"Oh, c'est la clause de transports."

. Découvert peu avant sa sortie publique, il a longtemps figuré parmi mes comédies préférées et m'a rendu durablement plus attentif, à tort ou à raison, aux productions du réalisateur italo-américain. Plus de trente ans après, même s'il ne bénéficie pas d'un culte égal à celui rendu au britannique The Rocky Horror Picture Show
auquel il a ouvert la voie, il possède toujours des amateurs prêts à revoir les aventures tragi-comiques et musicales de Winslow Leach. Pourtant, tout avait mal commencé pour Phantom of the Paradise
. D'abord quelques démêlés juridiques avec des ayant-droits (notamment Universal
pour le roman de Gaston Leroux
qui inspire partiellement le film et "Swan Song"*, le label créé quelques mois plus tôt par Led Zeppelin
chez Atlantic Rec.). Ensuite et surtout un échec public et commercial lors de sa première exploitation... sauf à Winnipeg, au coeur du Canada, un mystère qui reste à élucider, et à Avoriaz, obtenant même, en 1975, le "Grand prix" du Festival du film fantastique.

tient à la fois de la satire du show biz, de l'opéra (horrifi)comique (davantage qu'une comédie musicale) et du pur délire jouissif. La septième adaptation, officieuse, de l'oeuvre de Leroux
, si elle ne concurrence pas celles de Rupert Julian
et de John S. Robertson, est, sans conteste, la plus innovante et, bien sûr, la plus drôle. Truffé de références cinématographiques (ou télévisuelles, ce nouveau et nième visionnage m'a permis de relever un clin d'oeil au Zorro
de Walt Disney), bourré de jeux de mots (v.o. obligatoire !), le deuxième film indépendant de De Palma
après l'expérience Warner
a étonnement bien traversé les années. L'aspect bricolage, manifeste dans Sisters
, subsiste mais la réalisation fait ici un net bond qualitatif par rapport au précédent. Avec le recul, Phantom of the Paradise
a probablement participé à l'émergence de la courte vague d'opéras-rock initiée par Ken Russell
avec Tommy
et, plus certainement, été à l'origine de celle des comédies horrifiques qui a fait florès à partir de cette époque ou encore influencé des groupes comme Kiss. Changement de décor pour Paul Williams
, qui venait de faire le singe dans Battle for the Planet of the Apes
, avec cette caricature narcissique de Phil Spector
. Egalement compositeur de la bande musicale, il sera, à ce titre, nommé pour la seconde année consécutive aux "Oscars". A noter qu'aux côtés de l'habituel William Finley
apparaît, pour la première fois à l'écran, Jessica Harper
qui avait débuté à Broadway dans "Hair". Une des rares brunes du cinéma de De Palma
.
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*toutes les mentions à ce label ont été recouvertes, après développement de la pellicule, par "Death Records". Remplacement d'autant plus navrant que le "chant du signe" possède un double sens parfaitement adapté au film puisque Winslow est rendu muet par son accident.