"It's old stuff, OK, local stuff."

ne s'est pas, depuis dix ans, retirée sur une île septentrionale. Longtemps accaparée par un projet* auquel elle a dû finalement renoncer, la réalisatrice titulaire du "Prix Jean Vigo" 1985 pour son second court métrage nous revenait là où on ne l'attendait pas. Après un âpre et troublant drame social puis une biographie en costume nommée aux Golden Globes, Dorothy Mills
explore en effet un univers diffus, situé quelque part entre aliénation et surnaturel. Une adhésion à un genre cinématographique justifiant, a priori, sa sélection à la 41e édition du festival catalan de Sitges.

est d'avoir réussi, notamment en choisissant de s'affranchir de certains des codes du thriller psychologique et du film fantastique, à créer une véritable et souvent saisissante ambiance et fait preuve d'une réelle originalité. Très librement inspiré d'un cas clinique du début du XXe siècle, le scénario visiblement documenté de Dorothy Mills
sait éviter toute facilité et autres astuces souvent requises pour faire naître de façon mécanique chez le spectateur tension et/ou effroi. Et il existe, en effet, une parenté subjective avec les classiques du cinéma (britannique) cités par la réalisatrice**. L'interprétation, peut-être trop lacrymale, de Carice van Houten
, comme d'ailleurs celle des acteurs secondaires se montrent plutôt nuancées et solides. Mais le choc révélateur du film reste sans conteste la très complexe composition de la jeune comédienne et presque débutante Jenn Murray
que l'on a hâte de revoir bientôt à nouveau sur grand écran.
Note ajustée : 4,5/6
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*un slasher situé dans le milieu des étudiants des Beaux-Arts dont elle est issue.
**The Innocents
de Jack Clayton
, Carnival of Souls
de Herk Harvey
, Don't Look Now
de Nicolas Roeg
ou The Wicker Man
de Robin Hardy
.