"Je dis que j'ai peur de vous perdre."

, adapté du deuxième roman paru en 2003 d'Anna Gavalda
(Claude Berri
s'était précédemment chargé de porter le suivant à l'écran), la réalisatrice Zabou Breitman
ajoute un troisième tome à sa "recherche du bonheur (perdu)" entamée il y a huit ans avec Se souvenir des belles choses
. Produit par le polyvalent italien Fabio Conversi
, celui-là même qui assurait en partie pour Diane Kurys
la photographie de La Baule-les-pins
(dans lequel une certaine Zabou
tenait le rôle de la cousine Bella), il s'agit comme celui-ci d'un drame de couple(s) à la saveur néanmoins sensiblement plus amère.

met avec délicatesse la complexité dialectique du sentiment amoureux en équation (à deux inconnues en forme d'alternatives : quitter-être quitté(e), partir-rester). Illustration graphique de la banale mais presque toujours douloureuse, éprouvante posture d'aimer sous la contrainte de devoir le conjuguer à l'imparfait. A nouveau signé en compagnie d'Agnès de Sacy
*, le scénario distille une douceur et une lenteur salvatrices. La scène de la rencontre (en totale rupture avec les canons en vigueur en matière de narration et de rythme) justifierait à elle seule l'existence d'un film que, un peu par provocation, je situerais à mi-chemin entre In The Mood For Love
et Lost in Translation
(l'humour en moins). Déjà conquis par Charlotte Gainsbourg
alias Judith (L'Un reste, l'autre part
) puis par Anna Mouglalis
dite Milla (Sotto falso nome
), Daniel Auteuil
reste parfaitement crédible en trente(quinquagé)naire séduit (et séducteur) par une jeune femme. Quant à la Québécoise Marie-Josée Croze
, elle reste tout bonnement... superlative !
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*qui connaît son sujet puisque, outre ses collaborations avec Valeria Bruni Tedeschi
, elle a participé à l'écriture du récent La Fabrique des sentiments
.