"Je ne sais pas si je veux me rappeler cette journée."
La vague
(le tsumani !) du remake, sur laquelle surfent depuis quelques temps les productions étasuniennes, n'épargnent évidemment pas les films horrifiques des années 1960-1970 les plus estimés. Après
Night of the Living Dead
revu par
Tom Savini
dès 1990*,
The Texas Chain Saw Massacre
par
Marcus Nispel
en 2003 ou
The Hills Have Eyes
de
Wes Craven
par
Alexandre Aja
en 2006**, c'était le premier opus dudit
Craven
,
The Last House on the Left
, d'être à son tour emporté par ce flot
(jusant ?) cinématographique. Parrainé par
Craven
lui-même en compagnie des récidivistes
Sean S. Cunningham
et
Marianne Maddalena
, co-signé par
Carl Ellsworth
(Red Eye
, Disturbia
), ce thriller, moins sadique mais dans une certaine mesure plus efficace, n'est pas qu'une simple resucée de l'original.
Deux hommes transportent de nuit dans leur automobile un détenu nommé
Krug. Un véhicule tout-terrain profite de leur arrêt à un passage à niveau pour les percuter violemment. Les deux occupants masqués de celui-ci, motivés par la libération du prisonnier, exécutent avec une froide brutalité le conducteur et son passager. Un peu plus tard, la nageuse émérite
Mari Collingwood, sa mère enseignante
Emma et son père chirurgien
John partent en vacances dans leur résidence à proximité d'un lac. La jeune femme de dix-sept ans obtient, malgré la réticence d
'Emma, d'emprunter la voiture pour aller rendre visite à son amie
Paige qui tient pendant l'été une épicerie dans la petite localité proche. Cette dernière ne peut résister à la proposition d'un client inconnu,
Justin, de lui fournir une herbe de bonne qualité.
Mari les accompagne au motel du séduisant jeune homme puis, ne voyant pas revenir
Paige, dans sa chambre. Le trio est bientôt surpris par un autre composé de
Krug, le père de
Justin, de son frère
Francis et de
Sadie. D'abord étonnés par la présence des deux jeunes femmes, redoutant également d'être dénoncés à la police,
Krug et ses complices les intimident, les agressent et finissent pas les enlever dans la voiture de
Mari. La route empruntée par les ravisseurs passant tout près de la maison des
Collingwood,
Mari tente de s'échapper en brûlant avec l'allume-cigare le visage de
Sandie. Elle provoque indirectement la perte de contrôle du véhicule, son accident, la fureur des criminels mais permet la fuite de
Paige.
"Donc l'un (le beau-frère) et l'autre personne ont mis sens dessus dessous deux maisons." Le film réalisé par le méconnu
Dennis Iliadis
(le second après le grec et inédit en France Hardcore
) n'a pas l'ambition de remplacer, voire même de concurrencer, celui de
Wes Craven
dans le cœur de ses amateurs
(sentiment impulsif qui explique peut-être sa réception mitigée et son relatif insuccès à l'étranger). Il ne fait d'ailleurs que reprendre le pitch et vaguement la trame de l'original pour en donner une autre version
(vision). Objectivement,
The Last House on the Left
lui est supérieur sur de nombreux points
(narration et réalisation notamment). Mais la "mise au goût du jour" gomme le charme sulfureux de cette violence crue et gratuite, de ce mélange de poésie lyrique et de sadisme qui caractérisaient l'insolite production de 1972
(cf critique de LHL
), le rendant ainsi plus conventionnel. La révision du scénario, le bon choix de casting et une mise en scène plutôt adroite plaident néanmoins pour lui et contribuent à le faire figurer, sans les outrances désormais habituelles du sous-genre, dans le haut du panier du
Horror-torture.
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*et en 3D en 2006.
**auxquels on peut ajouter Halloween
par Rob Zombie
en 2007, Friday the 13th
par Marcus Nispel
en février et A Nightmare on Elm Street
par Samuel Bayer
programmé l'année prochaine.