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Cinéma

Documentaire
Réalisateurs :
Pierre Goismier (Honda/Yamaha)
Philippe Kohly (Merckx/Ocaña)
Emilio Pacull (Real Madrid/FC Barcelone)
Deborah Ford (Angleterre/Ecosse)

Acteurs :
Kunimitsu Takahashi
Giacomo Agostini
Phil Read
Valentino Rossi
Michael Doohan
Eddy Merckx
Luis Ocana
Bernard Thevenet
Alfredo Di Stefano
Josep Valles
Manolo Sanchis
Josep Guardiola

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avant le 21/11/2004
Première sortie mondiale : 2004
La fiche technique complète du film :  La fiche technique complète sur IMDb

Critique Film


De AlHolg, le 8 septembre 2004
Note du film : 4/6

"Honda/Yamaha"

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Ce très intéressant documentaire ne pouvait pas mieux arriver. Avec le passage de Valentino Rossi de Honda chez Yamaha pour cette saison de Moto GP, pari risqué qui a pourtant de bonnes chances, à présent, d'être gagné*, c'est la grande rivalité entre les deux constructeurs japonais qui est relancée. Rappelons que Yamaha n'a plus remporté le titre majeur de la course moto depuis 1992 et le dramatique accident de son pilote de pointe Wayne Rainey. Et cette lutte sportive, derrière laquelle se profile une concurrence industrielle et commerciale, est justement le thème du film réalisé par Pierre Goismier.
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"Honda/Yamaha" revient sur les origines des deux entreprises, la collaboration de Genichi Kawakami, le fondateur de la marque aux trois diapasons, et de Soichiro Honda puis le départ de ce dernier pour créer celle à l'aile dorée. Dès premières compétitions à l'ombre du mont Fuji ou des routes piégeuses du Tourist Trophy, premier succès international de Honda, aux Moto GP, c'est un demi siècle d'histoire de la course motocycliste qui est évoqué : options techniques antagonistes (technologie du 4 temps contre efficacité du 2 temps, RC166 vs RD56A), dimension et adversités humaines (duels Read/J. Redman ou M. Hailwood, Saarinen, Agostini, affrontement K. Roberts/F. Spencer, E. Lawson, W. Rainey, M. Doohan), retraits de la compétition durable (le retour n'interviendra que dix ans plus tard) pour Honda en 1968, circonstanciel pour Yamaha en 1974.
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Le film s'appuie, bien entendu, sur de nombreuses archives entre lesquelles plusieurs acteurs de la scène moto (Michihiko Aika, ancien ingénieur Honda, Taichi Ito, Yahama Communication, Suguru Kanazawa, président Honda Racing, Kunimitsu Takahashi, ancien pilote Honda, Masakazu Shiohara, ingénieur Yamaha Moto GP, Masahiko Nakajima, directeur Yamaha Moto GP, Jeremy Burgess, chef mécanicien et les pilotes ou anciens pilotes Agostini, Read, Rossi et Doohan) viennent apporter leurs éclairages et commentaires. Parmi les moments singuliers, un extrait d'interview en français de M. Hailwood, le son de la Honda six cylindres et une révélation du patron de Honda Racing sur le duel Spencer/Roberts de 1985. On peut cependant regretter la rapidité avec laquelle la décennie 1990 est relatée et l'absence de témoins français, Olivier Jacques en tête.

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*le pilote italien mène, en effet, le championnat, après le grand prix du Portugal à Estoril, avec 29 points d'avance sur son rival espagnol Sete Gibernau sur Honda.


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De AlHolg, le 8 septembre 2004
Note du film : 4/6

"Merckx/Ocana"

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Jamais duel entre deux sportifs n'a atteint cette dimension de tragédie comme celui entre Eddy Merckx et Luis Ocana. Les deux coureurs cyclistes sont arrivés à maturité au même moment, le début des années 1970. Tout les oppose, et le palmarès final, hélas, en témoignera*. Le belge Merckx est issu d'un milieu aisé. Bourreau de travail, seule la victoire l'intéresse et elle ne se refuse pas souvent à lui : 1 800 courses disputées, 525 victoires, ratio phénoménal pour le probable meilleur champion cycliste de tous les temps (la comparaison avec Fausto Coppi et ses successeurs est une affaire de spécialistes). Celui qui était surnommé le "Cannibale", "l'Ogre de Tervuren", le barbare selon l'expression d'Antoine Blondin ("Le Roi des uns") n'a laissé que des miettes à ses adversaires*, sujets d'un souverain toujours triomphant. Le seul résistant à cette toute puissance s'appelle Ocana. Espagnol de naissance, né dans une famille pauvre émigrée en France, le montais d'adoption, resté ibère, est un homme de courage et de douleur. Chevalier tourmenté et fataliste d'une conquête improbable, Don Quichotte solitaire sur lequel le sort s'est acharné.
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Prologue : tout commence, ou presque, en 1969 au Tour de France, qui deviendra leur champs d'honneur. C'est la première participation pour les deux hommes et Merckx, maillot n°51, est intouchable, il est celui que l'on ne peut pas suivre, notamment dans son échappée du Ballon d'Alsace. Acte I : 1971. Ocana est en tête du classement du Tour de France, en remportant une victoire d'étape ahurissante au Puy de Dôme. Merckx réduit l'écart dans l'étape qui part de Marseille grâce à ce que son rivale qualifie de trahison. 12 juillet, 14e étape. Dans le col de Menté pyrénéen, un orage d'apocalypse inonde la course. Dans la descente, Merckx et Ocana chutent l'un derrière l'autre. "C'est Merckx qui est tombé le premier et qui a entraîné Ocana dans sa chute" racontera le grimpeur belge Lucien Van Impe, témoin de l'accident. "Ocana s'est relevé, il a regardé s'il pouvait repartir. Zoetemelk est arrivé, le choc a été affreux". Tous le monde s'accorde pour dire que, sans ce drame, Ocana aurait gagné cette année. Rideau. Acte II : 1972. Ocana est en tête du général. Dans le col de Soulor, le 9 juillet, il est victime d'une crevaison, repart en chasse, chute... et abandonne la course huit jours plus tard. Acte III : 1973. Le Tour aurait pu s'arrêter très tôt pour le coureur espagnol, avec une nouvelle chute dans la première étape néerlandaise. Mais Ocana remportera cette année, avec le dossard 51, sa seule "grande boucle" française, contre Van Impe, Poulidor, Zoetemelk et Fuente. Merckx ? Vainqueur des Tours d'Italie et d'Espagne, il est absent pour cause de programme trop lourd. La victoire d'Ocana n'a pas la saveur attendue. C'est l'inverse qui se produira dans l'épilogue de 1974, l'espagnol se blessant... sur chute dans une épreuve avant le Tour. Même après son arrêt de la course, celui qui était devenu le "martyre" du cyclisme continuera de voir le destin s'acharner sur lui.
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Le documentaire de Philippe Kohly est intelligemment construit pour mettre en relief la dimension tragique des événements mais sans avoir recours à l'explicite ou au spectaculaire. On apprécie, en particulier, ces belles vues de "champs de bataille" déserts, réanimés par le seul commentaire sportif de l'époque. La narration de Philippe Faure et les compositions musicales participent aussi beaucoup à la qualité de cette épopée humaine. Les nombreux documents d'archives sont commentés par des témoins privilégiés ou des spécialistes (Pierre Cescutti, président du stade Montois, Olivier Dazat, historien du cyclisme, Philippe Brunel, journaliste, Josiane Ocana, épouse du coureur, Bernard Thevenet). Ce "Merckx/Ocana", remarquablement bien fait, intéressera aussi bien les amateurs que les profanes du cyclisme sur route professionnel.

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* Merckx : 5 Tours de France (34 victoires d'étapes), 5 Giro (25 victoires d'étapes) 1 Vuelta, 29 victoires dans des classiques, 4 victoires championnat du monde, recordman du monde de l'heure à Mexico en 1972 (49,431 km).
Ocana : 1 Tour de France (9 victoires d'étape), 1 Vuelta, 3 titres de Champion d'Espagne.


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De AlHolg, le 28 septembre 2004
Note du film : 4/6

"Real/Barcelone"

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Dans le cadre de la saison 2004-2005, le duel historique entre les deux prestigieux clubs ibériques s'opère à distance. Si le FC Barcelone, invaincu, est deuxième du championnat après cinq matchs, le champion 2003, le Real Madrid, avec deux défaites, pointe à la huitième position. Et pour couronner ce démarquage sportif, Samuel Eto'o, le camerounais de l'équipe catalane, est, avec cinq buts, en tête du classement des buteurs alors que le madrilène d'adoption David Beckham n'est que douzième avec deux réalisations. Mais, à travers ces deux puissantes formations aux palmarès enviables, ce sont deux villes, deux régions, deux cultures, deux langues et deux nationalismes qui s'opposent depuis 1902, parfois de manière exacerbée comme à l'occasion du transfert du portugais Luis Figo de Barcelone à Madrid en 2000.
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C'est d'ailleurs avec cette "affaire" que débute le documentaire. Le film explore, à travers images d'archives (d'origine Gaumont ou Pathé pour la partie historique) et commentaires de témoins privilégiés, les raisons historiques et politiques de cet antagonisme, l'origine des clubs* et leur valeur symbolique respective pendant la Guerre civile, époque qui a scellé, dans la douleur et le sang, leur rivalité. Le rôle des acteurs majeurs et les grandes dates, depuis la Coupe d'Espagne (dite du Caudillo) 1942 remporté par le FC Barcelone, ne sont, bien sûr, pas oubliés : le président Santiago Bernabeu dont l'ambition a été de faire de son club le premier d'Espagne et d'Europe (vainqueur de la première Coupe du continent, "club du siècle", titre décerné par la FIFA) et qui a donné son nom au stade madrilène, Alfredo Di Stefano, enlevé, de manière cavalière, à Barcelone par Madrid pour refaire son retard sportif, Miro Saenz, le père du Camp Nou, initialement prévu pour accueillir cent cinquante mille spectateurs, le fantastique Johan Cruyff, joueur puis entraîneur, qui sort le Barca de sa longue torpeur en 1974, avec notamment, la fameuse victoire 5-0 contre Madrid cette année-là (année qui verra aussi le retour de la monarchie en Espagne et le début de l'ouverture démocratique), la rencontre de 2001 et le but malencontreusement annulé de Rivaldo...
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Intéressant document, un peu déséquilibré dans son développement entre histoire et sport, mais qui remet utilement en perspective l'importance, pas seulement sportive, des deux clubs et leur confrontation centenaire. Multiples interventions de Manuel Vasquez Montalban, écrivain, Eduardo Arroyo, peintre, Alfredo Di Stefano, Nacho Arranda, directeur de "Real Madrid TV", Manuel Saucedo, rédacteur en chef de "Marca", Josep Valles (qui narre l'incroyable épisode d'un match de juin 1943), Manolo Sanchis et Josep Guardiola.

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*fondateur suisse pour le FC Barcelone, dont les couleurs sont celles de sa ville natale, Zurich ; commerçants catalans pour le FC Madrid, club agréé par le roi Alphonse XIII, d'où son nom et sa couleur immaculée.


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De AlHolg, le 11 octobre 2004
Note du film : 4/6

"Angleterre/Ecosse"

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Après la France et le Pays de Galles, les équipes de rugby d'Angleterre et d'Ecosse s'opposent*, depuis la création du Tournoi des V (VI à présent) Nations, dans une rivalité qui n'est pas seulement sportive. En effet, cet antagonisme "national" est bien plus ancien. Il remonte à la bataille de Bannockburn qui a permit au roi d'Ecosse, Robert the Bruce, de repousser, au cours de deux journées mémorables (les 23 et 24 juin 1314), l'envahisseur anglais conduit par Edouard II. Depuis cette date, la région septentrionale de l'île revendique une autonomie qu'elle a progressivement conquise, d'abord en envoyant des députés au Parlement de Westminster en 1967, puis en étant autorisée, par la couronne, à reprendre, en juillet 1999, les travaux de sa propre assemblée interrompus depuis le 27 mars 1707.
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Sur le terrain, depuis la création du rugby par William Webb Ellis en 1823, ce "jeu de voyous pratiqué par des gentlemen", selon l'expression consacrée, a longtemps mis face à face l'élite anglaise et les joueurs issus des milieux modestes des Borders écossais. Enjeu des matchs : la victoire dans le Tournoi des Nations, si possible après un Grand chelem, et surtout remporter la célèbre Calcutta Cup, ramenée de la lointaine province indienne, qui récompense le vainqueur de la rencontre Angleterre-Ecosse.
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Le match de 1990 prend un relief particulier. Cette année, le subtile et délicat Premier Ministre Thatcher (ah bon, c'est une femme ! Il faut dire madame alors ?) essaie d'imposer, c'est le cas de le dire, ce que l'on a appelé la Poll Tax. Et pour que l'essai soit drôle et si possible transformé, elle décide de commencer à l'appliquer en Ecosse. Ai-je besoin de vous faire un dessin ? Les futurs assujettis se contentaient, eux, d'un seul doigt pour en faire le tracé, si vous me suivez toujours ! Dans ce contexte surchauffé, les équipes, dans le stade de Murrayfield à Edimbourg, vont tenter de remporter à la fois le Grand chelem et la Calcutta Cup. Le XV du Chardon fait son entrée au pas derrière son capitaine, David Sole. Après l'hymne national chanté par les joueurs à la Rose, les écossais, sur autorisation de la Fédération, entonnent deux strophes de "Flowers of Scotland", leur chant patriotique qui rappelle leur victoire du XIVe siècle. Le match est splendide, les tactiques et compositions brillantes. Grâce à une meilleure attaque (qui prend les anglais à leur propre jeu) et surtout une excellente défense, les locaux l'emportent par 13 à 7 (1 essai non transformé et 3 pénalités contre 1 essai non transformé et 1 pénalité). Les anglais prendront, à Twickenham, une revanche, très (trop) physique, l'année suivante, 21 à 12. Mais l'introduction du professionnalisme, en 1995, va accentuer les différences de ressources (nombre de licenciés et moyens financiers des clubs ne sont pas comparables) et l'Ecosse va connaître des difficultés à se structurer. La dernière victoire du XV écossais date de 1999, l'année de leur autonomie législative.
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Encore un intéressant document qu'il faudrait avoir vu, même si la rivalité n'est plus aussi virulente, avant d'assister à une rencontre entre les deux équipes. La partie historico-sportive est plutôt réduite au profit d'une approche plus économico-politique. Le coeur du film est, pourtant et bien entendu, la fameuse rencontre de 1990, amenée au terme d'un joli processus de tension dramatique. Commentaires des internationaux écossais John Jeffrey et Gavin Hastings, Ian McGeechan, entraineur du XV d'Ecosse, Brian Moore et Jason Leonard, internationaux anglais, Clive Woodward, entraineur du XV d'Angleterre, Winnie Ewing, député du SNP (parti national écossais) depuis 1967 et Bill McLaren, commentateur à la BBC.

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*depuis 1947, le XV anglais a gagné 11 Tournois des Nations dont 6 Grands Chelems contre respectivement 4 et 2 pour l'Ecosse. L'Angleterre est la première nation de l'hémisphère nord a remporter, en 2003, la cinquième édition de la Coupe du Monde, en battant chez elle l'Australie en finale.


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Critique DVD

Jaquette du DVD Les Grands duels du sport - Moto - Honda/Yamaha
Zone 2, France
Editeur : Arte
Sortie : 21 septembre 2004

Format vidéo : 4/3
Audio : Français (DD 2.0 Stereo)

Note technique : 4/6

Image et son :un document tributaire de la qualité des images d'archives mais, dans l'ensemble, satisfaisant. Piste DD stéréophonique efficace.

Supplément : quelques bandes-annonces de la collection "Les grands duels du sport".

AlHolg

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