| Cinéma | Kokoro | ||
Japon![]() |
Réalisateur : Kon Ichikawa ![]() Scénaristes : Soseki Natsume (auteur)Keiji Hasebe Katsuhito Inomata Producteur : Masayuki Takagi | Compositeurs : Yasushi Akutagawa Masao Oki Directeurs de la photographie : Kumenobu Fujioka Takeo Ito Société de production : Nikkatsu ![]() | Acteurs : Masayuki Mori (le prof. Nobuchi)Michiyo Aratama (sa femme Shizu)Tatsuya Mihashi (Kaji)Shôji Yasui (Hioki)Tanie Kitabayashi (la mère de Hioki) Akiko Tamura (la veuve) Mutsuhiko Tsurumaru (le père de Hioki) Tsutomu Shimomoto (le frère aîné de Hioki) Masami Shimojô (Broker) Akira Hisamatsu (le moine) Tomoko Naraoka (Kume) Zenji Yamada (l'oncle de Nobuchi) ... ![]() |
20/05/2009 17/08/2009La fiche technique complète du film : ![]() | |||
"La pensée est sans valeur si elle n'est pas liée au passé."
Note ajustée : 5,5/6

est surtout (re)connu pour ses réalisations des décennies suivantes. Lorsqu'il adapte en 1954 le roman publié quarante ans plus tôt par Soseki Natsume
, l'un des plus fameux auteurs de l'ère Meiji, Ichikawa
possède déjà près de trente films à son actif, pour la plupart des comédies ou des mélodrames vaudevillesques produits par la Toho
ou la Shin-Toho. Première direction au sein d'une Nikkatsu
renaissante (éclectique et dissidente) pour le cinéaste, Kokoro
lui offre l'opportunité de changer de registre. Ce drame subtil, proche de ceux signés par ses aînés Kenji Mizoguchi
et Yasujiro Ozu
, assume d'ailleurs parfaitement son statut d'œuvre classique... au meilleur sens du terme.

est une tragédie fataliste, mélancolique sur laquelle plane sans cesse la mort, la trahison et la culpabilité. Une complexité interactive d'emblée suggérée par celle du titre du roman** et de son adaptation qui conserve à peu près la structure originelle en trois actes. La mise en scène de Kon Ichikawa
, intelligente et délicate, sait à la fois rester fidèle au texte et s'en affranchir sur le plan formel pour apporter au récit une ampleur spécifique. Acteur de Kurosawa
, de Mizoguchi
et de Naruse
notamment, Masayuki Mori
réussit avec éloquente sobriété à traduire la muette détresse du personnage principal aux côtés des convaincants quoique presque débutants Michiyo Aratama
(Ningen no jôken
) et Shôji Yasui
ainsi que de l'énigmatique Tatsuya Mihashi
.
___
*si l'on excepte le court métrage d'animation Kachikachi yama sorti en 1934.
**qui peut être traduit par coeur mais aussi par centre, essence ou encore sentiment.
| Cinéma | Biruma no tategoto | ||
Japon![]() |
Réalisateur : Kon Ichikawa ![]() Scénaristes : Michio Takeyama (auteur)Natto Wada ![]() Producteur : Masayuki Takaki | Compositeur : Akira Ifukube Directeur de la photographie : Minoru Yokoyama Société de production : Nikkatsu ![]() | Acteurs : Rentaro Mikuni (le capitaine Inouye)Shôji Yasui (Mizushima)Jun Hamamura (Ito) Taketoshi Naitô (Kobayashi) Shunji Kasuga (Maki) Kô Nishimura (Baba) Keishichi Nakahara (Takagi) Toshiaki Ito (Hashimoto) Hiroshi Tsuchikata (Okada) Tomio Aoki (Oyama) Nobuteru Hanamura (Nakamura) Sanpei Mine (Abe) ... ![]() |
11/07/2007 19/08/2009Première sortie mondiale : 1956 La fiche technique complète du film : ![]() | |||
"Portés par le vent, deux ou trois accords à la harpe feraient-ils d'un mort un vivant ?"

de Kurosawa
avait été le premier film japonais à s'imposer cinq ans plus tôt) en 1956*, Biruma no tategoto
permet à Kon Ichikawa
d'acquérir une audience internationale, en particulier européenne. Pourtant ce drame aux accents quasi métaphysiques, adapté du roman publié en 1948 à l'origine de la célébrité de l'écrivain germaniste** Michio Takeyama
, n'est pas le plus aisément accessible pour un esprit occidental. En revanche, sa dimension universaliste (paradoxe ?) plaide en sa faveur, expliquant peut-être sa sélection, aux côtés de La Strada
, aux Academy Awards 1957.

à retirer de l'adaptation la "tonalité" fantastique de l'œuvre littéraire, Kon Ichikawa
n'y est pas totalement parvenu. A croire qu'elle était trop étroitement imbriquée (entrelacée) à ces douloureux souvenirs d'un héroïsme singulier, en partie narrés en voix off. De même que la vie et la mort sont indissociables, ce récit apparemment réaliste (pacifiste, humaniste, fraternel, nostalgique...) ne prend de sens que grâce à l'évidente, persistante et parfois étrange onde spirituelle qui le parcourt. Lumineux dans son principe comme dans ses intentions, Biruma no tategoto
apparaît néanmoins un peu plus elliptique dans son traitement, notamment la continuité de la narration. Assez dissemblable de Nobi
, autre drame militaire réalisé un peu plus tard par Kon Ichikawa
pour la Daiei
, il bénéficie de la présence du solide Rentarô Mikuni
et de Shôji Yasui
dans son second film sous la direction du réalisateur. Celui-ci tournera une nouvelle adaptation, en couleur, du roman avec Kiichi Nakai
et Kôji Ishizaka
dans les principaux rôles.
___
*une édition sans "Lion d'or". Le festival vénitien avait également contribué à la notoriété mondiale de Kenji Mizoguchi
puis d'Hiroshi Inagaki
.
**mais toutefois très critique à l'égard de l'Allemagne nazie, de l'Axe et plus généralement du totalitarisme.
| Cinéma | Taiheiyo hitori-botchi | ||
Japon![]() |
Réalisateur : Kon Ichikawa ![]() Scénaristes : Kenichi Horie (auteur)Natto Wada ![]() Producteur : Akira Nakai | Compositeurs : Yasushi Akutagawa Tôru Takemitsu ![]() Directeur de la photographie : Yoshihiro Yamazaki Société de production : Nikkatsu ![]() | Acteurs : Yûjirô Ishihara (le jeune homme)Masayuki Mori (le père)Kinuyo Tanaka (la mère)Ruriko Asaoka (Hanako, la sœur) Hajime Hana (l'ami) Gannosuke Ashiya (le charpentier) Kojiro Kusanagi Shirô Osaka (le contremaitre) |
20/05/2009 20/08/2009La fiche technique complète du film : ![]() | |||
"Tu es libre de ne croire qu'en toi."
Note ajustée : 3,5/6

**, la Nikkatsu
confiait pourtant le soin à Kon Ichikawa
d'en illustrer le récit. Candidat au dernier "Samuel Goldwyn Award" attribué par les Golden Globes (1964), Taiheiyo hitori-botchi
était un mois plus tard le troisième et dernier film du réalisateur en lice pour une "Palme d'or" cannoise.

, Taiheiyo hitori-botchi
évoque presque sans le vouloir, explicitement ou de manière davantage métaphorique, la mutation alors en cours au sein de la société nippone. Désir de liberté (affranchissement vis-à-vis de l'autorité, administrative ou parentale), privilège de l'individu face à la collectivité mais également folie inéluctable générée par l'isolement et par l'enfermement. Ces thèmes se trouvent en effet noyés par une approche trop anecdotique et rétrospective, perdant ainsi l'essentiel de leur force. Moins intéressant que l'expérience anthropo-documentaire du Kon-Tiki
, Taiheiyo hitori-botchi
n'en demeure pas moins plaisant, y compris pour les néophytes en matière de nautisme.
___
*ni même des récents recordmen successifs de la traversée San Francisco-Yokohama en équipage, Olivier de Kersauson et Lionel Lemonchois.
**qui a donné plusieurs suites à cette première expédition, leur donnant progressivement une vocation plus novatrice et, fort heureusement,... écologique !