur qui s'occupe une fois l'an de son jardin et l'a convié à visiter sa serre. Elle refuse même l'invitation à dîner de Sara pour accompagner celui qu'elle n'avait pas revu depuis de longues semaines chez ses amis, Mick et Alida Anderson. Mais, bien que très amoureuse, Cary redoute les probables conséquences que va susciter auprès de son entourage sa liaison naissante avec Ron.
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Les ressorts narratifs de All That Heaven Allows sont évidemment très différents de ceux qui animent Magnificent Obsession. La critique sociale pèse d'un poids au moins équivalent dans le scénario à celui de l'histoire d'amour sur laquelle il semble de prime abord fondé. L'ouverture du film, une vue plongeante à partir du temple de la petite localité de la Nouvelle-Angleterre qui lui sert de décor, en dit déjà long sur la progressive révélation du conformisme et de l'étroitesse d'esprit de la classe moyenne à laquelle appartient Cary Scott. Au delà des oppositions d'âge, de statut et de fortune, le script joue également sur le contraste fondamental entre mondanité urbaine et un certain naturisme philosophique. La finesse de mise en scène et les fameuses qualités de coloriste de Douglas Sirk ainsi que le casting, premiers et seconds rôles, font ici merveille. Si All That Heaven Allows n'avait pas été un récit (vu à travers un regard) de femme, on aurait toutefois apprécié une ironie plus mordante. Une radicalisation qu'opérera Rainer Werner Fassbinder près de vingt ans plus tard en s'inspirant du film pour son Angst essen Seele auf.


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CinémaA Time to Love and a Time to Die
Etats-Unis
Drame
Réalisateur :
Douglas Sirk

Scénaristes :
Erich Maria Remarque (auteur)
Orin Jannings

Producteur :
Robert Arthur

Compositeur :
Miklos Rozsa

Directeur de la photographie :
Russell Metty

Monteur :
Ted J. Kent

Société de production :
Universal Pictures

Acteurs :
John Gavin (Ernst Graeber)
Liselotte Pulver (Elizabeth Kruse Graeber)
Jock Mahoney (Immerman)
Don DeFore (Hermann Boettcher)
Keenan Wynn (Reuter)
Erich Maria Remarque (le professeur Pohlmann)
Dieter Borsche (le capitaine Rahe)
Barbara Rütting
Thayer David (Oscar Binding)
Charles Regnier (Joseph)
Dorothea Wieck (Frau Lieser)
Kurt Meisel (Heini)

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27/11/2004
23/06/2009
Sortie en salles en France : 1er juillet 2009
Première sortie mondiale : 1958
La fiche technique complète du film :  La fiche technique complète sur IMDb

De AlHolg, le 7 novembre 2007
Note du film : 4/6

"- Vous souriez. Pourquoi ne hurlez-vous pas ?
- Je hurle. Mais vous n'entendez pas."

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Trois ans et cinq films, parmi lesquels Written on the Wind, séparent All That Heaven Allows et A Time to Love and a Time to Die. Douglas Sirk est notamment retourné en Allemagne pour le tournage de certains parties d'Interlude. L'adaptation du roman publié en 1954 de son compatriote Erich Maria Remarque, "Zeit zu leben und Zeit zu sterben", lui donnera à nouveau l'occasion de s'y rendre à nouveau pour produire l'une des oeuvres les plus personnelles de sa carrière hollywoodienne. Sélectionné à la Berlinale 1958, dont le jury était présidé par Frank Capra, le film fut très modérément apprécié dans le pays natal du réalisateur. ''"On a jugé incongru que l'exilé que j'étais ait eu l'audace de prétendre montrer ce qu'avaient vécu les allemands pendant la guerre" déclarait alors celui qui avait préféré, dès décembre 1937, aller vivre en Suisse.
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Fin de l'hiver 1944. Sur le front germano-russe, l'armée allemande connaît de lourdes pertes et opère un repli. La quatrième compagnie à laquelle appartient Ernst Graeber s'arrête dans un village détruit où les soldats peuvent enfin prendre un peu de repos. Graeber et quelques autres sont néanmoins désignés pour fusiller des civils russes capturés. Profondément traumatisé par ce qu'il a vécu au cours des derniers jours, le jeune Hirschland se suicide malgré le peu de réconfort apporté par Graeber, sur le point de partir en permission pour trois semaines. Lorsqu'il arrive dans la quartier de Werden, sa ville natale où il n'est pas revenu depuis deux ans, Graeber constate qu'il est en grande partie en ruines après plusieurs bombardements. Ses démarches ne lui permettent pas de savoir si ses parents ont survécu et, dans cette hypothèse, à quel endroit ils pourraient se trouver. Le permissionnaire tente alors de se renseigner auprès du médecin de la famille, le docteur Bernard Kruse. Mais celui-ci a été envoyé en camps de travaux forcés et il rencontre sa fille Elizabeth qu'il n'a pas vu depuis sept ans. La jolie jeune femme, susceptible et d'abord sur ses gardes, se laisse doucement apprivoiser par son ancien camarde de classe.
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On a souvent dit qu'à travers le parcours du personnage d'Ernst Graeber, Douglas Sirk avait d'une certaine manière fantasmé les dernières semaines de la vie de son fils, l'acteur Klaus Detlef Sierck embrigadé dans le nazisme par la première épouse du réalisateur, qu'il n'avait jamais pu revoir jusqu'à sa mort en mars 1944 sur le front ukrainien. L'ouvrage d'Erich Maria Remarque dont est tiré le film ne possède pas les qualités du célèbre "Im Westen nichts neues" paru en 1929. A Time to Love and a Time to Die n'atteint pas non plus celles de la version de Lewis Milestone du All Quiet on the Western Front, ni même du A Farewell to Arms hémingwayen de Frank Borzage. La charge contre la violence, l'absurdité et l'immoralité* du régime hitlérien et de la Seconde Guerre mondiale, la dialectique obéissance et responsabilité, la confusion des sphères privée et publique ou la renaissance sont sensiblement dominées par le drame sentimental et le caractère éphémère du bonheur, un thème souvent développé par Sirk. L'ambition du film, très hollywoodien dans ses conception et réalisation, reste donc limitée, ne pouvant en outre capitaliser sur des interprètes de premier plan. Rock Hudson en "vacances" hawaïennes avec Cyd Charisse, Paul Newman finalement peu emballé par le rôle principal, Universal le remplace par le méconnu John Gavin aux côtés de la rayonnante, quoique née suisse, Liselotte Pulver, surtout actrice jusque là de productions germaniques à l'exception de sa participation aux Aventures d'Arsène Lupin de Jacques Becker.

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*"profitez de la guerre, la paix sera terrible", "... Il faut qu'elle (la guerre) soit perdue pour que notre pays retrouve son âme".


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CinémaImitation of Life
Etats-Unis
Drame
Réalisateur :
Douglas Sirk

Scénaristes :
Fannie Hurst (auteur)
Eleanore Griffin
Allan Scott

Producteur :
Ross Hunter

Compositeurs :
Frank Skinner
Sammy Fain (chanson titre/non crédité)
Henry Mancini (non crédité)

Directeur de la photographie :
Russell Metty

Société de production :
Universal International Pictures

Acteurs :
Lana Turner (Lora Meredith)
John Gavin (Steve Archer)
Sandra Dee (Susie à 16 ans)
Robert Alda (Allen Loomis)
Susan Kohner (Sarah Jane à 18 ans)
Dan O'Herlihy (David Edwards)
Juanita Moore (Annie Johnson)
Karin Dicker (Sarah Jane à 8 ans)
Terry Burnham (Susie à 6 ans)
John Vivyan (le jeune homme)
Lee Goodman (le photographe)
Ann Robinson

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avant le 21/11/2004
30/01/2009
Sortie en salles en France : 9 juillet 2008
Première sortie mondiale : 1959
La fiche technique complète du film :  La fiche technique complète sur IMDb

De AlHolg, le 8 novembre 2007
Note du film : 5/6

"... I want more, everything... May be too much."

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Est-ce un pur hasard si la dernière production de Douglas Sirk aux Etats-Unis, chant du cygne d'une carrière de près de vingt ans à Hollywood, s'intitule Imitation of Life et soit peuplé d'acteurs ? Certes, le réalisateur nourrissait à l'époque d'autres projets de films, parmi lesquels Madame X que David Lowell Rich reprendra en 1965 avec Lana Turner dans le rôle principal. Mais, malade, il ne put les mener à leur terme avant son retour, début 1960, en Suisse. Remake librement transposé du film de John M. Stahl avec Claudette Colbert, tiré de l'ouvrage de la romancière féministe Fannie Hurst paru en 1933, Imitation of Life dresse peut-être aussi un bilan mélancolique de la vie de l'Allemand Sierck, dissimulé sous le nom de Sirk.
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Lora Meredith cherche désespérément sa petite fille Susie sur la plage très fréquentée de Coney Island en cette fin d'été 1947. Elle la retrouve en compagnie d'une nouvelle amie, Sarah Jane, toutes deux surveillées par Annie Johnson, une afro-américaine qu'elle prend pour la nourrice de cette dernière. Mais la blanche Sarah Jane est la fille d'Annie, abandonnée par son mari, lui aussi très clair de peau, à la naissance de l'enfant. Touchée par le désarroi de la jeune fille sans logis, Lora propose de les héberger pour la nuit. La gentillesse et l'aide apportée par Annie ainsi que l'amitié entre les deux enfants a tôt fait de prolonger cette invitation provisoire. Actrice sans emploi, Lora revoit Steve Archer, le photographe rencontré sur la plage tant apprécié par Susie.
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Il la réconforte après une très déplaisante entrevue avec l'agent Allen Loomis provoquée grâce à un mensonge pour tenter d'obtenir un emploi dans une pièce de Tennessee Williams. Même si Lora et Steve s'aiment, la jeune femme privilégie son ambition professionnelle et accepte, contre l'avis de son amant, une proposition de Loomis pour jouer un second rôle dans "Stopover", une comédie de David Edwards. Lora, remarquée par le public et la critique, devient la maîtresse du dramaturge. En dix ans, la comédienne est parvenue au rang de célébrité du théâtre, aidée par la fidèle Annie pour gérer le quotidien et combler son absence auprès de Susie, à présent une gracieuse et gâtée adolescente. Sarah Jane souffre elle toujours davantage de sa négritude cachée.
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Même s'il a aujourd'hui probablement perdu une partie de sa force dramatique*, Imitation of Life reste une bien jolie parabole sur les apparences, le mensonge, la maternité, l'ambition et, au second plan, la ségrégation raciale (cf Pinky). Gros succès populaire et commercial à sa sortie, permettant au passage à Universal de se refaire une santé financière, le film souligne davantage la relation entre Lora et Annie. Juanita Moore, sélectionnée comme Susan Kohner aux "Oscars" et aux "Golden Globes" 1960, vole d'ailleurs un peu au passage la vedette à la star Lana Turner**. L'actrice principale de Peyton Place retrouvera l'année suivante sa jeune partenaire Sandra Dee*** dans le modeste Portrait in Black également produit par Ross Hunter. Cet ultime opus valut enfin à Sirk son unique nomination aux "Directors Guild of America Awards" aux côtés de douze très prestigieux confrères.

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*déjà édulcorée, comparée à celle du roman, par les deux adaptations cinématographiques.
**pour l'anecdote, Imitation of Life est produit juste après la relaxe de Cheryl Crane, la fille de l'actrice, accusée du meurtre de l'amant de celle-ci.
***Natalie Wood avait été pressentie pour tenir le rôle de Susie. Autre parallélisme amusant, la mère de Sandra Dee fit entrer sa fille en primaire à quatre ans, en mentant sur son âge, pour trouver du travail.


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Critique DVD

Jaquette du DVD Coffret Collector D. Sirk 8 DVD : Images de la vie / Le Secret magnifique / Le Secret magnifique / Tout ce que le ciel permet / Le Temps d'aimer, le temps de mourir / Mirage de la vie
Zone 2, France
Editeur : Carlotta Films
Sortie : 7 novembre 2007

Format vidéo : 16/9
Audio : Anglais (DD 2.0 Mono), Français (DD 2.0 Mono)
Sous-titres : Français
Suppléments :

  • Bande-annonce
  • Documentaire
  • Interview

Note technique : 6/6

Image & son :
"Le Secret magnifique" : (4/3) très belle et efficace restauration de l'image. Quelques brefs passages sont légèrement en retrait sur ce plan, comme celui de l'agence Inter-Europe (83'). Pistes monophoniques convenables, l'équilibre et la clarté de la version originale l'emportant sur la v.f. plus sourde.
"Tout ce que le ciel permet" : (16/9) même remarque pour ce film, avec un master plus homogène sur toute la durée du métrage. Privilégiez, si possible, la version originale dont l'équilibre et la netteté sont supérieurs.
"Le Temps d'aimer..." : (16/9) peu de critiques à formuler. L'image est propre, très correctement définie mais manque un peu de vigueur et/ou de luminosité. Là encore, la version originale s'impose à une v.f. pauvre en fréquences graves et handicapée par un léger souffle.
"Mirage de la vie" : (16/9) une image plaisante malgré la relative mollesse de sa définition. La piste en version originale offre un relief et un réalisme plus marqués que la v.f.
Une très significative qualité technique complétée par un remarquable travail éditorial.

Suppléments :
Bande-annonce : (4/3 - v.o.s.t.) le film y est présenté par J. Wyman.

DVD 2 :

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Eclats du mélodrame, à travers le miroir : (16/9 - 31'45) entretien avec Jean-Loup Bourget et Pierre Berthomieu. Le professeur, historien du cinéma et le spécialiste du cinéma hollywoodien portent un regard analytique sur les productions mélodramatiques de D. Sirk pour Universal, ses collaborations avec R. Hudson, l'ironie, le miroir et la conscience sociale chez Sirk.
Le Secret magnifique : par Philippe Le Guay (16/9 - 8'52). Le cinéaste évoque de manière intéressante le film de D. Sirk.
"Le Secret magnifique" (vers. de 1935) : (4/3 - v.o.s.t) voir critique du film. Des défauts de pellicule, parfois importantes mais brefs, annoncés par un panneau mais qui ne compromettent pas le confort de visionnage.

DVD 3 :
Bande-annonce : (4/3 - v.o.s.t.)

DVD 4 :

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Eclats du mélodrame, filiations : (16/9 - 15'12) deuxième segment, dialogue entre les mêmes intervenants, à propos de la (re)découverte de Sirk en Europe puis aux Etats-Unis, de sa descendance artistique, réelle ou prétendue et de l'évolution du genre au cours des décennies suivantes.
La tendresse selon Kirk : (avril 2005 - 4/3 -15'11 - v.o.s.t.) documentaire allemand dans lequel Todd Haynes analyse les objectifs des films mélodramatiques de Sirk et de Fassbinder.
Les films libèrent la tête : (16/9 - 10'06) présentation en voix off de "Tout ce que le ciel permet" d'après un texte de R.W. Fassbinder. Illustré par des extraits du film.
Quand la peur dévore l'âme : (4/3 - 25'13) film-mix, obtenu à partir d'extraits de "Tout ce que le ciel permet" et "Tous les autres s'appellent Ali", de François Ozon. Commentaire audio optionnel du réalisateur.
Contract Kid : (16/9 - 23'02 - v.o.s.t.) l'acteur William Reynolds évoque Sirk avec lequel il a tourné trois films, ses rôles mais aussi W. Wyler et H. Hathaway, le chef opérateur Russell Metty, Jane Wyman, Rock Hudson.

DVD 5 :
Bande-annonce : (4/3 - v.o.s.t.)

DVD 6 :

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Des larmes et de la vitesse : (16/9 - 11'58) texte de Jean-Luc Godard paru dans les "Cahiers du cinéma" d'avril 1959, lu en voix off sur des extraits du film et divers documents illustratifs.
Conversation avec D. Sirk : (16/9 - 14'49) par son ami Jon Halliday. Extraits de son ouvrage paru en 1997 lus en voix off.
Assis dans le noir : (16/9 - 18'39 - v.o.s.t.) le scénariste "Wesley Strick parle du secret de D. Sirk", cette tragédie personnelle du réalisateur lui ayant inspiré un roman, "Out There in the Dark".
Mirage de la vie, portrait de D. Sirk : (4/3 - 48'51 - allemand traduit ou sous-titré) long entretien partiellement réalisé chez le réalisateur, diffusée sur la TSR le 27 février 1984.

DVD 7 :
Bande-annonce : (4/3 - v.o.s.t.)

DVD 8 :

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Eclats du mélodrame, Stahl/Sirk : (16/9 - 19'55) troisième et dernier segment dans lequel les mêmes intervenants tentent de définir le mélodrame, d'évaluer le succès du genre et comparent les deux versions du film.
Mirage de la vie : par Christophe Honoré (16/9 - 15'01). Le point de vue analytique et critique du cinéaste français.
Née pour être blessée : (16/9 - 44'43) l'auteur de nombreux ouvrages sur le cinéma Sam Staggs évoque longuement, avec finesse et érudition, le film de D. Sirk avec lequel il entretient une relation particulière.
"Images de la vie" : (4/3 - v.o.s.t) voir critique du film.
Bande-annonce : (4/3 - v.o.s.t) de la version de 1934.

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