"... Une synergie de corruption."


*, qui s'appuie sur l'ouvrage "The Smartest Guys in the Room: The Amazing Rise and Scandalous Fall of Enron" de Bethany McLean
et Peter Elkind
, décompose** les rouages de cette mécanique insensée, conduisant à la chute de la septième entreprise US qualifiée de "modèle" par la revue "Fortune", par le rappel précis et documenté de la chronologie des événements. En particulier grâce aux précieux témoignages d'acteurs et de témoins de ce désastre financier doublé d'une authentique tragédie humaine. Le parti pris de dramatisation est délibérément assumé par Gibney
(par ailleurs scénariste de The Trials of Henry Kissinger
et producteur de la série The Blues
***) tout en y associant une tonalité de comédie, notamment par les choix visuels et musicaux.
(les protagonistes reconnaîtront leur personnage !), illustre de manière saisissante le revers du rêve américain, de ce libéralisme sauvage fondé sur la déréglementation lorsqu'il n'est pas contrôlé par le pouvoir législatif et exécutif****. Après Fahrenheit 9/11
, Enron
constitue, de ce point de vue mais de manière plus allusive, une nouvelle accusation contre les dérives de l'administration Bush
. Deux épisodes de ce film, globalement très bien construit, doivent impérativement être connus du plus grand nombre. Celui de l'incroyable guerre de l'énergie en Californie et les images de l'"expérimentation Milgram" destinée à mettre en évidence la cruauté potentielle de l'individu lorsqu'il est soumis à une autorité officielle. Electrisant !!
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*nommé aux Academy Awards et "meilleur documentaire" de la Writers Guild of America.
**sans entrer dans le complexe détail de l'hallucinant 'monopoly' grandeur nature imaginé par le directeur financier Andrew Fastow.
***élément apportant un début d'éclaircissement sur la composition de la bande musicale.
****et dont les malversations sont cautionnées par les banques, les avocats et les cabinets d'audit.