"Il découvre le monde, et cela lui donne de la fièvre."

ne manquent généralement pas de souligner la singularité de Akahige
par rapport aux autres productions du cinéaste. En réalité, dès son origine, l'oeuvre du maître japonais laisse apparaître, de façon plus ou moins expressive, cet intérêt pour l'humanité et les malheurs qui la frappent. Déjà sensible dans Yoidore tenshi
et Ikiru
, évidemment sous-jacent dans Shichinin no samurai
ou, par exemple, émergeant à la fin de Tengoku to jigoku
, cette dense thématique prend un relief plus marqué dans cette seizième et dernière collaboration avec Toshirô Mifune
et dans le film suivant, Dô desu ka den
. Salué dans son pays comme le meilleur film de l'année, Akahige
valut aussi une "Coppa Volpi" vénitienne à son acteur principal, un trophée qui, de manière implicite, récompense également l'ensemble de sa remarquable distribution.


est probablement l'une des oeuvres les plus ambitieuses de Kurosawa
sur le plan artistique. Nous n'insisterons pas sur la durée et les contraintes d'une production qui eurent pour conséquence de ruiner la volonté d'indépendance du réalisateur. Celui-ci, sous l'influence perceptible d'auteurs occidentaux, Fedor Dostoïevski
en particulier, a nettement infléchit le sens et la portée du récit de l'écrivain Shugoro Yamamoto
. Le film est construit comme le tissage d'une tapisserie. Au coeur du scénario, le parcours initiatique d'un jeune médecin, aveuglé par son ambition et son arrogance, et le dévoilement de sa vocation authentique constituent la trame entre laquelle passe une chaîne de tragédies individuelles ou collectives qui se répondent. Celles de la jeune bourgeoise aliénée, du peintre Rokusuké et de sa fille, de Sahachi, d'Otoyo, du jeune Chobo et de sa famille. 
et Mifune
sur le personnage interprété par ce dernier, à l'origine de leur rupture, nous ne connaîtrons jamais la version exacte souhaitée par le cinéaste. Avouons toutefois que la vision et le jeu de l'acteur ne font naître aucun réel regret sur le sujet.