| Cinéma | Meshi | ||
Japon![]() |
Réalisateur : Mikio Naruse ![]() Scénaristes : Fumiko Hayashi (auteur)Yasunari Kawabata ![]() Toshirô Ide Sumie Tanaka | Compositeur : Fumio Hayasaka ![]() Directeur de la photographie : Masao Tamai ![]() Société de production : Toho Company ![]() | Acteurs : Ken Uehara (Hatsunosuke Okamoto)Setsuko Hara (Michiyo Okamoto)Yukiko Shimazaki (Satoko Okamoto) Yôko Sugi (Mitsuko Murata, la belle-soeur de Michiyo) Akiko Kazami (Seiko Tomiyasu) Haruko Sugimura (Matsu Murata, la mère de Michiyo) Ranko Hanai (Koyoshi Dohya) Kan Nihonyanagi (Kazuo Takenaka) Keiju Kobayashi (Shinzo Murata, le frère de Michiyo) Akira Oizumi Ichirô Shimizu Haruo Tanaka ... ![]() |
05/02/2006 24/10/2006Première sortie mondiale : 1951 La fiche technique complète du film : ![]() | |||
"Les couples se comprennent peut-être sans mots."

est rare. Pas seulement parce que ce grand cinéaste et ses films sont peu diffusés et donc peu connus, mais avant tout en raison de sa qualité. Comme son ami Yasujirô Ozu
, Naruse
est un spécialiste du Shômin geki, genre centré sur la vie quotidienne du petit peuple japonais. L'ancien assistant de Heinosuke Gosho
a acquis sa notoriété de réalisateur bien avant d'être entré à la Tôhô
, dès le muet Koshiben gambare (1931) et Tsuma yo bara no yo ni
(1935). Avec Meshi
, qui appartient au sous-genre Tsuma-mono (film sur les femmes), il initie une série de six (cinq plus une) adaptations de l'oeuvre de la romancière Fumiko Hayashi
. Il s'agit du dernier ouvrage, resté inachevé, de l'auteur décédé en 1951. Le film et son actrice principale notamment ont été récompensés à plusieurs reprises dans leur pays.

, en choisissant de mettre en exergue cette citation du roman de Fumiko Hayashi
au début de Meshi
, contredit ceux qui ne voit dans son oeuvre que pessimisme et désabusement. Cette chronique conjugale et familiale, simple, ordinaire pourrait-on dire, est au contraire la preuve d'un profond humanisme. Le cinéaste dépeint avec intelligence et une infinie délicatesse le trouble et les hésitations d'une jeune (et encore belle !) femme mariée, aux idéaux peut-être trop exacerbés. Son parcours et sa résolution finale hérisseront, certes, le poil de la première féministe venue. Mais l'on prend un grand plaisir à voir s'étoffer progressivement la psychologie des personnages, y compris secondaires, dont Naruse
a remarquablement su traduire l'esprit avec un réalisme poétique. On se délecte de son empathie pour eux, de la fluidité avec laquelle il narre cette histoire (dont Fûfu
, deux ans plus tard, lui permettra d'explorer une situation inversée) et les met en scène, de la manière dont il laisse certaines questions sans réponse. Réalisateur du doute comme Yasujirô Ozu
est celui de l'évidence et de la conviction, Naruse
est probablement plus intimement lié, plus représentatif de son époque et à la fois universel que son honorable confrère de la Shochiku
.
___
*dans Bakushû
, sorti la même année, c'est Setsuko Hara
qui refuse un tel mariage pour épouser un homme modeste.
| Cinéma | Ukigumo | ||
Japon![]() |
Réalisateur : Mikio Naruse ![]() Scénaristes : Fumiko Hayashi (auteur)Yôko Mizuki Producteur : Sanezumi Fujimoto | Compositeur : Ichirô Saitô Directeur de la photographie : Masao Tamai ![]() Société de production : Toho Company ![]() | Acteurs : Hideko Takamine (Yukiko Koda)Masayuki Mori (Kengo Tomioka)Mariko Okada (Sei Mukai)Isao Yamagata (Sugio Iba) Chieko Nakakita (Kuniko Tomioka) Daisuke Katô (Seikichi Mukai) Mayuri Mokusho (Nomiya no musume) Noriko Sengoku (Yakushima no okaasan) Fuyuki Murakami (Futsuin no shikensho-chou) Heihachiro Okawa (Isha) Nobuo Kaneko (Futsuin no shoin-Suitou)Roy James (le soldat américain) ... ![]() |
05/02/2006 15/08/2008Première sortie mondiale : 1955 La fiche technique complète du film : ![]() | |||
"- Nous deux, nous marchons sans but.
- Peut-être."

. Mikio Naruse
la complétera en 1962 en portant à l'écran Hôrôki
, ouvrage autobiographie publié en 1928, c'est à dire au tout début de la carrière de l'écrivain. Le roman Ukigumo
paru en 1950, puise probablement aussi une partie de son inspiration dans les propres expériences de l'auteur féminin le plus populaire du Japon, dont la vie sentimentale fut longtemps malheureuse. Il permet également d'apercevoir, de manière certes fragmentaire mais réaliste, la situation de l'empire nippon après-guerre, toile de fond de ce sobre et long mélodrame, souvent présenté comme le chef-d'oeuvre du cinéaste.

est aussi, intensément, un drame social tant les deux dimensions se conjuguent, s'interpénètrent même tout au long de ce sombre récit. Relation d'une tentative de reconstruction de deux êtres aux attentes bien distinctes dans un pays également entrain de se relever, le film décrit une lente descente dans les profondeurs de la misère matérielle et humaine. On est stupéfait par la volonté, la persévérance et le courage, voire l'abnégation du personnage de Yukiko, confronté aux difficultés de son époque et à l'égoïsme, à la vanité de son amant. L'autopsie du "docteur" Naruse
est, sur le plan psychologique, à la fois d'une précision chirurgicale et d'une grande pudeur. Le cinéaste, s'il souligne avec finesse, par sa mise en scène, le rôle du destin, que l'on peut qualifier ici de fatalité, ne peut cependant se soustraire au caractère répétitif de l'intrigue littéraire, cause d'un phénomène de dilatation du temps un peu préjudiciable au film. Masayuki Mori
, le partenaire de Toshirô Mifune
dans Rashômon
d'Akira Kurosawa
(avec lequel il avait déjà tourné cinq des six films ensemble) et apprécié par Kenji Mizoguchi
(Ugetsu monogatari
), est parfaitement à son affaire dans le rôle délicat du faible Kengo. Hideko Takamine
, lancée au cinéma dès son plus jeune âge et actrice fétiche de Naruse
, ne faillit pas à sa réputation d'être l'une des meilleures actrices japonaises des années 1950. Le couple partagera à nouveau l'affiche de quatre autres films du réalisateur, parmi lesquels le remarquable Onna ga kaidan wo agaru toki
en 1960.
| Cinéma | Iwashigumo | ||
Japon![]() |
Réalisateur : Mikio Naruse ![]() Scénaristes : Den Wada (auteur) Shinobu Hashimoto Producteurs : Sanezumi Fujimoto Reiji Miwa | Compositeur : Ichirô Saitô Directeur de la photographie : Masao Tamai ![]() Société de production : Toho Company ![]() | Acteurs : Chikage Awashima (Yaé)Michiyo Aratama (Chié)Kumi Mizuno (Hamako) Yoko Tsukasa (Michiko) Isao Kimura (Okawa, le journaliste) Keiju Kobayashi (Hatsu) Daisuke Katô (l'inspecteur du fisc) Ganjiro Nakamura (Wasuke, le frère de Yaé)Haruko Sugimura (Toyo, la mère) Chouko Iida (Hidé, la belle-mère de Yaé) Fumiko Honma Ikichi Ishii ... ![]() |
21/08/2006 24/10/2006Première sortie mondiale : 1958 La fiche technique complète du film : ![]() | |||
"Les vieux sont jetés à la mer."

? Il est vrai que la plupart des films du cinéaste japonais prennent une ville pour décor. Mais regardez donc Iwashigumo
avant de répondre à cette question. Cette "aération" dans la rurale et maritime préfecture de Kanagawa s'accompagne d'ailleurs d'une inversion des priorités narratives et d'un changement de format. Le drame familial et social prend ici l'ascendant sur l'intrigue sentimentale. Le film est également le premier du réalisateur tourné en couleur et en Cinemascope. Cette modernité (un des thèmes abordés par le film) fut étrangement mal appréciée par les amateurs des oeuvres de Naruse
alors qu'elle sert pourtant remarquablement la mise en scène. Opposé notamment à Kakushi-toride no san-akunin
de Kurosawa
, Iwashigumo
dut se satisfaire de deux prix du meilleur scénario et de voir ses deux acteurs, Chikage Awashima
et Ganjiro Nakamura
, récompensés par un prix d'interprétation.

, à travers ces trois saisons rurales et familiales, traite de la profonde mutation opérée par le Japon à partir du début des années 1950, en particulier de l'émancipation de la femme et de celle de la jeune génération vis à vis de la précédente. Toute la finesse du scénario, très dialogué, consiste à associer trois niveaux de lecture de ces changements. Celui des enfants souhaitant s'affranchir du poids des traditions et des conventions, très vieil héritage de la société nippone ; celui du père, totalement dérouté et subissant ce bouleversement culturel avec lequel il perd sa place central. Et, surtout, celui de Yaé, personnage intermédiaire*, à la fois actrice et spectatrice d'une évolution dont elle ne bénéficiera finalement pas. Un peu déroutant, pendant sa phase d'exposition, par sa narration alternée, le film apparaît légèrement en retrait par rapport à l'adaptation du roman de Saisei Murô, Ani imôto
, ou au futur Musume tsuma haha
, assez proches sur le plan thématique.
___
*y compris dans le cadre où elle apparaît souvent au second plan, un cadet au premier, un senior en fond.
| Court-Métrage | |||
Japon![]() |
Réalisateur : Hisashi Sato | Compositeur : Koji Yamada Directeur de la photographie : Akiko Ashizawa Voix : Mariko Noguchi (narration) | |
18/10/2006 18/10/2009La fiche technique complète du film : ![]() | |||

et sa collaboration (1948-1960) avec Mikio Naruse
. Commentaires de Isamu Ashida, assistant chef opérateur, Shinji Kojima, éclairagiste et Yasumichi Kukuzawa, caméraman ; illustration par des images de plateau.