"... Depuis la rivière."

en 1953 avec All I Desire
, Written on the Wind
est certainement un des sommets de la carrière américaine du réalisateur né en Allemagne. Deux ans après Magnificent Obsession
dans lequel Rock Hudson
se faisait remarquer dans un premier rôle, le film est une adaptation d'un roman du méconnu Robert Wilder publié en 1946, soit deux ans après l'arrivée de l'écrivain à Hollywood (où il travailla notamment pour les studios MGM, Paramount et Warner Bros.). Sorti la même année que Giant
, autre mélodrame familial en milieu pétrolier avec Hudson
, Written on the Wind
est devenu, malgré le caractère baroque revendiqué par son metteur en scène, un classique hollywoodien au bon sens du terme.

laisse apparaître une distanciation ironique qui cadre assez bien avec la personnalité et les penchants culturels de Douglas Sirk
. Cet académique drame psychosociologique reposant sur un trivial triangle amoureux doit une grande partie de son intérêt au traitement expressionniste qu'en fait le réalisateur, adroitement secondé par Russell Metty
, son directeur de la photographie. Symbolisme primaire des couleurs, subtil affaiblissement du réalisme par le choix des éclairages, Sirk
met en scène une tragédie au sens théâtral, voire lyrique, du terme. Contrairement à Elia Kazan
dans le récent East of Eden
, ce n'est pas tant la psychologie des personnages qui l'intéresse que leur représentation figurative et dialectique (pouvoir et faiblesse, richesse et échec, allégeance et révolte...), une fois révélées les tensions et les dépendances, nées entre les protagonistes au cours d'un "âge d'or" de l'enfance, avec l'arrivé de Lucy. Si Rock Hudson
et Lauren Bacall
se montrent à la hauteur de leur réputation, ce sont surtout les prestations de Robert Stack
et de Dorothy Malone
, tous deux nommés aux "Oscars" (seule l'actrice sera récompensée) qui doivent être soulignées. Sirk
réunira d'ailleurs à nouveau, l'année suivante, le trio qu'ils constituaient avec Hudson
pour The Tarnished Angels
.