| Cinéma | The Cars that ate Paris | ||
Australie![]() |
Réalisateur et scénariste : Peter Weir ![]() Scénaristes : Keith Gow (histoire) Piers Davies (histoire) Producteurs : Hal Mc Elroy Jim Mc Elroy | Acteurs : John Meillon (The Mayor) Terry Camilleri (Arthur Waldo)Kevin Miles (Dr. Midland) Rick Scully (George Waldo) Max Gillies (Metcalfe) Danny Adcock (Policeman) Bruce Spence (Charlie) Kevin Golsby (Insurance man) Chris Haywood (Darryl) Peter Armstrong (Gorman) Joe Burrow (Ganger) Deryck Barnes (Al Smedley) ... ![]() | |
avant le 21/11/2004 21/02/2008La fiche technique complète du film : ![]() | |||

nous a fait découvrir Paris dans le Texas. Voici maintenant Paris en Australie. Tout aussi paumée que celle du Texas, celle de Peter Weir
est de plus totalement barjo. Imaginez plutôt. Paris, ville tellement isolée, tellement loin de tout qu’elle aurait dû disparaître depuis longtemps. Seulement, elle survit en recourant aux vieilles pratiques des « faiseurs d’épaves » qu’ont connues nos côtes : pousser les navires (les voitures ici) à s’échouer pour pouvoir ensuite les piller. Pire. Pour maintenir sa démographie, la ville adopte (de force) les survivants. C’est le cas d’Arthur qui vient de perdre son frère dans l’accident.
Les voitures qui ont mangé Paris
(titré également pendant un temps "Les voitures qui mangent les gens", "The Car That Eat People" ) est le premier long métrage de Peter Weir
et également un joli fiasco au box-office.
Il faut dire que le réalisateur australien n’y va pas avec le dos de la cuillère dans un humour noir et grinçant qu’il gardera encore (mais plus édulcorée) pour Le Plombier
en 1980, soit sept ans plus tard, avant de l’oublier (presque) complètement. Dans ce film, Peter Weir
ne fait aucune concession et a la main généreuse sur le vitriol qu’il utilise avec intelligence.

dans un U Turn
, s’écroule sans cesse. Timide, complexé, petit également de taille, d’une beauté absente, il n’a rien du battant. Terry Camilleri
est parfait dans le rôle, rappelant un Alberto Sordi
dans L'Argent de la vieille
. Son parcours n’est pas celui qu’on pourrait attendre. Il s’intègre au contraire parfaitement dans la ville jusqu’à une scène d’une surprise et d’une violence inouïe.
Le village ensuite propose une brochette de personnages à la fois hauts en couleurs et complètement fous. Que ce soit le maire ridicule de son petit pouvoir, aux administrés mesquins dans leurs petits plaisirs (la femme du maire par exemple, fière de son manteau de fourrure). Tous vivent leurs folies avec le plus grand calme, sans aucun conflit moral ni aucune hésitation, même quand ils commettent les pires horreurs. Ce sont des êtres parfaitement civilisés et comme toute société, ils doivent faire face à un problème recurrent : la jeunesse quia bien du mal à partager la même vision du monde.

Et surtout, il y a les voitures, symbole chargé de la société de consommation, vitrine de l’homme moderne comme chacun sait qui se trouve ici écrabouillé pour offrir deux variantes opposées. D’un côté, elle permet à la ville de survivre grâce à des rituels archaïques de meurtre collectif digne de la meute et de la mort du père d’un Totem et Tabou de Freud (Ils tuèrent le père et le mangèrent). La ville est à cet égard jonché de cadavres de voitures, véritable cimetière d’éléphants modernes, autant de rappels diurnes des pires horreurs commises quand la nuit tombe. Et d’un autre côté, la ville subit la répression de « jeunes » qui conduisent des voitures transformées qui annoncent déjà Mad Max
quelques 6 ans avant. Ces voitures possèdent un aspect de fantômes habités par la vengeance, simple retour du refoulé, pour continuer la comparaison avec Freud.

prend plaisir (et nous le partage) à décrire l’organisation de cette ville folle, avec son hôpital de fous, ses habitudes, etc et du coup, il laisse un peu trop en retrait l’action du film. Pour des films comme La dernière vague
, Pique-nique à Hanging Rock
ou bien encore Le plombier
un tel retrait de l’action n’est pas gênant car l’ambiance est telle que l’action est secondaire. Mais ici, il n’y a pas vraiment d’ambiance « étrange », seuls les personnages le sont et tourner autour d’eux sans cesse devient au bout d’un moment lassant et pousse même les personnages dans le grotesque à mesure qu’on les saisit mieux. Laisser plus de place aux jeunes et leur folie à eux (très western à la Léone!) aurait pu mieux équilibrer le film.
| Cinéma | Picnic at Hanging Rock | ||
Australie![]() |
Réalisateur : Peter Weir ![]() Scénaristes : Joan Lindsay (auteur) Cliff Green | Compositeur : Gheorghe Zamfir ![]() Directeur de la photographie : Russell Boyd ![]() | Acteurs : Rachel Roberts (Mrs. Appleyard) Vivean Gray (Miss McCraw) Helen Morse (Mlle. de Poitiers) Kirsty Child (Miss Lumley) Tony Llewellyn-Jones (Tom)Jacki Weaver (Minnie) Frank Gunnell (Mr. Whitehead) Anne-Louise Lambert (Miranda) Karen Robson (Irma) Jane Vallis (Marion) Christine Schuler (Edith) Margaret Nelson (Sara) ... ![]() |
avant le 21/11/2004 25/07/2009Première sortie mondiale : 1975 La fiche technique complète du film : ![]() | |||

, ce serait celui-ci. Pique-nique à Hanging Rock
est un des grands chefs d'œuvres du film fantastique. Fantastique? Difficile à classer ce film atypique, qui ne se range dans aucun genre particulier, se permettant de les survoler un peu tous. Film d'ambiance en tout cas, maintenant tout le temps le spectateur dans l'expectative et la tension. Et pourtant, au fond, il ne se passe rien.


l'appuie allègrement en recourant notamment à des contre-plongées suggestives. Le climat est également très sexué. Les jeunes filles en fleurs sont montrées souvent via l'œil d'hommes. Notamment deux jeunes hommes de deux milieux différents, mais qui se retrouvent pour partager un même regard. Ensuite - à savoir après la disparition des jeunes filles - c'est un monde entièrement masculin qui envahit cette bulle d'innocence féminine que représente le collège : enquêteurs, policiers en uniformes, etc. Les jeunes femmes ont tout simplement « quitté » le monde de la virginité.

.
L'idée forte de la mise en scène est de faire un film fantastique sans recourir au moindre effet dramatique, sans aucun élément classique de peur. Peter Weir
réussit même à éviter l'anthropomorphisation de la montagne.
Bien évidemment aussi, aucune explication satisfaisante ne sera avancée à cette disparition.
| Cinéma | The Last Wave | ||
Australie![]() |
Réalisateur et scénariste : Peter Weir ![]() Scénaristes : Tony Morphett Petru Popescu Producteurs : Hal McElroy Jim McElroy | Compositeur : Charles Wain Directeur de la photographie : Russell Boyd ![]() | Acteurs : Richard Chamberlain (David Burton)Olivia Hamnett (Annie Burton) David Gulpilil (Chris Lee (as Gulpilil))Frederick Parslow (lé rév. Burton) Vivean Gray (le dr Whitburn) Nandjiwarra Amagula (Charlie) Walter Amagula (Gerry Lee) Roy Bara (Larry) Cedrick Lalara (Lindsey) Morris Lalara (Jacko) Peter Carroll (Michael Zeadler) Athol Compton (Billy Corman) ... ![]() |
avant le 21/11/2004 27/09/2009Première sortie mondiale : 1977 La fiche technique complète du film : ![]() | |||

(avec Delivrance
, La Forêt d'Emeraude
ou bien encore Excalibur
) et de l’autre côté Peter Weir
(avec notamment La dernière vague
, Pique-nique à hanging rock
et même Master and commander
). Chez Boorman, il y a une forte opposition entre la Nature et la Civilisation, cette dernière ne cessant de ne pas respecter la nature si ce n’est de la détruire. Attention nous dit-il, la Nature trouvera un moyen de se venger. C’est la rivière condamnée de Delivrance
qui se venge sur les citadins, c’est le constructeur d’un barrage en plein Amazonie qui voit son fils « avalé par la forêt ».

se situe plus dans la lignée de Joseph Conrad
(et avant de lui du Shakespeare du Roi Lear) : la Nature n’est qu’un reflet de l’humanité. C’est face à elle que l’homme peut se découvrir, se connaître. Dans le récit, la Nature est du coup souvent symbolisée, subordonnée en somme à être un parfait reflet de la facette humaine qu’on veut qu’elle traite. Apparemment moins « respectée » que dans les films boormaniens, elle a toutefois un statut plus intéressant car ici l’homme et la nature ne s’opposent pas, ils sont au contraire deux facettes de la même chose.

prend comme personnage principal un « blanc » australien chargé de défendre cinq aborigènes accusés d’avoir assassiné rituellement l’un des leurs. Entrant par nécessité dans la culture aborigène, l’avocat va découvrir un autre monde, une autre culture, plus proche de la nature. Pour ce faire et apprendre à écouter la nature, il devra renoncer à ses croyances, accepter d’être isolé de se proches « blancs », accepter le racisme fondamental qui sépare les deux cultures.
Le cataclysme « naturel » qu’il apprend n’est autre que celui qui opposera fatalement un jour ou l’autre les deux cultures.
Sans être aussi radical (les signes précurseurs du raz-de-marée sont tout de même très importants) que Pique-nique à Hanging Rock
, Peter Weir
retrouve le même ton, basé sur une lenteur, évitant autant faire ce peu les effets fantastiques.

Le plus passionnant reste le parcours de Richard Chamberlain
dans la renonciation à son rationalisme pour accepter d’ouvrir un nouveau regard sur le monde.
| Télévision | The Plumber | ||
Australie![]() |
Réalisateur : Peter Weir ![]() | Acteurs : Judy Morris (Jill Cowper) Ivor Kants (Max (the plumber)) Robert Coleby (Brian Cowper) Candy Raymond (Meg) Henri Szeps (David Medavoy) Yomi Abioudan (Dr. Matu) Beverley Roberts (Dr. Japari) Bruce Rosen (Dr. Don Felder) Daphne Grey (Caretaker's wife) Meme Thorne (Anna) David Burchell (Professor Cato) Paul Sonkkila (Reg the cleaner) ... ![]() | |
avant le 21/11/2004 13/04/2008La fiche technique complète du film : ![]() | |||

Pour ce téléfilm, Peter Weir
se prête avec brio à un pur exercice de style : peu de décors, peu de personnages, et un principe narratif très classique qui repose sur l’idée du personnage qui s’incruste et qui transforme votre vie en enfer. De mémoire, ce principe a donné par exemple Fenêtre sur Pacifique
, J.F. partagerait appartement
, Disjoncté
ou bien encore par chez nous l'emmerdeur
.
Le savoir-faire de Peter Weir
est de transcender ce principe narratif pour s’intéresser aux personnages et exprimer à travers eux des propos, une vision du monde.

Avec le choix de ces métiers (très à l’écoute de la nature, thème proche de Weir), Peter Weir
peut canaliser son humour un tantinet cynique. En quoi consiste un travail d’ethnologue? Pénétrer dans une société, l’observer, et ensuite l’analyser « objectivement »
L’ethnologue ethnologisée ne peut supporter le regard de l’autre car celui-ci porte toujours la grimace de la différence culturelle (les intellectuels sont moins virils que les travailleurs).

, nous regardons toujours avec un ethnocentrisme. Fianlement cette affirmation d'ouverture fait partie également de notre culture, en est un pur produit. Impossible d’éviter ce regard cutlurel. Soit on l’assume, soit on le cache sous une bonne dose d’hypocrisie. C’est le cas ici de la jeune femme. Preuve en est, la belle et gentille ethnologue, poussée à bout en arrive à cette injure suprême « You ! Worker », affichant au grand jour sa certitude d’être mieux qu’un simple ouvrier. Sa dernière action contre le Plombier sera même celle de la pire des bourgeoises.
L’humour de Weir porte également sur le mari, plus rapidement bien sûr car celui-ci est secondaire. Ce sera finalement le plombier, responsable selon la femme de tous les maux de leur couple, qui fera basculer le comité en faveur du mari
Scénario d’orfèvre et réalisation de maître. Un vrai régal.
| Court-Métrage | The Two-Wheeled Time Machine | ||
Australie![]() |
Réalisateur : David Lowe ![]() | Acteurs : Jacki Weaver Essie Davis Matt Day | |
avant le 21/11/2004La fiche technique complète du film : ![]() | |||

Si un court-métrage réussi est un film qui tient de bout en bout une idée, un thème et sait faire naître de l’émotion chez le spectateur, La bicyclette à remonter dans le temps
est alors parfaitement réussi.
En tous les cas, il y a bien du talent pour un film de fin d’école
| Cinéma | |||
Australie![]() |
Réalisateur : George Miller ![]() | ||
avant le 21/11/2004La fiche technique complète du film : ![]() | |||

revient sur le cinéma de son pays. En y revenant, il prend le temps du détour et en brossant l'histoire du cinéma il fait également l'histoire de son pays tant l'un et l'autre ne peut être dissocié. Le clivage culturel qui est au centre du pays se retrouve être au centre du cinéma et comme tout conflit, une fois celui-ci intégré, dépassé, devient richesse.
Il suffit de voir le nombre de réalisateurs australiens débarqués à Hollywood pour s'en rendre compte : Peter Weir
, George Miller
, Philip Noyce et ses comédiens : Nicole Kidman
, Cate Blanchett
...
| Court-Métrage | |||
Australie![]() |
Réalisateur et scénariste : Ivan Sen Scénariste : Alexandra Cassavetes | Acteurs : Alexandra Cassavetes (Vivian) Tristan Bancks (Mick) | |
avant le 21/11/2004La fiche technique complète du film : ![]() | |||

Ce film australien est estampillé Peter Weir
. Non pas dans la signature mais dans la référence. Il vogue sur la même vague que son bijou ésotérique que fut La dernière vague
. Cette fois-ci à la mise en scène des jeunes qui signent un film de fin d’école.
Le thème est le même : une opposition entre blancs et autochtones qui se réduit au point de disparaître quand l’un et l’autre se retrouvent confrontés à un péril plus grand que leurs différents et qui les obligent à s’unir pour y faire face : la nature mécontente. Cette nature se révèle alors n’être qu’une autre représentation des propres déviances de l’humanité.
Propos ambitieux mais magistralement tenu durant tout le récit, ce film tient son thème du début à la fin avec une simplicité de narration impressionnante, malheureusement servie par une mise en scène une peu immature, faite d’effets trop lourd comme cette utilisation toujours séductrice des grands angles.
Maigre critique pour un film aussi maîtrisé
| Court-Métrage | |||
Australie![]() |
Réalisateur et scénariste : Jo Kennedy | Acteurs : Joelene Crnogorac Sue Jonse Woody Miles Ruby Lipson | |
avant le 21/11/2004 31/12/2007La fiche technique complète du film : ![]() | |||

de Peter Weir
, quatre jeunes femmes disparaissaient mystérieusement. Dans Lost
, ce sont trois enfants qui apparaissent mystérieusement. D’où viennent-ils ? On l’ignore. Qui sont-ils ? On n’en sait rien. Du moins pour l’instant.
Attention, la mise en scène est très réfléchie, chaque plan visiblement pensé. On démarre sur un flou d’où émergent les enfants. Le sens est clair, non ? Derrière eux, l’océan. Etrange non ? Durant le début, on en voit un prendre du sable dans la main et le laisser glisser, un second tenter de regarder le soleil, le troisième sentir le vent sur sa peau. Autrement dit, ils découvrent les sens : le toucher, la vue
Mis dans une famille d’accueil, on verra la mère d’accueil à travers un verre déformant. La déformation, on la trouvera encore ensuite par un jeu de miroirs déformant.
Tout est histoire de reflets dans ce court métrage. Il faudra trouver l’histoire, l’accepter et enfin la dire pour qu’enfin les enfants puissent se former, exister.
La référence aux films (australiens surtout) de Peter Weir
est évidente. On retrouve le même ton et la même gestion du fantastique et la nature.
Ce court-métrage australien offre également une parfaite maîtrise de la mise en scène.